‹ De l'intervention chirurgicale dans les ankyloses du coude consécutives à des traumatismesChapitre 29 sur 47 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Fracture ancienne du coude gauche. — Ankhylose. — Arthrotomie par incision transversale postérieure (procédé de Doyen) (Inédite due à l’obligeance de Monsieur le Docteur CH. Moxop).

Charles B..., jeune homme de 15 ans, a fait sur le coude gauche, il y a septans, une chute à la suite de laquelle il n’a

(1) Malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible de retrouver ce malade ainsi que celui qui fait l'objet de l'observation suivante. Ileut été cependant intéressant de le revoir un an et demi après l'opération et de savoir ce qu'était devenue son articulation, bien que les quelques mouvements que le malade pouvait exécuter

permettent d'affirmer que le sphacèle du triceps n'avait pas gêné, dans la suite, les fonctions de ce muscle.

tr

pu ni fléchir ni étendre l’avant-bras. Il entre à l'hôpital Trous seau ou l'on aurait constaté une fracture. Le bras est immobiliséfdans une écharpe pendant trois semaines. Lorsque le malade, au bout de ce temps, sort de l'hôpital, les mouvements de flexion et d'extension restent très limités. Il est au reste actuellement à peu près dans le même état qu’alors.

B... entre le 29 mai 1896 dans le service du docteur Monod à l'hôpital Saint-Antoine où l’on constate ce qui suit : Le coude gauche est plus volumineux que le droit, mais pas déformé. On distingue bien l’épicondyle et lépitrochlée, mais l’olécrane est mal senti, son contour n’est pas net, il ne forme pas à la partie postérieure du coude son relief normal.

L’avant-bras est fixé en extension presque complète, c’est à peine s’il est possible de percevoir dans l’articulation de très légers mouvements de flexion etd’extension. Ceux de’pronation et de supination sont complètement abolis.

Tout le membre, au-dessus et au-dessous de l'articulation, est diminué de volume par atrophie des muscles: ceux-ci répondent cependant bien tous à l'exploration électrique, à l’exception du brachial antérieur et des deux vastes ; la courte portion du biceps répond mieux à l'excitation.

Opération le 20 juin 1896. ( ;

Nouvelle exploration du coude sur le malade endormi. On constate de la facon la plus nette que l’on peut imprimer aux os de l’avant-bras de légers mouvements de flexion et d’extension sur le bras ; ils sont trèslimités mais certains. On reconnait aussi qu'il existe quelqués mouvements de supination et de pronation.

En présence de cette constatation, étant donnée aussi l’origine traumatique de l’ankylose, Monsieur Monod renonce à pratiquer la résection orthopédique, et préfére, par une ouverture large de l’articulation aller à la recherche de l’obstacle aux mouvements et le lever si possible.

L'opération est exactement conduite comme dans le cas précédent (obs. XT).

L’articulation ayant été largement ouverte et aussi par section transversale du triceps, on reconnait que la face postérieure de l’humérus, au niveau de la partie inférieure de la ca- . vité olécranienne etde la partie voisine du condyle, est occupée par une masse osseuse qui est en contact intime avec l’humé- TÜS”

Cette masse osseuse n’est autre qu’un fragment détaché de l’olécrane ; il ya donc eu fracture de l’olécrane et soudure consécutive de l'apophyse brisée à la face postérieure de T’humérus.

En tous cas, il n’est pas douteux que ce soit un fragment qui s’oppose mécaniquement aux mouvements du coude. Il est attaqué avec la gouge et le maillet de facon à débarrasser la cavité olécranienne de toute saillie osseuse. Les mouvements de flexion et d'extension deviennent maintenant beaucoup plus étendus ; ils sont cependant encore limités.

Il reste en effet encore à la partie postérieure du condyle une sorte de revêtement osseux qui le double ; il est lui aussi détaché au ciseau et au-dessous le cartilage du éondyle apparait intact. |

Les mouvements de flexion et d'extension sont dès lors très étendus, sans atteindre cependant encore l’amplitude normale. Pour aller plus loin, il aurait fallu explorer ia face antérieure du squelette articulaire et pour cela augmenter considérablement le délabrement. M. Monod préfère en rester là.

L'opération se terminecomme dans le cas précédent par la suture du triceps au catout, la refection de la gaine du nerf cubital, etla suture de la peau aux crins. Pansement : gaze iodo- : formée et ouate, sans drainage. Le bras abondamment garni d’ouate, est maintenu demi-fléchi. Pas de gouttière, pas de plàtre. Le tube élastique, placé à la racine du membre, n’est enlevé qu'après l'application de la bande.

Lun 00 es

Suites simples : pas de réaction, réunion par première intention. Les fils sont enlevés le dizième jour. Les mouvements et le massage sont commencés le vingtième jour.

Le 20 juillet, le malade part pour Vincennes. I y a des mouvements actifs encore très limités, mais il est possible de porter passivement l’avant-bras en extension presque complète et en flexion à angle droit.

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