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MILLE, Assainissement des villes par l'eau, les égouls, les irrigations.
qué de plus en plus dans l'avenir. Le projet de loi sur l'hygiène publique permét aux municipalités d'en imposer la charge aux particuliers en vertu de l’article 1°. Celles-ci pourraient assurément reculer devant les dépenses qui leur incomberaient. Mais, suivant l'exemple de Marseille et de Paris, elles n'auront qu’à contracter un emprunt gagé par des centimes additionnels, c'est-à-dire à faire supporter le poids de ces dépenses aux seuls propriétaires, à ceux-là qui du fait de l'imposition du tout à l'égout subissent déjà directement de lourdes charges, mais contribuables peu intéressants au point de vue électoral ! Il est à craindre que les municipalités ne sachent pas résiter à certaines sollicitations, à certaines pressions, et que l'intérêt de la santé publique ne devienne sur ce terrain une arme politique, et de la plus mauvaise politique. Il y à là un danger qu'il était utile de signaler, et nous désirerions voir introduire dans la loi sur l'hygiène : publique certaines dispositions qui répartiraient plus équitablement le poids des charges que le système du tout à l'égout entraîne. Ce serait justice, puisque ses heureux effets doivent profiter à tous. Nous voudrions aussi qu'en aucun Cas sa mise en application ne püt devenir indirectement une mesure d'expropriation sans
indemnité.
Traitement des eaux d'égouts. — Après avoir étudié la question des égouts, celle du tout à l'égout, au point de vue des rapports entre les Individus et les municipalités, nous devons dire quelques mots de la question du traitement des eaux des égouts, car, elle aussi, met en conflit le droit individuel et le droit de l’État. Faisons de suite
cette remarque que l'importance de cette question résulte
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de Padoption du système du tout à l'égout, qui, en augmentant le volume des matières solides envoyées à l'égout, en augmentant davantage encore celui des matières liquides par l'emploi des grandes quantités d'eau qu'impose ce système, rend beaucoup plus difficile l'évacuation et l'emploi de ces matières.
Divers systèmes ont été et sont encore employés pour le traitement des eaux des égouts. Ils consistent soit en une épuration mécanique, soit en une épuration chimique'. Certaines villes, placées non loin de la mer, ont amené à ce grand déversoir naturel leurs eaux d’égout par un canal d'une étendue plus ou moins grande. Enfin d’autres villes ont adopté le système de lépuration par le sol, la ville de Paris notamment, et c'est de ce système que nous allons parler. |
Sans vouloir nous livrer à un exposé où à une analyse scientifique de ce système, renvoyant sur ce point au Rapport présenté au Congrès international d'hygiène de 1878, nous dirons simplement qu'il consiste dans la filtration des eaux d'égout à travers un sol naturellement ou artificiellement perméable avec utilisation agricole des éléments fertilisants par la végétation. Il faut donc que l'eau demeure dans l’intérieur du sol le temps voulu pour une complète épuration. Ce temps variera selon l'analyse des eaux, et selon la nature du pouvoir épurateur du terrain d'épandage.
Ce système, qui autrefois avait rencontré une sérieuse hostilité de la part de certains chimistes ou savants, à vu ces résistances décroitre sensiblement. L'objection la plus spécieuse avait été tirée d’une généralisation trop hâtive
des belles découvertes de Pasteur. Celui-ci avait remar-
— Voir rapport BOURNEVILLE, p. 62 et suiv.
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qué que les germes du charbon, et dans une certaine mesure de la septicémie, échappaient dans certains terrains à l'action épuratrice. Dès lors, dit-on, peut-on affirmer qu'il n'en sera pas de même des germes des autres maladies contagieuses. Ces germes se colleront sur les légumes et fruits irrigués qui deviendront le véhicule de ces maladies.
Pasteur lui-mème s’est chargé de signaler l'hypothèse gratuite sur Jaqueile reposait cette objection, et d'affirmer devant l’une des commissions chargées d'étudier la question du tout à l'égout à Paris que le système de l’épandage, convenablement pratiqué, ne lui semblait devoir soulever aucune appréhension au point de vue sanitaire.
