‹ De l'Intervention des Pouvoirs publics dans L'Émigration et L'ImmigrationChapitre 81 sur 103 · COLONIE DU CAP · texte numérisé non relu

COLONIE DU CAP

Il est assez difficile de se prononcer sur l’importance du mouvement d'immigration qui se produit à la Coionie du Cap, par suite de l’absence de statistiques officielles.

La majeure partie des immigrants sont des Anglais; ils fourrissent presque exclusivement toute la main-d'œuvre d'artisans habiles, qui est directement recrutée en Angleterre; les gros travaux, au contraire, sont accomplis par des noirs et des mulâtres qui acceptent du travail à des prix rendant impossible la concurrence des travailleurs de race blanche.

On répartit ainsi, suivant leur nationalité, les immigrants de l’année 1895:

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Une grande partie de ces immigrants ne fait d’ailleurs que traverser le territoire et se rend aux centres miniers du Transvaal; cependant l’action fascinatrice de l’or du Rand et des diamants de Kimberley attire toute une population d'aventuriers qui n’est pas sans préoccuper quelque peu

l'opinion publique. On estime, durant ces dernières années, le nombre des arrivants à :

1892. . . . . 12.633 1894 :: : 48.138 1893. : . . . 15.617 1895. -: : xe7 0

L'augmentation considérable de l’année 1895 décida un député à demander à l'assemblée législative de prendre des mesures restrictives contre l'immigration. Ilaurait fallu, selon lui,exiger de chaque immigrant un certificat de bonne vie et mœurs ou le dépôt au ‘Trésor public d’une somme de 200 livres sterling. On éviterait, du moins, de cette façon, les frais occasionnés par l'internement des escrocs et des gens sans aveu venus de l'étranger. La discussion de ce projet fut ajournée, à cause de la grande disproportion qui existe encore entre la population blanche et l’élément noir. La première est estimée à 400,000 individus, le second à 1,500,000.

La législation actuelle pratique le système de l'immigration aidée; en 1895, deux cent trente ouvriers ou femmes domes-

tiques ont été introduits de cette façon; la seule condition qui leur est imposée, est un séjour d’un an dans la colonie.

Le mode de mise à la disposition des colons des terres incultes est réglé par : Crown Lands Disposal Act 1887 — the Extension Act. 1891 — Crown Lands Leasing Act. 1891 — Crown Lands Act 1895.

Ces lois admettent la possibilité de concessions de terres incultes et non boisées, d’une étendue de 8,500 âcres. Indépendamment du payement d'une rente perpétuelle, la concession est subordonnée aux conditions suivantes. Le requérant doit être âgé d'au moins 21 ans et ne doit pas être déjà propriétaire de 500 âcres de terre ou avoir usé précédemment de la faculté accordée par ces lois. Il adresse au commissaire civil de la situation du lieu une demande de concession, à laquelle est jointe une description suffisante pour permettre l'identification et l’arpentage de la parcelle convoitée ; il effectue en même temps le dépôt d’une somme de 6 deniers par âcre, qui vient en acompte sur l’arrérage de ia première année et qui lui est rendue si la concession ne lui est pas accordée.

Le postulant, qui a obtenu une licence, acquiert, par là même, le droit d'occupation pour cinq ans, moyennant une redevance annuelle calculée au 1/20 du prix total de la terre.

Les obligations qui lui sont imposées sont : la résidence sur le lot dans le délai de six mois à partir de la délivrance de la patente et la mise en culture du 1/20 de la superficie dans l’espace des deux premières années. Ce n’est que.sur la justification de l’accomplissement de ces conditions qu'il pourra, au bout de cinq ans, obtenir un titre définitif de propriété. Il restera, en principe, soumis au payement d’une rente perpétuelle; toutefois, l'Act de 1895 l’autorise à se racheter de cette condition.

PRE RRAN TE

Jusqu'à ces derniers temps, le Natal n’a que peu bénéficié du mouvement considérable d'immigration qui s’est produit vers le Sud de l'Afrique. La majeure partie des passagers de toute classe, qui débarquaient à Durban, ne faisait que traverser le territoire pour se rendre aux centres miniers du Transvaal qui les attiraient. Loin même de s’accroitre par suite de l'énorme afflux de l’année 1895, la population blanche avait diminué, une partie de ses éléments ayant subi l'attraction du pays de l'or ; elle s'élevait au 30 avril 1891 à 46,788 blancs et au 31 juillet 1895 à 45,707 seulement.

Les conditions économiques intérieures eurent aussi leur part dans cette diminution ; le pays subit en effet une forte crise commerciale et, malgré le taux élevé des salaires, n'offrait plus, à la fin de 1895, les conditions économiques suftisantes pour attirer un grand nombre d’immigrants. La concurrence des ports de la colonie du Cap lui causait également un grand préjudice.

Le chemin de fer de Durban à Johannesburg, commencé en 1889, est aujourd’hui achevé et a contribué à rendre au Natal son ancienne vitalité.

L'immigration de travailleurs de race blanche n’est d’ailleurs pas nécessaire à sa prospérité. Cette opinion semble être celle aussi des autorités nataliennes.

Le Natal ne possède un gouvernement responsable que

depuis 1893. L'un des premiers actes de celui-ci fut, après enquête, l’abaissement, de cinq mille à deux le livres sterling, du crédit affecté à l'immigration européenne et sa suppression en 1895.

Cette somme était employée à payer le passage de quelques immigrants garçons de ferme’ou filles de service. Le nombre qui était introduit annuellement était d’ailleurs peu considérable.

È e RE nu OR e 400 environ.

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On restreignait en même temps les avantages jusque-là ‘accordés aux personnes désireuses de se fixer dans la colonie. En 1894, le bureau des terres et de l'immigration, fondé en 1876 pour encourager la colonisation, fut supprimé: Il avait, pendant son fonctionnement, contribué à l’arrivée de 7,495 immigrants cultivateurs et à l’établissement de plusieurs céntres agricoles. FA

Tout récemment, enfin, le Natal vient, par la loi du » mai 1897, de se placer au ee rang des nations qui entravent l'immigration.

Cette loi interdit, en effet, l'entrée du territoire.

A. Aux personnes qui, lorsque la demande leur en sera faite par des fonctionnaires compétents, n’écriront pas et ne

signeront pas elles-mêmes, dans une langue européenne, une demande au Secrétaire colonial dans la forme PE dans la loi (1).

B. Aux personnes indigentes où pouvant devenir une charge publique.

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