‹ De l'Intervention des Pouvoirs publics dans L'Émigration et L'ImmigrationChapitre 61 sur 103 · BRÉSIL · texte numérisé non relu

BRÉSIL

L'histoire de l'immigration au Brésil se résume en une suite d'efforts pour se procurer une immigration qui lui est indispensable et ces efforts sont sans cesse contrecarrés par l'action des contrées dans lesquelles se fait le recrutement.

D'un côté, c'est le Brésil voulant assurer à ses grands propriétaires la main-d'œuvre nécessaire à l'exploitation de leurs terres, c’est l'État se faisant le pourvoyeur des particuliers dans leur intérêt personnel.

D'autre part, ces propriétaires abusant parfois de l’immigration mise ainsi à leur disposition, au point de la transformer en une sorte de traite des blancs, les promesses inscrites dans les contrats rarement tenues, enfin l’'impossibilité presque absolue d'arriver à la propriété du sol, faisaient un devoir aux puissances européennes, devant les réclamations de leurs nationaux ainsi exploités, d'interdire, tout au moins de détourner par des avis officiels, l’émigration à destination du Brésil. C’est ainsi que la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l'Espagne, la Suisse, la Belgique, l'Italie, la Suède et la Norvège, ont successivement découragé le départ de leurs nationaux.

Sources : Histoire de l'émigration, J. Duvar; Recueil consulaire belge; Rapport de M. Karrer: Italie et Brésil, Santa ANNA NÉRY, Paris, 1884; Cartes commerciales, BraNconi, Paris, Chaix, 1889; La vérité sur le Brésil, D' Pereira Sopio, Genève.

Le premier essai du Brésil dans le sens de l’immigration artificielle remonte à 1815; il visait spécialement la Suisse (1). Jean VI voulut attirer des immigrants de la même facon, que les souverains européens obtenaient des mercenaires suisses ; il promettait donc terrains, habitations et argent ; la Suisse répondit à son appel et un décret brésilien du 16 mai 1818 sanctionna la fondation d’une colonie de catholiques suisses dans la province de Rio. Ces émigrants partirent au nombre de 2,003 sous la conduite de l’abbé Joye. A leur arrivée, ils trouvèrent des habitations déjà construites et le 17 avril 1820 eut lieu l'inauguration de New-Fribourg.

Cependant, cet essai fut malheureux. Une division arbitraire en famille de 16 à 18 individus mécontenta les immigrants ; d’après leur correspondance, ils auraient été odieusement r'ançonnés par les commissaires brésiliens. La véritable cause de l’échec est plutôt, croyons-nous, que la Suisse avait vu dans cette offre une occasion de déporter ses indigents et n'avait composé le convoi tout entier que d'individus de cette catégorie ; mais grâce aux nombreuses subventions que fournirent les autorités cantonales Suisses, on put éviter de les rapatrier.

Un groupe d’Allemands, qui furent, après la période révolutionnaire de 1848, amenés au Brésil en vertu d’un contrat du 10 novembre 1846 (2) eut un sort plus heureux. Il est vrai que, cantonnés par l'Administration brésilienne dans les Etats du Sud, alors très peu peuplés, ces Allemands purent éviter presque tout contact avec les indigènes; ils

(1) V: Karrer, L'Émigration suisse et la loi fédérale, p. 2.

. (2) Ce contrat était fait pour l'introduction de 400 à 450 immigrants : ces individus devaient être « bons et diligehts agriculteurs, de bonne « santé et porteurs de certificats établissant leur moralité et leur carac- « tère pacifique. Toutes ces qualités étaient rigoureusement exigées. « Ils devaient être organisés en familles et âgés, pour la plus grande « partie, de 14 à 30 ans. Ils seraient conduits gratuitement de Hambourg « à Santos et de ce dernier port à la colonie. On mettrait des terres à « leur disposition, à leur choix sous le régime de Parceria, ou moyen- « nant le payement d’une rente annuelle. Les membres d’une même « famille ne seraient pas séparés sans leur consentement ».

formèrent une véritable colonie au sens propre du mot et conservent encore leurs mœurs et leur idiome.