Bien au contraire, ce système présente pour la santé publique de sérieux avantages. En présence de l’insuffisance actuelle des systèmes d'épuration mécanique et chimique, il faut choisir entre l’épandage ou l’empoisonnement des rivières : dans ces conditions l’hésitation n’est point permise. D'ailleurs le système de l’épandage a maintenant cause gagnée.
Partout où il a été appliqué, il a donné, au point de vue des cultures, des résultats remarquables. La pureté de la nappe souterraine qui reçoit toutes les eaux d'infiltration des terrains irrigués est parfaite. L'état sanitaire des communes, sur le territoire desquelles l’'épandage est pratiqué, ne laisse rien à désirer, et l'on n'a Jamais constaté que celui des villes où se consomment les produits obtenus sur les terrains d'épandage fût plus défectueux.
Ce système est largement pratiqué à l'étranger. En Italie : Milan, Novare, Florence, Naples, etc. ; en Angleterre : 134 villes déjà en 1881 ; en Suisse : Lausanne, etc.;
en Belgique : Bruxelles; en Allemagne : Berlin, Dantzick, Breslau, Franefort, Munich, etc. ; en Hongrie : Pesth; en Russie : Odessa, sont entrés plus ou moins complètement dans cette voie, ainsi que plusieurs villes des Etats-Unis. En France, un certain nombre de villes ont précédé ou suivi Paris dans ses essais, nous citerons notamment Saint-Etienne, Perpignan, Montélimar, Reims, Poitiers.
Mais l'application la plus complète du système d’épandage a été réalisé par la ville de Paris. L'expérience fut commencée en 1869 sur l'étendue de 6 hectares achetés par la ville. Réorganisé en 1872, le service a depuis lors régulièrement fonctionné. A la suite de longues études, après de nombreux rapports sur la valeur du système, il fut adopté définitivement, et pour permettre à la ville de réaliser son plan de travaux à cet égard, l'Etat lui céda les terrains domaniaux constituant les fermes de la Garenne et de Fromainville, ainsi que les tirés de la forêt de Saint-Germain (loi du 4 avril 1899).
Jusque-là l'adoption du projet n'avait soulevé que des résistances d'ordre scientifique. Mais, à partir de ce moment, les propriétaires, peu rassurés sur l'inocuité du système, mal éclairés sur ses avantages au point de vue agricole, commencèrent à se soulever, Il fallait vaincre leur résistance, car la ville avait besoin de terrains très étendus pour l'application de son plan d'épandage, d'autant plus étendus qu'en même temps qu’elle se décidait en faveur du système de l’épuration des eaux d'égout par le sol, elle se proposait d'adopter également le système du tout à l'égout, ce qui devait augmenter sensiblement la quantité des matières à épurer.
C'était une grande partie du département de Seine-et-
Oise qui allait devenir ainsi vassale de la grande ville
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et subir son empoisonnement. On sait avec quelle persévérance toutes les autorités des régions menacées luttèrent contre les projets de la ville. Elles furent néanmoins vaincues, ef le système se poursuit actuellement normalement en vertu notamment des décrets du 23 février 1895 et du 11 avril 1896.
Aux termes de ces décrets, l'expropriation ne peut être poursuivie que pour l'établissement des conduits d'amenée des eaux d’égout et de drainage des eaux épurées, La ville ne peut déverser ses eaux d’égout que sur les terres des propriétaires qui consentent à les recevoir pour pratiquer l'irrigation. Disons, d'ailleurs, que l’administration n’est point en peine, car la délivrance des eaux d'égout est très recherchée par les propriétaires. Il ne peut d’ailleurs être répandu sur le sol un volume d’eau d'égout supérieur à 40 000 mètres cubes, par hectare et par an, et la ville de Paris est tenue de prendre toutes les précautions utiles pour que les puits, sources et cours d’eau du voisinage ne recoivent pas d’infiltrations nuisibles. L’exécution de ces prescriptions est contrôlée par une
commission permanente de cinq experts.