KANT, Doctrine du Droit, Introduction
2, 1p., ibid., 2° partie, dre section, $ 43.
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quoique dégageant la notion du droit individuel, sont loin cependant de déclarer la guerre à l'État. « L'opposition «entre l’Individu et l'État, devenue par la suite la caracté- « ristique essentielle de l'orthodoxie individualiste, ne fait « pas partie intégrante de l'individualisme au xvin° siècle. » Cette remarque de M. Henry Michel‘ nous semble fort exacte. «Il n'y à que la force de l'État qui fasse la Liberté « de ses membres » dit Rousseau”. Kant, quoique ennemi du « gouvernement paternel » ne répugne pas à l'intervention de l'État, à condition qu'elle s'exerce en faveur du droit individuel, et non pas contre lui.
Il est à remarquer que les disciples ont poussé bien plus loin que les maitres la théorie de la non-intervention. Adam Smith, lui-même, ne déclare-til pas que l'État doit assurer les services dont les particuliers ne sauraient se charger, qu'il doit prendre des soins « pour empêcher « la dégénération, et la corruption presque totale du corps « de la nation*.'» Ille veut, pour que l'Individu puisse atteindre sa mesure. Ad. Smith est donc conséquent avec le principe individualiste.
La Révolution française a, elle aussi, poursuivi et consacré le triomphe d’un individualisme large et compréhensif, qui fait à l'État sa part, Mais, faute d’avoir suffisamment pénétré et creusé l’idée du droit, comme celles de l’Individu et de la personne, les hommes de la Révolution ne surent pas toujours fixer très exactement la limite que l’action de l'État ne doit point franchir. Sieyès dit
que la société, loin de réduire les moyens que l'Individu