‹ De l'intervention chirurgicale dans les ankyloses du coude consécutives à des traumatismesChapitre 6 sur 47 · LV OA · texte numérisé non relu

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® parable à celle qui se forme dar5 la fracture de la rotule entre les deux fragments de cet os. Aussi pour empêcher la formation de cette espèce de bride tendineuse prend-on la précaution de réunir l’olécrâne au cubitus par deux sutures. :

Ce sont surtout les luxations en arrière non réduites qui sont heureusement traitées par la résection temporaire de l’olécrane et aussi quelques fractures articulaires. Les résultats de ce traitement sont surtout bons chez l'enfant. Cependant ilarrive parfois que le résultat n'est pas entièrement satisfaisant et que l’on obtient une extension incomplète ; c’est lolécrane fixé à la partie postérieure de l’humérus qui s'oppose à l’amplitude complète du mouvement d'extension, peut-être aussi ce résultat insuffisant est-il dû à des obstacles périphériques provenant des ligaments ou aussi à des ostéophytes. Cependant en mobilisant le plutôt possible et tous les jours l’articulation opérée et en ayant soin de ramener tous les soirs le membre, maintenu toute la nuit dans un appareil, dans une position dépassant l’anglé droit, en obtient quelquefois un. résultat parfait, car il se crée par l'exercice physiologique du membre de nouvelles conditions de mobilité. Chez adulte, les résultats sont généralement moins bons que chez l'enfant, et l’on arrive parfois à avoir pour unique résultat la transformation d’une ankylose rectiligne en ankylose à angle droit.

On voit donc que les cas dans lesquels l’ankylose du coude devra être traitée par la résection temporaire de l’olécrane sont assez restreints et que cette opération ne s’adresse guère aux enfants chez qui cette ankylose peutêtre aussi traitée avecde grandes chances de succès par les

méthodes de force suivies d'une mobilisation hâtive de larticulation. On verra du reste plus loin dans les deux observations de résection temporaire de l'olécrane que nous rapportons que l'opération n’a été pratiquée que chez des enfants de 11 et 15 ans.

Arthrotomie. — Il nous reste maintenant à donner les indications des deux principales opérations qui font le sujet de ce travail, nous voulons parler de l'arthrotomie et de la résection du coude. Quand devra-t-on s’adresser à Parthrotomie, quand aura-t-on recours à la résection, quelles sont les indications qui permettent de pratiquer Parthrotomie ou de faire d’emblée la résection du coude ; telles sont les questions qu’il faut nous poser.

Rendre au coude déformé par un traumatisme sa forme primitive, réintégrer les surfaces osseuses et reconstituer l’articulation normale, toutes ces préoccupations devaient amener les chirurgiens à pratiquer l’arthrotomie. Par cette intervention, en effet, on ne sacrifie pas l’articula-

tion normale comme dans la résection, on ne fait que supprimer les causes qui peuvent s'opposer à ses mouvements physiologiques, en un mot, on n’est pas obligé de créer de toutes pièces une articulation nouvelle. M. le professeur Ollier lui-même, regarde l’arthrotomie comme une opération très légitime et conseille d'y recourir toutes les fois qu'il sera possible de le faire. C'est à l’arthrotomie en effet qu'on devra s'adresser lorsqu'on sera en présence d’un cas qui aurait été autrefois traité par la réduction forcée. Au lieu d'agir brutalement comme autrefois, sans voir ce qui se produit ni ce que l'on fait, on peut, par l’arthrotomie, opérer à ciel ouvert, avec un champ opératoire aussi net qu'il est nécessaire, en même

