‹ De l'intervention de l'État en matière d'hygiène publiqueChapitre 93 sur 161 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Hygiène des Villes et des Campagnes.

La pratique a démontré que dans toutes les villes qui ont été assainies par la construction d’un réseau d’égouts, par l’amenée d’eau potable de bonne qualité, par la surveillance et l'amélioration des logements insalubres, par la désinfection des locaux contaminés, partout le nombre des maladies et des décès a baissé. Aussi peut-on formuler cette loi que dans les villes, la mortalité varie en sens inverse des travaux d'assainissement exécutés, et des mesures prophylactiques régulièrement appliquées.

Dans les campagnes, les conditions de l'existence sont assurément plus favorables que dans les grandes villes ; le travail au grand air est excellent, tandis que le travail dans un air confiné est déplorable: le surmenage, si connu dans les villes, ne s’observe guère dans les campagnes. La dissémination des bourgs, l'isolement des fermes, rendent l'extension des épidémies difficile. La qualité de l’air y compense les vices des fosses à fumier où à purin qui se trouvent si souvent en contact avec les habitations.

Toutefois, si la morbidité, l’affaiblissement de la race, la mortalité s’observent en plus grande proportion dans

les villes que dans les campagnes, cela ne veut pas dire

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que l'État doive se désintéresser de la situation sanitaire des campagnes; cela signifie seulement que son contrôle n'a pas besoin d'y être exercé d’une façon aussi rigoureuse.

L'hygiène des villes se ramène à un petit nombre de principes généraux : 1° l’air nécessaire à la respiration doit être maintenu aussi pur que possible; 2° l’eau doit être répandue à profusion et choisie avec un soin extrème ; 3° le sol doit ètre défendu contre la contamination progressive dont il est menacé; 4° les matières putrescibles doivent être entrainées rapidement au loin et détruites.

Dans ces quatre branches de l'hygiène des villes on verra, et cela n’a rien que de très naturel, que le rôle de l'initiative individuelle se réduit à peu de chose; celui de l'État, au contraire, est considérable.

Nous n’ajouterons rien à ce que nous avons déjà dit en ce qui concerne l'obligation faite aux communes : par le projet de loi adopté par la Chambre et le Sénat d’avoir un règlement sanitaire, ni en ce qui a trait à la procédure organisée pour leur imposer les travaux sanitaires jugés utiles. L'application de ces dispositions législatives sera du plus heureux effet pour lamélioration de l'état sanitaire des villes et des campagnes.

Ceci dit, nous examinerons succinctément les questions suivantes : la législation des établissements insalubres, l'alimentation des villes en eau potable, la protection des sources et des distributions d’eau, la législation applicable aux sépultures, et à la voirie urbaine et rurale ; nous terminerons par l'étude des systèmes d'évacuation des

matières putrescentes.

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