VARIÉTÉ
Nombre
Décès post opératoire
t- C «5 'JS Cu Ci
Q c bc
Survie sans a’.:tre mention
Récidive
Forme miliaire aiguë
Sèche
F’orme ulcéteuse. , . .
Suppurée
Sèche
Forme fibreuse
Ascitique (|éuéralisfe
Ascitique uikvstee
L’ensemble de ces quncante-neuf cas donnent quarante-’.! te guérisons, soit 83,70 Y„ de guérisons, cliiffre sensiblement égal à celui que Maurange donne pour l’ensemble de ses observations (83,07); d’autre part, si l’on tient compte des formes cliniques, on voit que nulle part il n’est fait mention d’une laparotomie pour péritonite miliaire aiguë, ni pour la forme ulcéreuse sèche; qu’à la forme ulcéreuse suppurée, appartient une intervention suivie d’un décès par généralisation ; à la forme fibreuse sèche, quatre cas ayant amené deux décès et deux guérisons, proportion de 50 7« ’ la formé ascitique généralisée, douze cas, neuf guérisons, soit 75 de guéidson, la forme ascitique enkystée, trente-deux cas, trente guérisons, soit 93,75 de décès.
Si maintenant nous combinons ces deux statistiques nous arrivons à la conclusion suivante :
Nous ne connaissons pas de cas d’intervention dans la péritonite miliaire aiguë ; dans la péritonite à forme ulcéreuse sèche, la proportion des guérisons est nulle (deux interventions, deux morts); dans la péritonite tuberculeuse à forme ulcéreuse suppurée, la guérison a été obtenue dans 42,85 des cas ; dans la forme fibreuse sèche dans 7 i,42 ; dans la
forme ascitique généralisée, dans 73,33 °/o» enfin dans la forme ascitique enkystée, dans 95,12 °/„ des cas.
Cette conclusion nous paraît rigoureuse puisqu’elle s’appuie sur toutes les observations présentant des détails suffisants, soit dans le travail de Maurange, soit dans le nôtre ; elle s’appuie, en un mot, sur quatre-vingt-sept observations prises dans le total des cent trente-huit observations que nous connaissons (soixante-onze Maurange, soixante-sept personnelles ou non publiées par Maurange). C’est bien à peu de chose près (une dizaine environ J tout ce qui a été publié sur la matière, puisque au Congrès de Berlin, Kœnig a basé son rapport sur cent trenteune observations et qu’un petit nombre seulement ont été publiées depuis.
A.U reste, un grand nombre des observations de Kœnig fussent-elles différentes des nôtres, ce qui est douteux, notre conclusion n’en reste pas moins solide; la proportion générale de guérisons immédiates de Kœnig se rapprochant beaucoup de celle que nous avons établie, il est logique d’en inférer
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que les proportions partielles qu’on pourrait établir avec ses documents, ne s’écarteraient pas sensiblement de celles que nous avons déduites de nos observations.
Mais nous devons fouiller davantage cette étude statistique, et comparer les résultats de la laparotomie chez l’enfant et chez l’adulte.
Notre tableau G, sur 67 malades, ne comprend que 6 enfants (II, III, IV, XI, XXVI, XXVII).
Ges six malades ont été guéries. En concluronsnous que chez l’enfant, la péritonite tuberculeuse traitée chirurgicalement guérit toujours? Assurément non, mais nous reconnaissons que les chirurgiens ont bien su poser les indications.
En effet, la forme miliaire aiguë n’a jamais été opérée, non plus que les formes ulcéreuses; on ne s’est adressé qu’aux formes fibreuses, et parmi celles-ci, aux formes avec épanchement, ascitiques ou enkystées :
Gette forme avec épanchement qui, traitée médicalement, donnait à la Gharité 66 d’amélioration, en aurait donné 100 °/^, traitée chirurgicalement, s’il faut en croire les observations jusqu’ici publiées.
Ghez l’adulte, dans la statistique de M. Bard, statistique qui, malheureusement, bien qu’elle porte sur 1,500 malades, n’est pas très considérable, à notre point de vue, puisqu’elle ne comprend que dixsept péritonites tuberculeuses, ne sont notées que trois améliorations, toutes dans la forme ascitique généralisée. Faut-il en conclure que les autres formes ne guérissent jamais? Ge serait exagéré.
puisque nous avons cité, entre autres, une malade de M. Bondet, qui a guéri d’une forme fibreuse sèche ; nous croyons que le hasard seul a fait qu’une seule forme de cette espèce se soit rencontrée parmi les malades de M. Bard.
