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les conseils donnés par M. le professeur Ollier. Il ne faudra pas se hâter d'intervenir avant que le processus ossifiant se soit complètement épuisé car Pintervention faite trop tôt laissera subsister des tissus en voie d’ossification, difficiles à reconnaître et à isoler des tissus sains. Ges tissus en train de s'ossifier, excités par cette seconde intervention, s’ossifieront d'autant plus rapidement et produiront un nouveau retour de l’ankylose. On doit donc attendre pour opérer que le travail d’ossification soit complètement achevé ce qui peut durer quatre ou cinq mois et est du reste très variable. Si l’on est absolument obligé d'opérer le plus tôt possible, il faudra pour réussir, enlever largement les tissus hyperplasiés ; si au contraire on peut attendre, il vaudra mieux le faire car on pourra alors se borner à enlever ce qui serait réellement nuisible à la formation d’une nouvelle articulation. C'est surtout dans ces résections itératives qu'il rte faudra pas faire d'économie d'os ; elles devront être complètes et étendues, et être accompagnées de l’excision d’une nouvelle bandelette périostique: Si l’on craignait de retrancher de l'os, ou bien sila bandelette périostique détachée n'était pas assez considérable, on s’exposerait presque souvent à voir se reproduire le retour de l’ankylose, auquel cas on serait obligé d'observer les mêmes règles et de procéder à une nouvelle résection. |
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OBSERvVATION XII!
Luæalion du coude en arrière datantde 4 mois — Ankylose recliligne. — Résection semi-arliculaire radio-cubitale. — Guérison (Observation de M. LEgars. + Société de Chirurgie 19 avril 1893).
Il s’agit d'un terrassier de 45 ans, bien musclé et vigoureux. Le 26 avril 1892 il portait une lourde pièce de bois lorsqu'il fit un faux pas et tomba sur son bras droit. Quelle était la position exacte du bras au moment de la chute, il ne sauraitle dire mais il ressentit au coude une violente douleur et quand il se releva, lemembreétait très déformé au mêmeniveau et incapable de tout mouvement. A l’hôpital d'Argenteuil, où le malade fut transporté, on se contenta de maintenir le coude étendu dans une gouttière en fil de fer, et la réduction ne fut point faite.
Au bout de trois mois, le malade quittait l'hôpital ; son bras droit étant toujours étendu et fixé dans cette position rectilione, tout travail lui était impossible, aussi se décida-t-il à entrer à l'hôpital de la Pitié le 4 septembre.
Le coude était en ankylose rectiligne et les deux segments du membre secontinuaienten ligne directe; c'était un levier rioide qui ne se mobilisait que dans l'épaule et ne rendait au malade que peu de services.
La région du coude présentait comme déformation principale un épaississement antéro-postérieure très marqué ; mais la direction du membre empêchait le relief des extrémités osseuses déplacées de se dessiner nettement à la vue et c'était surtout le palper qui renseignait sur l’état des os luxés. En arrière, on reconnaissait à 5 ou 6 centimètres au-dessus de la ligne épitrochléo-épicondylienne, l’olécrane surmonté du tendon saillant et tendu du triceps, et au-dessous et en dehors la tête radiale qu’il
était aisé de faire rouler sous le doigt ; les mouvements de pronation et de supination de l’avant-bras étaient en effet conservés. Sur le devant de l'articulation, l'extrémité humérale, la trochlée etle condyle figuraient une sorte de bourrelet transversal que soulignait au-dessous une encoche peu profonde. Ajoutons que l’avant-bras était légèrement tourné en dedans, et la main un peu inclinée dans le même sens. En somme il y avait là tous les signes d’une luxation en arrière avec ascension très marquée desextrémités radio-cubitales derrière l’humérus. Il était impossible d'imprimer le moindre mouvement au coude, ni dansle sens antéro-postérieur, ni transversalement ; les extrémités luxées, étaient fixées intimement et ne prêtaient pas au moindre déplacement. Toutes ces tentatives étaient indolores. En présence d'une pareille immobilisation on ne pouvait songer à réduire par les moyens mécaniques. Une intervention sanglante nous sembla nécessaire ; ouvrir le foyer de luxation, reconnaitre exactement le rapport des extrémités osseuses, détruire les brides et les adhérences osseuses ou fibreuses et tenter de réduire ; en cas d’échec faire un résection aussi « économique que possible », tel fut notre programme.
Le 22 septembre, le malade chloroformisé, je pratique sur la face postérieure du coude deux incisions de 8 à10 centimètres qui longent en arrière l’épicondyle et l’épitrochlée. Après avoir. sectionné une couche fibreuse assez épaisse, on ouvre largement le foyer de la luxation et il devientfacile de constater que, les extrémités radio-cubitales, sont remontées de 5 à 6centimèetres sur la face postérieure de l’humérus et qu’elles y sont fortement immobilisées. Onlibère au bistouri et surtout à la rugine
les parties latérales de l’article,'et on libère tous les liens fibreux
qui s’étendent de l’humérus à l’olécrane. Rien ne cède et tous les efforts de traction sur lavant-bras combinés à la flexion échouent complètement. Il y a une réelle soudure osseuse. Pour aborder directernent l’articulation et se donner du jour,