D'après un rapport du consul suisse de Bahia, en date du 19 décembre 1853, il se serait également constitué avec l'appui financier du gouvernement, une Société qui aurait eu pour but d'attirer au Brésil des Chinois à défaut d’Européens.

Jusqu'au 18 novembre 1858, date à laquelle un décret vint régler les questions d'immigration, on ne rencontre aucun fait bien saillant. La colonisation n’était encore qu’à son début; pourtant elle avait déjà parcouru deux phases distinctes.

Celle de l’action individuelle, qui échoua; les colons directement engagés par les propriétaires avaient beaucoup souffert; leur recrutement devenait impossible. Les « fazendas » étaient la plupart du temps situées dans l’intérieur; et les « feitores », sorte de contre-maîtres au service des propriétaires, habitués à diriger des esclaves, usaient envers les immigrants de la brutalité avec laquelle ils traitaient les noirs. Enfin, un usage était particulièrement odieux. Pour s'attacher plus étroitement leurs colons, les propriétaires les forçaient à s'approvisionner dans une sorte de cantine leur appartenant et dans laquelle tout était vendu à des prix exorbitants et à crédit. De là, une dette toujours croissante dont le colon était impuissant à s'acquitter.

Le juge de paix, qu’une loi du 27 septembre 1854 instituait en qualité d’arbitre dans les différends relatifs aux contrats entre l’armateur ou le propriétaire et l’immigrant d'autre part, « n’offrait pas des garanties suffisantes d’im- « partialité et de justice (1) ». Il n’y eut, en général, un semblant de succès que là où les immigrants eurent un peu de terre en propre et ils échouèrent partout où ils furent soumis à la Parceria, système d'économie rurale qui n’était autre

(1) Rapport du 10 janvier 1856 de M. Valdetaro, commissaire brésilien chargé par son gouvernement de faire une enquête sur la situation des immigrants.

que le métayage mais qui était exécuté d’une façon telle que les immigrants étaient plutôt des esclaves (1).

Le propriétaire pouvait, en outre, même contre le gré du colon, transférer à un autre son contrat, qui, la plupart du temps, était verbal.

L'action gouvernementale était également défectueuse. L'État amenait gratuitement l’immigrant au Brésil, mais il entendait recouvrer les frais occasionnés par le passage. A leur arrivée sur le territoire, lesimmigrants étaientdoncemployés, soit à la confection des routes, soit à la mise en valeur des domaines nationaux; ils y étaient dans une sorte de quasiservilté jusqu'à ce qu'un propriétaire les prit et répondit pour eux de ce qu'ils avaient coûté à l’État.

Le décret du 18 novembre 1858 comprenait deux parties.

La première concernait l'immigration libre. Les avantages consistaient en vente de terres à bas prix, au comptant ou à terme, le remboursement d'un passage sur six par famille, de deux au delà ; le don d’une maison et d’un terrain à défricher, enfin, la première année, la fourniture de semences et de bétail.

La seconde avait trait aux immigrants que le gouvernement introduisait pour le compte des propriétaires.

Chaque planteur brésilien pouvait, par l'intermédiaire de l'État, faire venir de quatre-vingts à cent colons dans l’espace de trois ans, sous la seule condition que la somme dépensée pour chacun n’excédât pas 300 contos de reis par an (2).

Certaines obligations imposées à l’engagiste étaient humanitaires.

Il ne pouvait transférer son contrat qu'avec l’assentiment du colon et sous l'approbation du président de la Société centrale de colonisation. Il lui devait l'entretien, la nourriture et le logement, un petit terrain et un salaire mensuel de 8,000 à 12,000 reis (21 à 32 francs).

La création de la Société centrale de colonisation dans le

(1) J. Duva, Histoire de l'émigration (Brésil). (2) Environ de 1,500 à 2,000 francs.

but de surveiller l'exécution de la loi semblait une garantie de son bon fonctionnement.

Les premiers effets parurent heureux. En huit mois, onze navires de toute nationalité amenèrent 1,600 colons ; mais, en réalité, rien n’était prêt pour les recevoir. Usages, aliments, climat, culture, tout était nouveau pour eux. Les propriétaires obligés de les nourrir leur fournissaient du manioc et du maïs au lieu de pain, ils étaient privés de toute boisson fermentée (1).

