‹ De l'intervention chirurgicale dans les ankyloses du coude consécutives à des traumatismesChapitre 35 sur 47 · AT QE · texte numérisé non relu

AT QE

on réunit par un trait transversal passant par le sommet de l’olécrane luxé, les deux incisions postéro-latérales, le tendon tricipital est sectionné en travers, et son segment inférieur détaché-avec soins de ses ,attaches olécraniennes en prenant soin de conserver sa continuité avec le périoste de la face postérieure du cubitus et l'aponévrose anti-brachiale. Dans unetentative de flexion un peu forte, l’olécrane se rompt au niveau de Sa base; le tissu osseux de l’apophyse semble dureste altéré et s’effrite aisément.

Dès lorsla flexion de l’avant-bras devient possible au moins en partie, et par la brèche que laissent entre eux les fragments olécraniens, on reconnaît qu’il existe une véritable sondure des extrémités luxées : de plus une lamelle ossifiée de deux ou trois millimètres S'interpose entre l’apophyse coronoïde et la trochlée humérale, adhère à l’une et à l’autre, et se continue jusque sur la'face antérieure de l’humérus. Ils agit là sans doute d’un débris ossifié du ligament antérieur. |

Avec la rugine courbe, ou énuclée le fragment supérieur de l’olécrane, puis l’on dégage le reste de l'extrémité cubitale et Von « écrepe » la trochlée etle condyle de cette lamelle ossifiée qui les encroûte. Les os de l’avant-bras deviennent alors plus mobiles ; onles faitsaillir fortement en arrière, et à la pince coupante, on sectionne le cubitus au-dessous de la coronoïde e l’on fait sauter la tête radicale. Ainsi décapités les deux os glissent au-dessous de l’extrémité humérale et autour d'elle, se prètent à une flexion à peu près complète.

On détache et on enlève tous les débris fibreux, les plaques osseuses qui encombent encore la cavité articulaire; en faisant largement bâiller l’'interligne, on reconnaît qu’une lamelle ossifiée, une sorte de blindage, recouvre le devant de l’articulation : la rugine courbe fait éciater cette coque et l'extrait par fragments.

Ii ne restait plus qu’à mettre le coude dans une bonne flexion et à rapprocher toutes les parties divisées. On saisit les deux

bouts sectionnés du triceps et en les étalant avec soin on procède à leur suture régulière à la soie phéniquée. Une série de points sont jetés sur les tissus fibreux voisins et constituent autant de sutures de soutènement. L’extrémité cubitale est. encore très saillante en arrière ; il en résulte que les deux fragments du triceps sont assez fortement tendus et que les lèvres cutanées elles-mêmes ne s’affrontent qu'avec peine au niveau delincision transversale. On arrive pourtant à compléter la réunion.

Pansement salolé, compression ouatée ; gouttière plâtree maintenant le coudeen flexion.

La bande d’Esmarch n’est enlevée qu'après l'achèvement du pansement, etle membre est soutenu dans un hamac.

L’opéré souffrit un peu pendant les deux premiers jours ; il survint un œdème assez marqué de la main, dû à la compression du pansement, et qui céda dès qu’on eut échancré la couche superficielle. À

Le premier pansement fut laissé jusqu’au 14 octobre (22 Joue Petite surface désunie.

Deuxième pansement laissé 8 jours. Plaie presque guérie. On fait déjà esquisser à l’avant-bras un léger mouvement de flexion.

Au At novembre, la cicatrisation était presque complète, et le malade fléchissait lui-même son coude et l’étendait un peu.

Le 7 novembre, la gouttière plàtrée fut définitivement supprimée, et le bras soutenu par une écharpe. Dès lors, on fit

exécuter chaque jour au membre des mouvements réguliers de flexion et d'extension, et le malade continua à s'exercer lui-même,

Il resta à la Pitié jusqu’au 43 décembre ; à cetteépoque, 1. se servait de son membre d’une facon très satisfaisante et soulevait un poids de 45 kilogrammes.

En avril 1895, la guérison était complète, les cicatrices sont solides et non adhérentes. La flexion s'exécute avec son ampli-

tude normale et l’extension volontaire et régulière arrive presque à la rectitude. Lie malade se sert de son bras pour tous les usages journaliers ;: il s'habille lui-même ; il a commencé à travailler, à se servir de la pelle et dela brouette. Actuellement il est employé dans une distillerieet gagne sa vie comme avant son accident.

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