‹ De l'intervention de l'État en matière d'hygiène publiqueChapitre 47 sur 161 · LU UR · texte numérisé non relu

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« lumières parfois vacillantes et incertaines ne valent pas « toujours leurs intentions. Une nation qui serait livrée « comme une matière d'expérience à une académie médi- « cale souffrirait à coup sûr dans sa Liberté et peut-être ne « gagnerait-elle pas une compensation suffisante en santé «et en longévité’. » À coup sûr M. Leroy-Beaulieu lui aussi exagère, mais ses paroles contiennent une certaine part de vérité. :

Ce qui est vrai, c'est qu'autant le principe de l'intervention de l'État doit ètre énergiquement proclamé, autant il faut apporter de modération dans son application. Dès que l’on sort de quelques règles simples, on risque de tomber dans l'arbitraire et les vexations.

D'ailleurs, il est un point quine doit pas être perdu de vue. Les questions d'hygiène et de salubrité sont des questions scientifiques. L'hygiène publique n’est que l'application par l'État des données de la science. Dès lors on conçoit combien circonspecte doit être son intervention, car ses erreurs risquent d'être fort graves. L'État ne doit point intervenir dans des querelles scientifiques et prendre parti pour telle où telle opinion qu'il patronnera : son action ne peut avoir de valeur qu'autant que son efficacité est dûment établie.

Cette condition sera mème difficile à réaliser pleinement. Les pouvoirs publics n'agissent pas toujours d'après les conseils des hommes les plus compétents: témoin l'histoire des viandes salées d'Amérique prohibées par motif. d'hygiène nonobstant les avis formels et réitérés de l'Académie de médecine.

Les savants eux-mêmes sont loin d'être toujours d’ac-

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