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Messieurs, il me semble voir, depuis que je vous parle, une disposition anxieuse dans vos esprits. Vous vous dites : mais, ne traitera-t-il pas bientôt de l'intervention du prêtre dans la politique ? C’est la question où vous m'attendez. Je sais qu’elle est brûlante : c'est le cas de dire.
ncedo per ignes. ‘J'aborderai toutefois cette matière ; elle entre essentiellement dans le plan que je me suis tracé. Comme je n'ai nullement à m'occuper de faits mais seulement de principes, il me semble qu'il n’y a rien dans cette question qui doive m'embarrasser. Au reste, eile est déjà résolue par les considérations générales que j'ai présentées : 1] ne s’agit que d’eu faire une application.
C'est surtout pour tout ce quitient à
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l'ordre politique qu’on prononce dans les termes les plus absolus l'exclusion du prêtre. Il n’a rien à voir à ce qui se passe aux luttes sociales, dit-on ; le prètre n’est pas fait pour la politique. Quand on a émis cette maxime, on croit que tout est dit,
Pour apprécier sa valeur, du moins dans le sens général qu'on lui donne, je ferai d’abord quelques comparaisons.
Voici une famille ; un enfant s’y révolte contre son père, ou si vous le voulez, il y a entre les époux des querelles violentes.
Le curé croit qu’il est de son devoir de tenter une remontrance au fils coupable, ou de rappeler aux époux l'affection et le support qu'ils se sont promis aux pieds des autels.—Trouverait-on parfaitement raisonnable qu’au moment ou il veut accomplir cet acte de son ministère, de soi si propre À assurér le bonheur de ceux envers qui il doit s'exercer, on lui tournât lc ! dos en lui disant : T'aisez-vous, vous n'avez rien à faire relativement à ce qui se passe dans 1a tamille :les rapports des parents envers leurs enfants, ou des époux entre eux, cela ne vous regarde point.
Un autre cas: Un mariage est près de
se conclure ; le prêtre signale un empêche-M ment cavonique ; il essaie de détourner une?
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approuverait-on qu'on ne tint nul compte de la difficulté en vertu de cette maxime :
le prêtre, ne doit pas s'occuper du mariage: 1 ya renoncé pour lui, qu'il laisse faire les autres ?
Une transaction commerciale est sur le point de se faire : il s’y trouve des stipulations qui blessent la justice : une usure criante, par exemple.—Mais voici l’un des contractants qui s'écrie : De quoi vous mélez-vous ? le commerce n’est pas votre affaire; l'Eglise même vous le défend par ses CANONS.
Eh bien, tout cela, c'est la fameuse maxime : le prêtre n’est pas fait pour la politique ; il n’a rien à y voir.
Messieurs, cette doctrine est équivalente à celle-ci : Dans l'ordre politique, il ne peut s'émettre aucun principe, ni se faire aucun acte, qui intéresse en quoique ce soit la religion et ses ministres.
Ainsi posée, la maxime est toute jugée :
elle n'a qu’une qualification à recevoir de la part de ceux qui ont la foi et la raison : c'est une absurdité.
J'entrerai cependant dans quelques considérations qui justifieront cette sentence portée contre elle.
On répète donc : la religion n'a rien à
ne ee à en
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voir aux principes et aux faits de l’ordre politique.—Cette proposition est-elle admise ?—Bien.—[l faut en tirer les conséquences, En voici quelques unes.
lère Conséquence. —La société politique ne relève pas de Dieu : elle n'entre point dans les desseins de sa Providence : il n’a pas de loi à lui donner : le pouvoir quelconque qui est appelé à la régir ne tient en aucune façon son autorité de Dieu. Il est vrai qu'il est dit dans l’Ecriture sainte au livre des Proverbes, chapitre 8. Per me reges regnant et lequm conditores justa decernunt ; ‘c’est par moi que les rois règnent et que les législateurs décrètent de justes lois.” Il est vrai aussi que St. Paul a dit en termes explicites : ‘ Il n’est pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu : ” Non est potestas nisi à Deo. Rom. 13. Mais ce sont là des textes surannés dont on expurgera les livres sacrés à une prochaine édition.
2de Conséquence.—La conscience n'a aucun devoir à prescrire dans les relations politiques ; on peut, on doit obéir à la loi par crainte, par intérêt ; mais par une obligation religieuse ou morale dont il y ait à rendre compte à Dieu, et que le prêtre ait à rappeler,—jamais. En vain, l’apôtre a dit: Ceux qui résistent au pouvoir