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royale de médecine créée en 1776, avait été constituée par une ordonnance du 28 décembre 1820. Elle avait pour mission de répondre aux demandes du gouvernement sur tout ce qui intéresse la santé publique, de continuer les travaux de la Société royale de médecine ef de l'Académie royale de chirurgie, enfin, de s'occuper de tous les objets d'études et de recherches qui peuvent contribuer au progrès des différentes branches de Fart de guérir.
: L'Académie de médecine, qui assure son recrutement elle-même, est placée dans les attributions du Ministère de l'Instruction publique. Elle recoit de lui une subvention annuelle de 75000 francs. Au point dé vue administratif, elle a une très haute importance, et son concours est demandé dans un grand nombre d'affaires. En cas d'épidémie, elle conseille les mesures à prendre, donne des instructions aux médecins d'épidémies ; elle active les progrès de la vaccine par la distribution de médailles qu'elle décerne aux praticiens les plus zélés ; elle veille à l'application de la loi sur la protection des enfants du premier âge ; l'emploi des eaux minérales est subordonné à son approbation, ete.
Le Comité consultatif d'Hygiène publique de France, créé comme nous l'avons dit en 4848, a été rattaché au Ministère de l'Intérieur par le décret du 5 janvier 1889. Il'est actuellement régi par le décret du 30 septembre 1880 et le décret du 3 février 1896. Placé au-dessus des conseils départementaux, il a pour mission d'éclairer l'autorité dans toutes les questions sanitaires, et forme comme le grand Conseil de l'hygiène publique.
Le comité est composé de membres de droit siégeant
en raison de leurs fonctions, et de membres nommés par
le ministre sur une liste dressée par le comité. Ces derniers sont choisis parmi les savants, les médecins, les chimistes spécialement désignés par la nature de leurs travaux.
Il est chargé de l'étude et de l'examen de toutes les questions qui lui sont soumises par le ministre, et indique à celui-ci les questions à soumettre à l’Académie de médecine. Il est divisé en trois sections : les affaires peu importantes ne sont pas portées à l'Assemblée générale. I est publié chaque année par ses soins un recueil des travaux du comité et des actes de l'administration sani-
täire*.
Étude et enseignement de l'hygiène. — Nous avons dit que l'État concourait au développement de l'hygiène, soit en favorisant les progrès de la science hygiénique, soit en répandant dans le peuple la connaissance de ses prescriptions, et en travaillant à ce qu'elles soient mises en pratique. Ceci correspond à l'étude et à l’enseignement de l'hygiène et à sa vulgarisation,
L'Académie de médecine, nous l'avons dit, est chargée de s'occuper de tous les objets d'étude et de recherche qui peuvent contribuer aux progrès des différentes branches de l’art de guérir. Ce n'est donc pas seulement un comité consultatif comme l’est le Comité d'Hygiène publique de France. C'est aussi, c’est surtout un corps
scientifique. À l'origine, il n'avait que cet objet, et si
1. Ce recueil, qui paraît depuis l’année 1872, comprend neuf sections se rapportant aux différentes branches de Phygiène publique 10 Services sanitaires extérieurs ; 2° Conseils d'hygiène et de salubrité des départements: 3° Épidémies et endémies; 4° Salubrité, police sanitaire; 5° Hygiène industrielle et professionnelle ; 6° Denrées alimentaires et boissons ; 7 Exercice de la médecine et de la pharmacie; 8° Eaux minérales; 9° Art vétérinaire, épizooties.
plus tard l'Académie de médecine est devenue une institution d'État, c'est précisément en raison des services que par son caractère scientifique elle était appelée à rendre au gouvernement.
Ce caractère scientifique de l'Académie de médecine est la condition mème de l'utilité des conseils qu'elle est appelée à donner à l'État en matière d'hygiène publique. C'est ainsi, par exemple, que selon la théorie scientifique qui prévaudra en ce qui concerne la transmission des épidémies, comme le choléra, les règlements hygiéniques que l'État devra édicter seront fort différents. Aucun comité n'est plus à même de jeter les bases de ces règlements que la plus haute autorité de la science médicale elle-même.
Le pouvoir central intervient encore pour favoriser les progrès de l'hygiène en prenant part officiellement à des Congrès scientifiques d'hygiène, à des Conférences diplomatiques, ou bien en les organisant.
L'institution des Congrès internationaux d'hygiène a parfaitement réussi. Ces congrès se réunissent très régulièrement et à des espaces peu éloignés. Leur utilité est incontestable. Ils favorisent l'application dans tous les pays des réformes reconnues universellement utiles. Nous en avons vu plus haut un exemple en ce qui concerne la concentration des services d'hygiène sous une direction unique. Certains de ces congrès se sont réunis en France, notamment en 1889, au cours de l'Exposition universelle.
Plus importantes encore sont les conférences diplomatiques dont nous parlerons plus loin lorsque nous étudierons l'hygiène internationale.
Concourant à la fois aux progrès de l'hygiène publique
et à son enseignement, sont les Facultés de Médecine
organisées par l'État en vue de ce double but. Les professeurs de ces facultés sont les représentants de la science médicale, et, par leurs travaux, ils font faire chaque jour à la science de nouveaux progrès. Par leur enseignement, ils vulgarisent dans un public élevé les résultats scientifiques acquis, et préparent à la science de nouveaux adeptes.
L'enseignement médical dans son entier intéresse F'hygiène publique. Les progrès réalisés dans l’art de guérir ont pour effet de protéger la santé, de conserver la vie de l'Individu, ce qui est l’objet même de l'hygiène publique.
Mais une partie de cet enseignement intéresse plus particulièrement l'hygiène publique, c'est celle qui se rapporte à l'hygiène proprement dite. Cet enseignement est généralement donné sous une forme théorique. Toutefois il est organisé pratiquement dans certaines facultés, notamment à Bordeaux, à Lille, à Montpellier.
L'enseignement de l'hygiène est encore donné dans d'autres écoles de l'État : dans les écoles de médecine militaire et navale, ainsi que dans les écoles vétérinaires, dans les écoles secondaires de jeunes filles (loi du 21 décembre 1880 article 4), dans les écoles normales primaires (arrèté ministériel de 1866) et à ütre facultatif dans les écoles primaires communales.
On voit que l'enseignement de l'hygiène fait bien partie en France de l'administration sanitaire.
L'administration concourt également au développement de l'hygiène par voie de récompenses. Ainsi l'Académie de médecine par la distribution de prix encourage la propagation de la vaccine. Mais ces récompenses interviennent
surtout à propos de l'application de telle ou telle mesure
hygiénique. C'est done dans l'étude des différentes branches de l'hygiène publique que nous verrons cette intervention de l'État se manifester par l'intermédiaire de ladministration chargée de veiller à l'observation des
règlements sanitaires spéciaux.