Leurs plaintes nombreuses parvinrent jusqu'en Europe et, le 3 novembre 1859, la Prusse, inaugurant un état de chose nouveau, interdit le fonctionnement des agences et l'embarquement pour le Brésil.

A partir de cette époque, le nombre des immigrantsdiminua chaque année ; malgré la création en 1864 d’une agence officielle, bientôt transformée en « Inspection des terres et de la colonisation », mais dont l’action en réalité ne s’étendait pas au delà du port de Rio ; malgré la nomination par le gouvernement d’un directeur à la tête de chaque colonie pour y maintenir la tranquillité, système inauguré par décret du 9 janvier 1867, le chiffre des entrées n’était plus en 1871 que de 6,275.

La situation des colons n’était d’ailleurs pas enviable. Les agents de recrutement auxquels ils rapportaient tant par tête, leur faisaient signer des contrats chimériques.

« Une clause semblait particulièrement immorale, c'était « celle qui obligeait les immigrants à renoncer à toute récla- « mation contre le gouvernement brésilien (2). »

(1). Un journal, l'Echo du Brésil, indique quelle était à cette époque la situation des colonies (24 juin 1860).

1° Colonies établies par le gouvernement : 27,535 habitants ;

2° Colonies d'entreprise particulière subventionnée : 7,006 habitants ;

3° Colonies particulières : 5,144 habitants,

Soit un total de 39,975 habitants.

Les colonies dites militaires et destinées, soit à assurer la sécurité, soit à relier entre elles les colonies existantes n’existaient pour ainsi dire que nominalement,.

(?) Lconomiste Français, année 1874, page 287,

Le gouvernement prussien, nous l'avons dit, avait déjà interdit l’'émigration de ses nationaux au Brésil, l'Angleterre répandait des avis propres à en détourner ses nationaux et les conseils généraux des départements pyrénéens demandaient au gouvernement français d'intervenir.

Aussi « les abus paraissant s’aggraver, la nécessité de « rapatrier aux frais du gouvernement un grand nombre de « ses nationaux » déterminèrent le ministre du Commerce français à interdire, par la circulaire du 31 août 4875, le recrutement à destination du Brésil (1).

Le mauvais état dela situation était d’ailleurs reconnu par les hommes d'État brésiliens : le conseiller Cardoza de Menezesécrivait, dansunouvrage sur la colonisation : « pour que « l'immigration spontanée afflue au Brésil, il faut réformer « une grande partie de nos lois, habitudes, tendances et « régime administratif. »

Le ministre lui-même, dans un « relatorio », reconnaissait l'insuffisance de ses moyens de contrôle et d'action et demandait de nouvelles attributions, notamment par rapport à la réception, l'installation et l'inspection des centres coloniaux.

L'Italie se joignit à l’action des nations européennes le 13 mars 1889. M. Crispi interdit de continuer les opérations d'immigration pour le Brésil. Cette mesure, motivée par une épidémie de fièvre jaune, fut complétée par les circulaires des 14 mars et 14 juin 1890.

Cette interdiction ne fut d’ailleurs pas maintenue ; le ministère Crispi étant tombé, son successeur rapporta l’arrêté, le

(1) M. DE SanrTa-Anva Néry, signale un résultat curieux de la circulaire française du 31 août 1875. Les Français n’apparaissent au Brésil d’une façon continue que depuis cette époque :

1877..... 383 LOUE. 240 1083... 152 MODE 218 1e 183 180. 194 18845... 243 188 TRAL LC TON APTE 264 HOCRE na 249 1880. 233 1058,.0 47

17 juillet 1891, « parce que les conditions sanitaires du Bré- « sil étaient redevenues normales. »

L’abolition de l'esclavage, le 13 mai 1889, augmenia encore le besoin de travailleurs.

Des négociations diplomatiques étaient depuis longtemps engagées avec les Etats européens, dans le but de les faire revenir sur une décision qui causait un tel préjudice au Brésil. L'action visait spécialement la France, qui semblait, vu le faible chiffre de son émigration, la moins intéressée dans la question; mais le gouvernement brésilien ne lui accordant pas les garanties qu'elle demandait, notamment la surveillance et le contrôle direct du gouvernement brésilien sur ses agents recruteurs, elle maintint son interdiction. :

L'Empire était tombé en 1889, le gouvernement fédéral reçut le service de l'immigration dans ses attributions; «mais « la situation n’en fut pas améliorée (1) », de tous ses actes, dit Egisto Rossi, il résultait avant tout la preuve du désir de peupler le Brésil.

