FOUILLÉE, La Science sociale contemporaine. DID tb
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le double but à fixer à l'action de l'État, il doit être atteint dans l'un et dans l’autre cas par des moyens différents.
La notion de l'État, nous le répélons, ne saurait être séparée de celle de l’Individu. C'est l'Individu qui crée l'État : il ne saurait donc lui donner plus de droits qu'il n'en possède. Or l'Individu doit conserver ses droits et il peut les développer. Il peut, par la force mème, assurer la conservation de ses droits; dès lors, en constituant l'État, il remet à celui-ci l'exercice de son droit de légitime défense. L'État, en assurant la conservation de tous, agira comme organe de la contrainte sociale. Il pourra réprimer, mème par la force, les abus de la Liberté.
L'Individu ne peut au contraire développer ses droits, progresser, qu'en ne portant pas atteinte aux droits d’autrui. L'État doit assurément aider l’Individu dans la voie du progrès, lui apporter son appui. Mais alors il n'intervient plus comme agent de la contrainte sociale. Lui aussi, il est tenu de respecter les droits acquis. Il encouragera l'Individu, il ne le défendra pas. Son rôle sera cependant plus actif que dans la première de ses fonctions : il interviendra pour agir, tandis que tout à l'heure il n'intervenait que pour réprimer. Mais il ne commandera plus; il exhortera; il stimulera avec la toute-puissance que sa force et son organisation mèmes pourront mettre à sa disposition.
En somme, sans exclure l'intervention de l'État pour le progrès, nous demandons seulement « qu'il n'agisse « jamais plus qu'il n’est nécessaire pour procurer aux « citoyens la sécurité entre eux et vis-à-vis des ennemis «extérieurs ; qu'il ne restreigne jamais leur liberté en
« faveur d'un autre but'. »