AUX DIFFÉRENTES FONCTIONS DE L'ÉTAT
De ce que l’État agit tantôt pour faire respecter la liberté individuelle, ce qui constitue pour lui une fonction essentielle, pour l'exercice de laquelle il dispose de pou
voirs étendus, et tantôt pour protéger le développement
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du progrès ce qui constitue une fonction purement facultative, dans l'exercice de laquelle ses pouvoirs sont singulièrement plus limités, il s'ensuit que l'intervention de l'État entraînera au premier cas une administration plus développée qu’au second.
Toutes les interventions de l'État légitimées par une raison de défense des droits individuels et tendant au même but, devront ètre groupées sous une même direction,
Il en sera de mème lorsque l'État interviendra pour susciter ou développer le progrès, mais dans ce second cas 1l ne sera pas toujours nécessaire de créer une organisation administrative distincte. Le plus souvent, pour exercer sa mission, l'État emprantera les services de l'administration présentant le plus d’analogie avec le but qu'il poursuit.
Il en sera autrement il-est vrai lorsque l'État emploiera l’action directe. Cette méthode entraînera en effet la constitution de rouages administratifs souvent nombreux, et c'est pour cette raison que ce procédé est moins économique que l’action auxiliaire. L'action auxiliaire pourra être aussi peu administrative que possible. Elle empruntera souvent pour s'exercer les bons offices de l’action individuelle. C'est ainsi que tels encouragements, tels secours pourront être répartis par des associations libres. Le développement de l’action individuelle sera dans ce cas pour l’État, non seulement la fin, mais aussi le moyen.
Une organisation administrative distincte est indispensable lorsque l'État exerce l’une de ses fonctions essentielles, mais il importe d'éviter une extension démesurée des rouages administratifs, qui ne correspondrait pas aux
services rendus.
Il ne faut pas se dissimuler en effet que si l’administra-
tion rend à une société de grands services, elle n'est pas sans mériter certains reproches.
L'administration diminue plus qu’elle ne développe l’initiative individuelle, non seulement chez ceux qui en font partie mais aussi dans le reste de la population, qui d’une part voit dans les emplois administratifs les avantages d’une situation sûre et suffisamment rémunérée, et qui d'autre part s’habitue à être gouvernée et mise en tutelle.
L'administration a encore un défaut capital, c'est qu'elle est coûteuse. La ‘création d’un rouage administratif doit être précédée du vote d'un crédit, c'est-à-dire d'une imposition afférente non seulement aux services rendus, mais aux frais d'entretien du rouage administratif. Les résultats auxquels on tend pourraient être parfois atteints par l’action individuelle, et celle-ci supprimerait en grande partie les frais correspondants à l'existence du service administratif. Elle aurait de plus cet avantage de faire supporter la dépense afférente aux services rendus seulement par ceux qui en auraient réellement profité.
La dépense est malheureusement la conséquence de l’intervention de l'État à laquelle on pense le moins. Et c'est une des raisons pour lesquelles la société moderne tend à devenir de plus en plus coûteuse. Nous n'insisterons pas sur les conséquences de cet accroissement des dépenses publiques dont la principale tend à ètre la répartition des charges fiscales entre les citoyens en raison inverse du bénéfice qu'ils retirent des services divers organisés et administrés par l'État.
Nous nous résumerons en disant que la constitution de rouages administratifs ne doit ètre admise que lorsqu'elle. est indispensable pour produire les résultats recherchés;
et dans la mesure où l'administration rend des services
DST ES
proportionnés aux dépenses qu'elle entraine. Dans tous les autres cas l'intervention de l'État s'exercant par voie d'action auxiliaire et, toutes les fois qu'il sera possible, par l'intermédiaire de l'action individuelle, nous paraîtra toujours préférable.
VIE. — NécessiTé DE COMBINER L'ÉTUDE DES PRINCIPES