‹ De l'intervention chirurgicale dans la péritonite tuberculeuse: étude critique et statistiqueChapitre 47 sur 54 · È MODE · texte numérisé non relu

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rons à ce titre celles qu’ont émises Cabot, Van de Warker, et Cameron de Huddersfield.

Pour Cabot, la tuberculose des séreuses est en somme une tuberculose de surface (?), limitée d’un côté par les tissus sains, de l’autre en contact avec un liquide éminemment favorable à la progression de l'infection. Supprimez le liquide, assurez son évacuation complète, pansez la surface malade, désinfectez-la, et vous guérirez sans nul doute l'affection tuberculeuse. D’où pour lui l'indication formelle du drainage, du lavage antiseptique de la cavité péritonéale, et l’insuccès assuré à la ponc- ‘tion seule, ou à la simple évacuation du liquide, même par la laparotomie.

Comme cet auteur, nous pensons qu'il ne suffit pas d’évacuer l’ascite, et que le lavage antiseptique et le drainage constituent des conditions favorables à la guérison. Nous aurons du reste l’occasion de revenir sur cette question lorsque nous discuterons le mode d’intervention. Mais, nous trouvons qu’il a tort de révoquer en doute les succès obtenus par la simple évacustion du liquide de la cavité. Il est des cas dont l’authenticité est absolue et quisont consignés dans notre statistique, où cette unique manœuvre opératoire a suffi à assurer la cure de la péritonite. L’un des plus remarquables en ce genre est celui de Spencer Wels, dont la malade vit encore et qui, comme on le sait, est opérée depuis 1862.

Le D° Cameron de Huddersfield, donne une explication qui a le mérile de répondre davantage aux faits et aux idées qui ont actucllement cours sur les infections bacillaires. « Il est possible, dit-il, que cette action cura-

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tive s'obtient en enlevant les ptomaïnes qui résultent de l’évolution du bacille dans le tubercule, accumulées dans le liquide ascitique, et dont l'absorption favorise indubitablement la propagation de la maladie dans d'autres ‘Organes. » |

L'hypothèse est vraisemblable, et nous la déclarons pour notre part fort acceptable, mais ce n’est qu'une hypothèse que, dans l'état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons suffisamment vérifier.

Dans un très intéressant mémoire sur le sujet qui nous occupe et à propos d’une observation qu'on trouvera longuement résumée dans notre précédent chapitre, Van de Warker étudie avec le plus grand soin les conditions de curabilité de la péritonite tuberculeuse et voici comment il explique la possibilité de la guérison par l'intervention chirurgicale. Il commence par rappeler que cette affection est curable spontanément, sous certaines conditions. Puis il examine l’évolution de la maladie péritonéale. Le tubercule crée une épine inflammatoire ; sa présence sur la séreuse a pour corollaire un processus phlegmasique. Dès lors, le péritoine irrité, enflammé, est un terrain tout préparé pour l’éclosion de nouveaux tubercules. La propagation gagne de proche en proche et la généralisation a des chances de se faire. Si maintenant l’on traite la péritonile, si en d’autres termes l’on combat le processus inflammatoire, par un traitement chirurgical approprié, on favorise la régression de lin fection spécifique, et on prépare tout au moins la guérison, qui se fait alors comme toujours, par encapsulation, transformation fibreuse, ou calcification.

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C’est en effet là le nœud de la question : l’intervention chirurgicale ne guérit pas la péritonite tuberculeuse, elle en favorise simplement la régression. Elle met le sujet dans de très bonnes conditions pour guérir, non seulement en combattant le processus inflammatoire, comme le veut Van de Warker, mais encore en débarrassant la cavité péritonéale de cette ascite, véritable bouillon de culture ou pullulent les micro-organismes, en la détergeant et en en assurant l’antisepsie, comme le veulent Cabot et Cameron.

Cette tendance naturelle que possède la péritonite tuberculeuse, pour marcher spontanément vers la guérison, est bien connue des cliniciens. Le péritoine qui a subi des poussées inflammatoires successives, qui a été soumis à une macération plus ou moins prolongée dans un liquide ascitique ou purulent, qui, sous l’influence duü processus spécifique est devenu fibreux dans certaines de ses parties, a certainement perdu quelques-unes des propriétés qui en font une membrane éminemment absorbante et sensible. L’inflammation chronique dont le tubercule est la cause, par le fait même des lésions qu’elle provoque, diminue considérablement les nombreuses voies d'absorption que le péritoine présente d'ordinaire aux produits septiques qui sont introduits dans sa cavité. Il est facile de se convaincre de la vérité de cette assertion, en se rapportant à l'anatomie pathologique de la péritonite tuberculeuse, telle que l’ont exposée Guencau de Mussy, Gœbel, Boulland, Spillmann et Ganzinotty, etc., etc.

= Un fait qui doit nous éclairer sur ce point particulier, est la manière dont se généralise la tuberculose primitivement localisée au péritoine. Nous ne parlons pas bien entendu des formes aiguës, de la granulie, pas plus que des manifestations phymiques du côté de la cavité abdominale, survenant à titre d'épiphénomène, dans l'évolution d’une tuberculose pulmonaire par exemple. Eh bien, il est rare, dans les cas auxquels je fais allusion et qui ont été parfaitement étudiés par Lépine’et Blanc, i‘ernet, Boulland, Godelier, il est rare, disons-nous, de voir l'infection bacillaire frapper d'emblée le sommet du poumon. Le plus souvent, c’est la plèvre qui est en cause, en raison des connexions intimes qui unissent sa face postéro-inférieure au péritoine. C’est pour ainsi dire par continuité de tissu, les canaux lymphatiques du diaphragme, servant de trait d’union, que se développent les lésions et « se produisent la migration et la pullulation des bacilles tuberculeux » (Spillmann). — C’est un processus analogue à celui que Lannelongue a si bien mis en lumière, pour les collections froides en relation avec une lésion osseuse.

Même arrivée là, la maladie est encore purement locale ; la tuberculose pleuro-péritonéale peut encore s'arrêter et guérir, sans que l'infection se propage au delà. La statistique de Boulland ne laisse aucun doute à cel égard, puisque sur trente-six observations qu'il a réunies dans sa thèse, il a noté dix guérisons.

Telle est la marche ordinaire de la tuberculose primitive du péritoine. La généralisation est relativement assez rare, la propagation, lorsqu'elle est observée, se fait dans

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