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temps que l’on peut voir et toucher du doigt la cause qui produit l’ankylose et la supprimer seule, de suite, sans risquer de s'attaquer à des obstacles qui ne sont quelquefois que secondaires et qui ne peuvent produire à eux seuls l’ankylose. Ge sont donc tout d’abord les cas simples qui devront être traités par l’arthrotomie, cas dans lesquels l’ankylose de l'articulation dépend uniquement du déplacement et de l’irrégularité du contact des surfaces articulaires. C’est encore à elle qu'on devra avoir recours lorsque l’ankvlose sera constituée par un ostéophyte ou une jetée osseuse. En effet, la présence de cette néoformation au sein de l’articalation y joue le rôle d'un véritable arc-boutant et s'oppose absolument à tous les mouvements d'extension. Lorsqu'on aura supprimé ce corps étranger, on se trouvera en présence d’une articulation complètement normale, avec des organes de glissement tout à fait sains, en un mot, en présence d’une articulation prête à fonctionner à nouveau. Il en sera de même lorsque l’ankylose sera due à la fracture d’une petite saillie osseuse qui, en s’interposant entre les surfaces de glissement, les empêchera absolument de fonctionner. Il sera aussi possible par l’arthrotomie d'enlever des surfaces articulaires la croûte cartilagineuse qui se sera formée à la suite d’une trop longue immobilité de l'articulation, comme cest le cas dans les luxations simples non réduites du coude, et à plus forte raison, on pourra, par cette seule intervention, rompre, ou mieux, sectionner ioutes les adhérences qui uniraient les os entre eux. Dans tous les cas, sauf de rares exceptions, nous croyons qu'il est sage ét prudent de toujours commencer l’intervention, dans l’ankylose du coude, par l’arthrotomie en

RE: LAS faisant une incision qui pourra plus tard servir à la résection si les tentatives de réduction sont impuissantes ou si lon se trouve en présence de désordres plus grands qu’on ne l'avait supposé. Le

Résection. — La résection qui semblait, il y a encore peu de temps, être la seule opération qui puisse être employée d’une façon véritablement utile dans les ankyloses rectilignes du coude à la suite de traumatisme, ne doit plus occuper cette place prépondérante. Cest à l’arthrotomie qu'on devra d'abord penser et n’avoir recours à la résection que s’il est impossible de reformer, avec les débris qui en restent, une articulation normale. Ce sera donc à la résection que devront être réservés les traumatismes à grands désordres ou les ankyloses dues à une soudure osseuse.

M. le professeur Ollier pense que la résection doit être pratiquée « pour tous les cas d’ankylose dans lesquels « la situation @e l’avant-bras par rapport au bras cons- « tituera une gêne notable où un empêchement pour la « carrière que le sujet veut embrasser ». D’après luila résection ne présente aucune gravité chez les enfants et les adolescents au-dessous de 25 ans, et non seulement lopération est peu grave mais, jusqu'à cet âge, elle ne compromet en rien l’avenir du membre dans sa forme et dans son accroissement ultérieur. « Nous savons en effet, écrit « M. le professeur Ollier, que les épiphyses supérieures « du radius et du cubitus et inférieure de l’humérus ne « prennent pas une bien grande part à l'accroissement « de ces divers os. C’est par son extrémité supérieure que « Phumérus s’accroit surtout, contrairement au radius et « au cubitus qui croissent principalement par leur extré-

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mité inférieure. Sans pouvoir apprécier mathématique- « ment ce rapport chez l’homme, on est autorisé, par les faits de résection déjà constatés et par diverses observa- «tions pathologiques, à admettre que les extrémités cubi- « tales des os du bras et de l’avant-bras contribuent au moins pour un dixième de laccroissement en longueur de la totalité du membre ». Ainsi donc, chez l'enfant et même chez l'adolescent, on pourra pratiquer la résection sans crainte de voir le membre opéré réster plus court que l'autre et par cette différence même constituer une infirmité. Lorsque la croissance des os du membre est achevée, c’est-à-direentre 20 et 25 ans,les conditions deviennent de moins en moins favorables, car à partir de ce moment les tubérosités articulaires ont plus de difficulté à se reformer et il faut craindre une certaine laxité de articulation nouvelle. Par conséquent, d’après M. le professeur Ollier, c’est seulement dans l'enfance et dans la première jeunesse, jusqu'à environ 20 ans, que la résection a le plus de chances, non pas seulement de permettre à l’arliculation de retrouver tous ses mouvements physiologiques, mais encore de permettre au membre de recouvrer sa longueur et sa forme primitives. Cependant, d'après M. le docteur Mollière (de Lyon) un âge avancé n’est pas une contreindication à la résection. Pour appuyer l'opinion qu'il avance, il cite trois observations recueillies : deux chez des malades de 60 ans et une sur un homme de 40 ans, qui tous trois furent opérés avec un plein succès pour des ankyloses consécutives à des traumatismes. Quoi qu’ilen soit, nous pensons avec M. le professeur Ollier, que ce n’est que jusqu'à 25 ans que l’on peut être assuré du ré- | sultat heureux tant au point de vue morphologique qu’au point de vue fonctionnel.

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