Son premier acte avait été, le 15 décembre 1889, d'accorder la nationalité en masse à tous les étrangers, qui résidaientau Brésil le 15 novembre 1889 et qui ne manifesteraient pas, dans un délai fixé, le désir formel de conserver leur nationalité première.

Il rendit ensuite le décret du 28 juin 1890, qui contenait, disait-on, toutes les réformes et améliorations demandées par les puissances étrangères.

Ce décret, connu sous le nom de « décret Glicerio », comprend huit chapitres. |

Le premier concerne l'admission des immigrants. L'entrée du Brésil est ouverte à tous individus valides et capables de travailler; elle est interdite aux indigents, aux individus sous le coup de poursuites judiciaires et, au moins d’une facon

ae Emigrazione et Colonie, rapport Rozwapowskt, page 161, Rome,

générale, aux Chinois et aux indigènes africains. Les Capitaines qui amènent des individus de ces catégories, s'exposent à une amende de 2,000 à 5,000 contos de reis (5,600 à 14,000 francs).

Les avantages offerts consistent en passages gratuits ou à prix réduits ; mais ils sont en principe réservés aux seuls agriculteurs, la proportion des gens de métier ne pouvant dépasser 17 0/0.

Les particuliers ou les sociétés de colonisation peuvent obtenir des travailleurs en faisant une demande à l’Inspection générale de la Colonisation, qui se charge directement de faire le recrutement en Europe. Les contrats acceptés par les propriétaires seront exécutés, même avec le secours des moyens légaux; les propriétaires peuvent en outre être privés, pour une certaine période, du droit de faire venir des travailleurs par l'intermédiaire de l'Etat.

Dans le but d'assurer aux immigrants les meilleures conditions de transport, on accorde une prime de 100,000 francs aux compagnies de navigation qui, ayant transporté dans l’année au moins 10,000 émigrants, n’auront donné lieu à aucune réclamation de leur part.

L'article 17 prévoit enfin les cas de rapatriement aux frais de l'Etat. Cette faveur n’est accordée qu'aux personnes devenues veuves ou orphelines dans la première année de séjour, ainsi qu'aux individus, qui, dans le même délai, se trouveraient sans travail, par suite de désastres survenus à l'exploitation à laquelle ils étaient attachés.

Le chapitre II traite des conditions requises pour les domaines que leurs propriétaires destinent à être morcelés entre les immigrants.

Les lots (chap. IT) doivent contenir une maison d’une valeur d'au moins 200,000 reis (560 francs), le prix maximum de vente est fixé à 70 francs l’hectare de terre en friche et 140 francs s’il s’agit deterres cultivées. Le payement se fait en huit annuités à partir de la deuxième année de jouissance, les versements sont mentionnés sur le titre provisoire

de propriété qui est converti en titre définitif lors du payement total.

La situation, en cas de défaut de payement, d'abandon du lot ou de transfert de propriété provisoire, est réglée par le chapitre IV.

Les propriétaires qui mettent ainsi leurs domaines à la disposition des immigrants jouissent de quelques avantages (chap. V). Ces domaines, d’après leur étendue et leur nature, sont divisés en trois classes. Le propriétaire d’un domaine de première classe reçoit une prime de 560 francs par famille établie et de 700 francs par maison construite. On y ajoute pour les domaines de la deuxième classe 4,200 francs par kilomètre de chemin construit pour relier la propriété au chemin de fer. Enfin, on donnait, en plus, une somme de 2,240 francs pour construire des voies de communication intérieure aux domaines de troisième classe. On donnait également au propriétaire, sur les terres de l'Etat, une étendue de terrain égale à celle de son domaine.

Lorsque cent familles seraient régulièrement établies, il y aurait lieu à une prime spéciale de 14,000 francs, que l’on pourrait toucher plusieurs fois.

Aux termes du chapitre VI, le payement de ces primes se faisait sur le vu d’un certificat du contrôleur des finances par chaque groupe de dix familles établies.

