QU
un débouché important, alors que jusqu’à présent il ne s’est occupé que des colonies anglaises et des États-Unis. On voudrait, enfin, voir insérer dans les journaux les renseignements utiles aux émigrants et obtenir un concours plus efficace des gouvernements coloniaux.
On peut juger, d’après les chiffres communiqués par M. Raffalovich au Congrès de l'émigration de 1889, de l'importance des services rendus par cet Office qui, à cette époque, n'était encore que de création récente. Du 1° avril 1888 au 31 mars 1889, il avait fourni des renseignements verbaux à 5,962 personnes ; reçu 13,222 lettres et expédié 59,821, dont 30,000 circulaires ; 12,750 de ces circulaires avaient été envoyées au clergé de province.
L'intervention du gouvernement anglais s’est manifesiée d’une facon plus directe par des subventions à l'émigration. Elles ont été fournies soit par le Trésor, soit par les paroisses, qui étaient autorisées à employer de cette façon une partie de la taxe des pauvres; mais ce système est aujourd'hui presque complètement tombé en désuétude.
L'origine de l’émigration subventionnée remonte au commencement du siècle. L'Australie, qui manquait de maind'œuvre et qui, d'autre part, refusait le travail des « convicis » anglais, reçut ainsi le trop-plein des Workhouses et la masse desouvriers sans travail. L’attitude de l’Angleterre avait pu être déterminée par la longue série de crises économiques qu'elle traversa pendant la première moitié du siècle.
En 1815, sévit la famine; de 1828 à 1833, une longue crise fut provoquée par l'application de la vapeur aux métiers à filer et à retordre. Un grand nombre d'ouvriers se trouvèrent alors sans travail et, en 1827, on en transporta en Australie 95,000, que l’on jugeait suffisamment remplacés par la vapeur et qui menaçaient de troubler l’ordre. Enfin, vers 1846, la maladie des pommes de terre, seule ressource de l'Irlande où les paysans étaient déjà très malheureux par suite d’un régime terrien défectueux, causa dans cette