INSPECTION DES VIANDES
Les mesures énergiques sont prises tout d'abord à l'égard des animaux vivants et malades. C’est l'objet de la loi du 21 juillet 1881 sur la police sanitaire des animaux. Laissant de eôté ce qui, dans cette loi, a pour objet de préserver les animaux bien portants, nous ne nous occuperons que des mesures édictées directement dans l'intérèt de la santé humaine.
Le propriétaire, toute personne ayant la garde ou la charge d'un animal atteint ou soupconné d'être atteint d'une maladie contagieuse, le vétérinaire appelé à le soigner sont tenus d'en faire sur-le-champ la déclaration à la mairie. L'animal doit ètre aussitôt isolé : il est ensuite examiné par le vétérinaire de l'administration. L'abatage immédiat des animaux est obligatoire lorsqu'ils sont atteints de la peste bovine, de la morve, du charbon, de la péripheumonie contagieuse où de la rage. Le titre IT détermine
les indemnités versées dans ces différents cas par l'Etat
aux propriétaires des bètes abattues. Enfin, la loi interdit la vente ou la mise en vente des animaux atteints ou soupçonnés d’être atteints de maladies contagieuses.
Le projet de Code rurat édicte cette interdiction quelle que soit la maladie qui aït entrainé la mort de l'animal.
Enfin des mesures sont prises à l'égard des bêtes importées, et qui pour la plupart sont destinées à lalimentation. Elles sont soumises à une visite sanitaire au moment de leur entrée en France, soit par terre, soit par mer. Elles peuvent ètre soumises à des quarantaines, et, en cas de maladie constatée, elles sont abattues. L’ensemble de ces prescriptions est sanctionné par de lourdes pénalités qui font l’objet du titre IV de la loi. Ajoutons qu'un Comité consultatif des épizooties est établi dans chacun des départements en vue d’assurer l'exécution de cette loi. Les frais de ce service constituent une dépense obligatoire pour le département (décret des 22 juin 1882 et 12 novembre 1887.)
Notre loi sur les épizooties a été empruntée aux législations étrangères. C’est pourquoi nous pensons qu'il est inutile d'entrer dans l’examen de ces législations. Notre loi se rapproche surtout des lois allemande et autrichienne, qui étaient de beaucoup les plus complètes.
Malgré la rigueur du contrôle exercé par l'État sur les animaux vivants atteints de maladies contagieuses, 1l est bon que ce contrôle soit renforcé par une surveillance des viandes abattues'. Rien de plus facile, lorsque l’abatage est pratiqué dans des abattoirs municipaux. L'ins-
pection des viandes de boucherie à été progressivement