Les formalités relatives à la demande par les propriétaires de la jouissance de ces faveurs, sont réglées par le chapitre VIT et le chapitre VIIT et dernier contient des dispositions générales.

Un décret du 20 décembre soumettait en outre à l'approbation du Congrès tous les contrats relatifs, soit à la fondation de centres agricoles, soit à l'introduction des immigrants.

Tel était l'ensemble de la législation, qui, dans l’opinion du gouvernement brésilien, devait amener les nations européennes au retrait de leurs mesures prohibitives. Cet espoir

ce

fut trompé. Non seulement les prohibitions ne furent pas levées, mais la France renouvelait, le 10 septembre 1890, sa défense à ses agents; en 1891, le gouvernement anglais, sur la demande de ses consuls (1), faisait dans les journaux une contre-propagande et l'Italie, à l'issue du Congrès de Gênes 1892) pendant lequel la production de lettres émanées d’immigrants avait clairement fait connaitre la situation, invitait ses préfets à déconseiller l'immigration à destination du Brésil.

Le gouvernement brésilien chercha alors à diminuer les frais que le service de l'immigration imposait à l'Etat et voulut faire de l'immigration un service « estadoal ».

Un premier projet, du 12 juin 1891, qui n’aboutit pas, consistait à confier pour cinquante ans à une banque privée tout le service de l'immigration; le gouvernement aurait simplement exercé son contrôle pouvant aller jusqu'au veto au moyen d’une commission fédérale.

On supprima dans le budget de 1823 5,000 contos de reis au chapitre de l’immigration et l’on s’attacha à diminuer les charges qui résultaient du fait des contrats passés pour l'introduction des immigrants.

Ces contrats étaient très onéreux. Le Gouvernement fédédéral payait 7 livres par tête, alors que les Etats particuliers, qui faisaient les leurs aux enchères publiques obtenaient le prix de 6 livres 15 schellings et 5 livres 16 schellings.

Par l'effet des contrats conclus avec la « Métropolitaine » le chiffre des entrées ne diminua pas tout d'abord. Le dernier en date, du 2 août 1892, porte sur l'introduction de un million d’émigrants catholiques en dix ans.

Une loi abolit également le paragraphe 52 de l’article premier du décret du 28 juin 1890; on autorisa aussi l’immigration chinoise et japonaise; mais les premiers résultats n’ont pas, jusqu'ici, donné de résultats satisfaisants.

Signalons le retrait par l'Allemagne, au début de l’année

(1) Reports from Her Majesty's Representatives in Brazil concerning the condition of british immigrants. 12 juin 1891,

1897, de ses lois de prohibition concernant le Brésil. Cette détermination fut prise, après une enquête sur place accomplie pour le compte du gouvernement allemand par par M. Krauel.

Les négociations entamées entre l'Etat fédéral et les Etats particuliers auxquels, dès 1891, on avait fait l'abandon de toutes les terres domaniales, ne semblent pas devoir aboutir au résultat espéré. Plusieurs Etats, qui, depuis longtemps, assuraienteux-mêmes l'introduction des immigrants qui leur étaient nécessaires, ont nettement refusé; d’autres ont réservé leur réponse.

Il est facile, devant la défense presque générale faite par les nations européennes d’expédier leurs nationaux au Brésil, d'apprécier le système employé par cet Etat. Ce système de l'introduction à tant par tête, condamné «par tous « ceux qui désirent une immigration profitable et qui vou- « draient voir substituer la qualité àla quantité, n’est appuyé «que par les agents d'émigration intéressés à recevoir de « nombreux subsides (1) », La statistique assigne à l’immigration des chiffres relativement peu considérables; il n’en reste rien lorsqu'on a retranché l'immigration italienne.

Cette introduction de gens de toutes catégories est la plupart du temps inutile. Le Brésil a besoin d'agriculteurs ; c'est à peine s’ils forment 60 0/0 de l'immigration totale.

Elle peut aussi devenir nuisible. En 1895, le mouvement de l'hôpital de la Charité à Rio donne 80 0/0 d’immigrants ; la proportion des étrangers dans le nombre des individus condamnés dans l'Etat de Säo Paulo pour crimes qualifiés est, dans la période 1892-1895, de 85 0/0.

