‹ De l'intervention de l'État en matière d'hygiène publiqueChapitre 87 sur 161 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

ORGANISATION ADMINISTRATIVE PROPRE À CHACUNE DES PRINCIPALES BRANCHES DE L'HYGIÈNE PUBLIQUE

Après avoir étudié le rôle de l'État en matière sanitaire, décrit l'organisation de l'hygiène publique et exposé les pouvoirs conférés aux agents de l'État par la législation sanitaire, il importe d'entrer plus avant dans notre sujet en précisant, dans les principales branches de l'hygiène publique, le rôle de l'initiative privée et le rôle de l'État.

I nous faut donc tout d'abord procéder à une division de l'hygiène en plusieurs branches. Ce classement sera purement artificiel, l'homme se mouvant dans plusieurs de ces branches à la fois. Mais il présentera ce double avantage de permettre plus de clarté dans l'exposé des diverses parties de la législation sanitaire et de mieux mettre en relief les conflits qui peuvent s'élever entre les obligations sanitaires de l'État selon qu'on les envisage à des points de vue différents

Pour procéder à ce travail de classement, il importe de se rappeler quel est le but et la portée de l'hygiène

publique.

L'hygiène publique examine d'abord les circonstances qui précèdent et préparent la naissance de l'homme. Elle indique les causes qui entravent la multiplication et leurs effets. Elle examine en conséquence l'instinct de la propagation dans ses divers rapports avec l'état social. L'individu étant parvenu au premier moment de la vie, l'hygiène publique règle l'intérèt que l'État doit prendre à sa conservation et à son perfectionnement physique.

L'hygiène publique s'occupe ensuite des causes qui influent sur la population existante. Elle examine donc les modifications que la vie sociale apporte aux agents physiques. Sa sollicitude ne se borne pas aux dangers auxquels l’homme est directement exposé : elle découvre encore, prévient ou affaiblit ceux auxquels les animaux et les végétaux utiles à notre espèce sont exposés.

Elle établit et combine les moyens de procurer à la société des personnes d’une instruction suffisante pour enseigner ou exercer avec fruit toutes les branches de l'art de conserver et de rétablir la santé, comme aussi d'empêcher tout exercice illégal de cet art.

L'hygiène publique suit l’homme depuis sa naissance jusqu'à son trépas, et celui-ci une fois mort, elle empèche encore que sa dépouille mortelle ne nuise aux vivants.

Tel est le domaine, très étendu on le voit, de l'hygiène publique. Il comprend tout ce qui peut préserver là santé publique, l'améliorer, et ce serait toujours traiter de l'hygiène publique, que d'étudier l'hygiène de l'enfance, l'hygiène des villes et des campagnes, l'hygiène de l'ha- ‘bitation, l'hygiène industrielle et professionnelle, l'hygiène alimentaire; d'examiner l'organisation de la médecine,

l'hygiène des maladies épidémiques et contagieuses de

Al

l'homme et des animaux, l’assistance médicale, à domicile ou dans les hôpitaux.

En le faisant, nous ne sortirions certes pas de notre sujet, mais il importe de nous restreindre et c’est pourquoi nous nous bornerons à l'étude de celles de ces branches de l'hygiène publique qui ont pour objet la conservation de la santé publique, laissant de côté celles qui se rapportent au traitement des maladies, quoiqu'elles concourent indirectement à la conservation de la santé. C'est pourquoi, laissant de côté ce qui à trait à l’organisation de la médecine et à l'assistance médi-ale, nous étudierons seulement les diverses branches -de l'hygiène entendue au sens étroit du mot, en premier lieu l'hygiène de l'enfance; puis celle des branches de l'hygiène qui ont pour objet de prémunir l'homme contre les diverses causes d'insalubrité au milieu desquelles il se meut : hygiène alimentaire, hygiène industrielle, hygiène des villes et des campagnes, hygiène de l'habitation.

Pour chacune de ces branches nous exposerons la situation actuelle, en faisant la part de l'action individuelle ‘et de l’action de l'État. Nous examinerons les critiques adressées à celte organisation et les réformes proposées, en signalant dans les législations étrangères tout ce qui nous paraitra digne d'intérêt.

Mais à propos de l’action individuelle nous placerons ict une remarque d'ordre général, C’est que tout ce que uous dirons d'elle et de ses manifestations sera forcément très incomplet. Le plus souvent elle se dissimule, et ses efforts échappent à l'observation mème la plus bienveillante. Si de nos jours on la décrie tant, si on va jusqu'à nier parfois son existence ou tout au moins son efficacité,

c'est sans doute qu'on la connaît très imparfaitement.

Certains auteurs ont tenté de réhabiliter l'initiative individuelle en signalant ses heureux résultats dans telle ou telle partie de ses manifestations. Les renseignements fort sommaires qu'ils nous donnent, ainsi que ceux que nous puiserons partout où nous les rencontrerons, ne nous fourniront qu'une idée fort incomplète de son rôle dans notre société et particulièrement en notre matière. Peutêtre nous sera-t-il permis de souhaiter qu'en présence du dénigrement systématique dont elle est l'objet, elle se départisse quelque peu de sa modestie coutumière. Il y va des intérèts mêmes dont elle constitue la meilleure sauve-

garde.

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