COLOMBIE
La Colombie, dont le climat ne se prête également pas à l'immigration européenne, fait aux immigrants quelques faveurs. Après avoir vers 1850, pratiqué le système de la subvention en argent, elle se contente aujourd’hui de donner aux immigrants : des terres qu’ils doivent défricher et cultiver ; l’exemption de service militaire et de contribution pendant vingt ans.
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VEN EZURE
Avant même, que l'Espagne eut reconnu son indépendance, le Vénézuéla encourageait l'immigration. Il s’adressa en premier lieu aux habitants des îles Canaries. Une loi du 13 juin 1831 leur accordait autant de terrain, qu'ils pourraient en cultiver, l'exemption du service militaire et des contributions pendant dix ans; mais ils étaient naturalisés par le fait même de leur entrée sur le territoire.
Ces dispositions furent étendues à tous les étrangers le 19 mars 1837; on y ajoutait une prime de 120 francs par immigrant. Jusqu'au 12 mai 1840, les frais du passage furent remboursés; mais à partir de cette époque, les seuls avantages offerts consistent en terres et privilèges; bien qu’on fit encore quelques avances aux entrepreneurs d’émigration. Les Français jouissaient d’un régime de faveur, en vertu d’un traité du 25 mars 1843.
Les émigrants, arrêtés par les inconvénients du climat tropical du littoral et les troubles politiques, ne répondirent pas en nombre suffisant aux appels du Vénézuéla; le gouvernement eut alors recours à l'immigration artificielle cet conclut un contrat, le 18 août 1847, pour l'introduction de 80,000 immigrants. On devait mettre à leur disposition
Sources: Histoire de l’émigration, J. Duvar.
Consular Reports. Washington, Government printing office, passim.
712 lieues carrées de terre; mais ce contrat resta sans effet, et, en 1850, le ministre de l’Intérieur annoncait au Congrès l'arrêt complet de l'immigration.
Les sommes dépensées jusqu'alors, pour ce service étaient relativement considérables. Un compte publié en 1884 accuse, du 23 juin 1840 au 30 juin 1847, une dépense totale de 705,071 francs, dont 466,996 francs n'étaient pas encore remboursés. Le colonel Codazzi, directeur de la colonie Tovar, en devait à lui seul 400,000.
Cette colonie Tovar était l’unique résultat de tant d'efforts. Elle avait été fondée en 1843 avec 374 Allemands, et avait réussi, grâce à la protection des comtes de Tovar. Sa prospérité fut un moment sur le point d’être compromise. Le colonel Codazzi s'enfuit en Nouvelle-Grenade, avant d’avoir remboursé au gouvernement les avances qu'il en avait reçues. Cependant le gouvernement fit remise de cette somme aux immigrants et aux comtes de Tovar, dont le colonel Codazzi était le mandataire, à cause des services rendus au pays.
On estime que de 1835 à 1855, il ne serait arrivé que 12,000 émigrants.
La législation fut encore modifiée le 18 mai 1855. La nouvelle loi, en désespoir de cause, ouvrait les portes à l’immigration asiatique ; elle affectait, d'autre part, une somme annuelle de 240,000 francs à l'immigration. Les colons devaient recevoir des terres ; dont ils ne deviendraient propriétaires définitifs qu’au bout de trois ans, s'ils les avaient mises en valeur. Des juntes spéciales seraient créées pour assurer le bon fonctionnement du service. Une clause enfin, qui, par la suite, devait faire interdire en France le recrutement d’'émigrants à destination du Vénézuéla, conférait la nationalité par le faii de résider sur le territoire.
Cette disposition permit en effet, en 1875, au gouvernement vénézuélien de repousser l'intervention du consul français en faveur d'un de ses nationaux molesté. Ce refus, ainsi du reste, que l’effervescence qui agitait alors le pays, obligea le gouvernement français à interdire aux agents d'émigration,
par une circulaire du 14 avril 1875, de recruter à destination du Vénézuéla.
La dernière loi sur la matière est celle du 20 juillet 1891, complétée par décret réglementaire du 11 août suivant.
Elle prohibe l'entrée des infirmes, des sexagénaires et individus d’une moralité douteuse, ainsi que celle des asiatiques et indigènes des Antilles anglaises et hollandaises (art. 3 et 4).
Tous les immigrants bénéficient de la gratuité du passage ; qu'ils viennent, en vertu d’un contrat avec le gouvernement ou une société, ou spontanément. Ils sont logés pendant les quinze premiers jours et introduisent leurs bagages en franchise. Ils reçoivent un hectare de terre gratuit et sont admis à en acheter une plus grande quantité à la moitié du prix légal des terres de l'État (40 bolivars (1) l'hectare de terre cultivable, et 2,000 bolivars la lieue carrée de terrains de pâturages, le payement se faisant en deux ans). La naturaisation n’est plus obligatoire.
L'immigrant, de son côté, s'engage à exécuter les contrats qu'il a acceptés et à résider un an au moins dans le pays; sinon il doit rembourser les avances qui lui ont été faites.
Une junte spéciale était chargée du service de l’immigration.
Mais en réalité cette loi ne fut jamais appliquée ; en 1899, le Vénézuéla était en pleine période révolutionnaire; la junte d'immigration n'existait que de nom et les hôtels d’immigration, peu vastes, ne fonctionnaient qu’à La Guayra et Puerto Cabello.
L'article 26 de la loi institue les agents consulaires comme agents de propagande, réservant au Président de la République le droit d'étendre ce service. En vertu de cette disposition, on à établi, au mois de mai 1897, à New-York, un agent chargé de recruter des immigrants.
Plus récemment encore, le 4 août 1897, le gouvernement
(1) Le Bolivar : 1 franc environ.
a signé, avec un agent italien, un contrat pour l'introduction de 1,000 familles européennes par an.
Chaque individu recevra de 2 à 6 hectares de terres, dont il devra cultiver un tiers en blé ou en vigne.
Il n’existe pas de courant d’émigration d'Europe vers le Vénézuéla. L’immigration Spontanée est nulle ; l’immigration subventionnée par l’État s'élève, dans les dix der- ‘nières années, à 7,598 individus.