TABLEAU

(4) Recueil consulaire belge, février 1896.

, IMMIGRA- IMMIGRA- ANNÉES (x) ANNÉES TION TION italienne totale

1873: " 13.932 (*) Ne comprend que les individus arrivés RSR NU Ne 19.942 par Rio et Santos; pour les autres ports on PRE OR RS ER EE 11.001 manque de détails.

La tendance suivie par le gouvernement brésilien à se décharger sur les Etats particuliers du soin d'attirer l’immigration, nous amène à dire quelques mots de l’action des pouvoirs publics dans deux de ces Etats, qui absorbent la plus forte partie du courant de l'immigration : l'Etat d'Espiritu Santo et l'Etat de Säo Paulo (1).

On a remarqué que, d’une façon générale, l'immigration avait une certaine corrélation avec la culture du café; ce sont les Etats qui s’adonnent le plus à cette culture qui reçoivent le plus grand nombre d'immigrants.

Voici, à titre d'exemple, l'indication de la direction prise par l'immigration pendant l’année 1896 :

(4) L'immigration considérable qui se répand dans le District fédéral trouve sa source dans la masse des individus qui, après leur débarquement, restent dans la ville de Rio dans l'espoir d’y trouver du travail .

Etats dans lesquels la culture du café est très étendue

Nombre d'immigran(s.

Hat de SSP AO Le ee SE ce Lo 90.000 astrich Oérali TC Se, ds RO. RCE 31.000 NValle.de. RO: ST 2 20 Na UNS, Le ee »

Étai dé Mias-Géraés.. MR ER LE ee à 9.500 Btatide Eépiritu Santo...,#14140. 24080. 22. a ut TA OUU Hate RO. in ue cc 1.600

Etat dé Bahia see ER RER 42 raté Peas en RENE 20 Etat de\Coara 7 PRE RERO RER RENTE 12 Ftaft-de Para... nr CAL CRE CET ER 939 Etat de ”AMAZONAS NE '.. : RETECRe 110 Etats de Gazaz, Pianhy et Maranhäo "7720" 0 Etats du Sud.

Etat dé‘Rid Grande COST MANIERE AIRE 1.660 Etat de Sainte-Cathorinré 204 AIME MINE 889 Etat'de Parma Be E QE RONA ANE. ENTIER 7.000

L'immigrant qui se rend dans l'Etat d’Espiritu Santo, jouit, jusqu'à son arrivée au Brésil, des avantages offerts par le gouvernement fédéral; après son débarquement il est transporté, hébergé et installé par les soins de l’'Administration provinciale. Les faveurs spéciales qui lui sont faites sont énumérées dans une note officielle publiée en 1894.

L'Etat d'Espiritu Santo, entretient à ses frais un courant d'émigration européenne pour lequel il dépense annuellement 800 conios de reis (aujourd’hui 750,000 francs environ). Il a conclu avec la Compagnie italienne de navigation, la Veloce,

un contrat dit « contrat Giffoni », par lequel cette dernière s'engage à introduire 28,000 Européens (1).

Chaque famille reçoit un lot de %5 hectares et une subvention de 300 francs, à titre de subvention aux frais causés par la construction d'une maison et l’acquisition des premiers instruments aratoires. En attendant que leurs premières récoltes leurs fournissent les ressources nécessaires à leur subsistance, les immigrants consacrent une partie de leur temps à la construction des chemins vicinaux et reçoivent un salaire pour ce travail. Le prix du terrain et le montant de la subvention sont remboursés par annuités; la somme, qui fait ainsi retour à l'Etat est versée à la masse des fonds destinés à l'immigration et contribue à augmenter l'étendue de ce service.

L'Etat de Säo Paulo absorbe la plus grande partie des immigrants qui se rendent au Brésil. Le chiffre des arrivées a été le suivant :

NÉSETT NN > OT Al AS 27 42.061 | Li nas SLA ASE a re ... “61.145 Den EUR iz 9210867) CSC M M RRENT 34.091 FT TERRE 2.808 LA 1808 hu TRES 114.769 A :. 38.291 | 1896 (17 sem.)........ 33.240 RE . 108.736 Dm He A dr

Page 1