OBSERVATION: XIX
Triple réseclion du coude droit sur un mème sujel. — Retour de l’ankylose après les deux premières opéralions.— Reconstitution d'une arliculation à mobililé complète après la troisième résection. (NovÉ-JosSERAND. Revue de Chirurgie 1893).
Jeune fille de 14 ans, hystérique, entrée en 1887 pour ankylose du coude droit survenue à la suite d’une chute à l’âge de Fans. Ankylose à angle presque droit, atrophie musculaire considérable, déformation de la région de l’épitrochlée ; cette apophyse est rejetée en arrière et plus basse qu'à l’état normal ; ni fongosités, ni abcès, forme sèche.
Première résection le 18 juin 1887. On résèque 3 centimbtres d’humérus, 7 millimètres de radius, 81 millimètres de cubitus : en tout, sur les os emboîtés, une hauteur de 42 millimètres. On trouve des lésions d’ostéite tuberculeuse, deux cavités pleines de fongosités sur le cubitus ; traces d’ancienne fracture de l’épitrochlée ; cicatrisation très rapide de la plaie : soins consécutifs un peu négligés ; indocilité de la malade qui ne se prète en rien au traitement consécutif Retour de lPankylose,
Deuxième résection le 17 novembre 1887.— Les portions néoformées, irrégulièrement recouvertes de cartilage étaient en: voie de se souder, une capsule épaisse unissait l’humérus aux os de l’avant-bras. Tous lestissus conjonctifs, périoste, capsule, étaient en sève, sur le point de s’ossifier. On résèque une hauteur totale de 3 centimètres et on excise une zône de périoste.
icatrisation rapide ; les premiers mouvements furent bien supportés, mais un jour, à la suite d’un mouvement trop brusque, l'articulation devint douloureuse, et la malade ne laissa plus faire aucun mouvement. Retour de l’ankylose.
Queer
Troisième résection en juillet 1889. — Soudure osseuse qu’on dutrompre avec la scie et lemaillet ; onenleva une hauteur d'os de 50 à 59 millimètres et une zône de périoste de plus de 1 centimètre de large,ainsi que tous les tissus périostaux susceptibles de se réossifier. Par cette large ablation, on cherchait avant tout des mouvements étendus. La malade sort en décembre 1889. avec mouvements complets de flexion et extension à 1550 L’extrémité inférieure de l’humérus s’est reproduite et présente deux tubérosités latérales. L'olécrane forme seulement une petite saïllie postérieure. Un peu de laxiïté latérale.
En 1891 persistance complète de la flexion et de l'extension, mouvements de pronation complets, ceux de supination un peu moins étendus. Toujours un peu de mobiiité latérale.
OSTÉOTOMIE TROCHLÉIFORME
Dans les recherches que nous avons faites, il ne nous a pas été possible de trouver plus de trois cas d’ostéotomie, et encore l’un d'eux ne rentre-t-il pas dans le cadre dé notre sujet. Il s’agit en effet d’une observation due à M. de Saint-Germain et publiée en 1887 dans la Revue mensuelle des maladies de l’enfance, Une enfant, a la suite d’une chute, s'était fracturée les deux coudes ; la consolidation avait amené une double ankylose rectiligne, et l'opération qui fut pratiquée n’eut pour but que de transformer cette ankylose vicieuse en une a nkylose à angle droit. Lerésultat recherché futatteint, mais lesmouvements ne furent pas recouvrés. Ge n'est donc là qu’une opération palliative et non curative.
Les deux autres cas d’ostéotomie appartiennent à M. Defontaine du Creusot. Dans ces cas on tenta de rendre à. l'articulation ankylosée tous ses mouvements, et pour cela M. Defontaine tailla en plein os une articulatioù du genre trochlée. Par une mobilisation faite dès les premiers jours, il put dans un cas rendre à son malade une articulation mobile, « des mouvements actifs, précis et puis- « sants, avec une solidité à l'épreuve des plus rudes tra- « vaux », et cela au bout d’un temps relativement court. Ce fait étant encore resté isolé, nous reproduirons in extenso l'observation de M. Defontaine telle qu’elle est
consignée dans le numéro de la Revue de Chirurgie du 10 septembre 1887. Elle contient en effet non seulement lPobservation elle-même, mais encore le manuel opératoire et les suites de l'intervention.