(Jiioi qu’il en soit, traitée chirurgicalement, la forme ulcéreuse sèche a été observée dans deuv cas, deux décès par généralisation; dans un de ces cas, elle était manifestement d’origine intestinale (XXIV, Gzerny); la forme ulcéreuse suppurée, qui a été observée dans six cas, a donné lieu trois fois à trois décès post-opératoires, et dans l’un de ces cas, l’origine primitive était évidemment une tuberculose intestinale (XXX, Gzerny); il y a eu trois survies, sans autre mention. La forme fibreuse sèche (3 cas) a donné lieu à trois survies, dont une constatée au-delà d’un an, l’autre au-delà de six mois ; la forme ascitique généralisée, 14 cas : 2 décès post opératoires, 3 décès par généralisation, 2 survies sans mention, 2 survies constatées plus de six mois, 4 au-delà d’un an, 1 survie a été suivie de récidive. Sur 7 cas d’ascite enkystée, 2 malades ont survécu, sans autre mention; 1 autre, plus de six mois après, et dans 4 cas, la survie a été constatée au bout de plus d’un an; 1 des cas de survie s’est accompagné de récidive.
En l'ésumé, et ce sera la conclusion de nos deux premiers chapitres :
Ghez l’enfant, la forme miliaire aiguë ne guérit pas ; la forme ulcéreuse sèclie, qui paraît s’améliorer dans 21,05 des cas, n’a jamais été traitée par l’in-
tervention, non plus cjue la forme ulcéreuse suppurée, qui a donné à la Charité il, 76 d’amélioration (par ouverture spontanée) ; la forme fibreuse sèche, qui donne une proportion de 62,5 par les moyens médicaux, n’a pas été traitée par la laparotomie, chez l’enfant (nous ne connaissons pas l’âge des jeunes filles traitées par Terrillon, nous croyons donc devoir les classer parmi les adultes); la forme avec épanchement, généralisé ou enkysté, a guéri toutes les fois qu’on l’a traitée par la laparotomie, et n’a guéri que dans 66,66 “/o des cas traités médicalement (66,66 est la moyenne entre 95,12 et 73,39, chiffres exprimant la fréquence de la guérison des formes ascitiques généralisées et enkystées chez l’enfant).
Chez l’adulte, la forme miliaire aiguë ne guérit pas ; les formes ulcéreuses ne guérissent presque jamais ; elles ont donné, traitées par la laparotomie, la forme ulcéreuse sèche, 100 7„ d’insuccès ; la forme ulcéreuse suppurée. .50 "f de succès.
La forme fibreuse sèche, qui guérit quelquefois par les moyens médicaux (et dans une proportion que nous ne pouvons déterminer), a donné lieu à des guérisons opératoires, dans trois cas sur trois ; la forme ascitique généralisée, qui guérit dans les services de médecine dans la proportion de 5,88 “/o des cas (1 cas sur 17 deM. Bard), et est améliorée dans 11,76 °/o (- l^)î ^ donné lieu à des succès opératoires dans 35,71 cas sur 100, plus des 2/3 de ces succès ayant été suivis de guérison longtemps constatée. Enfin la. forme ascitique enkystée, que l’on
obsci vo le plus habituellement en chirurgie, a donné iOO “/o succès, dont 50 °/„ constatés plus de six mois ou plus d’un an après l’opération.
Si, à l’exemple des autres auteurs, nous ne tenions pas compte des variétés cliniques, il faudrait dire que, sur l’ensemble des cas que nous avons relatés, la péritonite tuberculeuse a été améliorée ou guérie par les moyens médicaux dans 37,5 7» cas; que traitée par la laparotomie, elle a été améliorée ou guérie dans 71,02 7„ <^cs cas, ou 78 7» si l’on no tient pas compte des récidives. Dans la moitié des cas environ, la survie a été constatée au-delà de six mois.
En comparant ainsi les totaux des améliorations et des guéi'isons, réunies en un même groupe, de part et d’autre, nos deux statisti({ues sont rigoureusement comparables et peuvent, en outre, conduire à une conclusion. Il est en effet logique de penser que, du coté où se sont trouvées le plus grand nombre des améliorations, se sont aussi produites le plus grand nombre des guérisons, quel que soit ce chiffre réel. Pour établir celui-ci, nous n’avons pu nous procurer des renseignements assez exacts sur le sort des malades guéris en dehors do Lyon. Il ne faudrait donc pas, pour l’établir, ne prendre parmi les survies que celles qui, dans notre tableau, figurent dans la colonne portant la rubrique « survie constatée au-dela d’un an » ; ce chiffre serait inférieur à la réalité. Kœnig, au congrès de Berlin, sui* 131 cas, trouve 30 guéi-isons contatées au bout de deux ans, ce qui ferait 21 7„ flo guérison au total ; nous pouvons admettre
ce chilfre comme fondé ; mais nous ne pouvons rien en déduire au point de vue de la proportion des guérisons dans chacune des formes de la tuberculose péritonéale; c’est précisément là ce qu’il serait le plus important de connaître. Il faut attendre, pour cela, la publication de plus nombreux documents où la forme clinique entre nettement en ligne de compte.
En attendant, nous nous^croyons fondé à admettre que la laparotomie donne, en général, d’excellents résultats dans la forme ascitique enkystée, de bons dans la forme ascitique généralisée, des résultats variables dans la forme fibreuse sèche, médiocres , dans la péritonite ulcéreuse suppurée et nuis dans la forme ulcéreuse sèche.