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méritent la damnation : il faut être soumis non-seulement par crainte, mais à cause de la conscience.” Rom. 13. (C’est encore une erreur de St. Paul, et il ne faut pas souffrir que les prêtres viennent la propager dans la société.
3ème Conséquence. —Le peuple est souverain : il peut changer son gouvernement chaque fois que cela lui plaira. Renverser le pouvoir, c’est pour lui un droit inaliénable.—Mais c’est précisément la 63e proposition condamnée par le Pape. “ I] est permis de refuser l’obéissance aux princes légitimes et même de se révolter contre eux." —Ah ! c’est l’Encyclique qui réprouve cela ; ce document n’a aucune valeur ;
il est à l'index de l’école du progrès ; et le :
ministre de l’Eglise qui aurait la témérité de venir en rappeler les doctrines, devrait être hué, vilipendé per fas et nefas, sur tous les journaux, à qui il est permis de verser toutes les injures possibles sur le prêtre coupable d’une telle lésion des droits de l’ordre politique.
4ème Conséquence.—Il y a inévitablement divers partis dans les questions politiques : naturellement chacun d'eux cherche à faire prévaloir les représentants de ses opinions : pour assurer leur triomphe on emploie : plus ou moins fréquemment le
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mensonge, la calomnie, la corruption, les boissons enivrantes ; on se livre à des rixes quelque fois sanglantes. Maintenant qu'un prêtre s’avise de recommander la paix, la modération, la: prudence, les devoirs de la justice et dela charité ; qu'il ose rappeler que les actes de la vie poiitique, comme tous les autres que l’homme accomplit, doivent être faits de manière à ce qu'ils tournent à la gloire de Dieu, sans quoi ils seraient coupables et passibles des punitions de la justice divine ; qu il se permette de dire à des électeurs : c'est pour vous un devoir dé conscience de ne d nner votre suffrage qu'à celui que devant Dieu vous reconnaissez en être le plus digne, et que vous savez n'être pas ânimé d'intentions hostiles à l Eglise :—Et bien !
il faudra faire à ce prêtre une remontrance eu bonne et due forme, et lui montrer qu'il est dans l'ignorance la plus grossière, lui qui ne sait pas qu'il ya une exception à cette loi générale qu’il enseigne ; c’est que les actes politiques ne sont astreints à aucune obligation de conscience, et qu’ainsi il sort complètement de sa sphère quand il vient prêcher sa morale dans les divisions qui agitent la société.
be “Conséquence. — Voici les assemblées législatives à l’œuvre : elle s'occupent de la
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confection des lois qui doivent régir Ï4 société et pourvoir aux divers intérêts du peuple. Des législateurs proposent que tout rapport entre l'Eglise et l'Etat soit rompu, qu'on netienne pas Compte des fêtes catholiques pour les séances parlementaires ou judiciaires, qu’on ne s'occupe plus des questions d’églises et de presbytères, que la dime soit abolie, qu’on ne fasse pas attention aux intérêts catholiques dans les questions d'éducation, etc : d’autres membres présentent des projets de loi qui blessent les enseignements de la théologie morale ou sont de nature a entraver la liberté. 1
—ÂAlors le clergé se dit : mais il s’agit des intérêts les plus graves pour la religion : nous devons protester, avoir recours à des requêtes, nous adresser aux ministres, user de l'influence que nous pouvons avoir auprès de certains membres du parlement pour empêcher que ces mesures si funestes ne soient adoptées.—Ah ! Messieurs les cléricaux, vous vous égarez : il est bien permis aux individus laïcs, même des rangs infimes de la société, de représenter que leurs droits sont lésés par tel ou tel projet de loi soumis à la législature.
Mais, vous, vous êtes des profanes à l'égard de tout corps politique, Quoi,vous, venir par-
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ler aux ministres,intriguer auprès des membres des deux chambres, surveiller en quel- | que sorte les débats du parlement, faire entendre des réclamations par requête ou autre voie, entraver ainsi la marche des affaires ; mais c'est une extravagance qu’on ne peut tolérer. Quand donc comprendrez-vous qu'une question toute religieuse qu'elle soit, dès lors qu’elle entre par un | côté dans le domaine politique, ne saurait plus vous regarder : elle vous devient étrangère. Retenez donc une bonne fois le grand principe : le prêtre n'est pas fait pour Ja politique ; principe en vertu duquel nous pouvons nullifier complètement votre influence et vous empêcher de défen- | dre vos propres intérêts.
6me Conséquence.—Il est possible que quelques-uns de ceux qui émettent c tte | maxime nous disent: notre doctrine n’enk
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traîne pas nécessairement cette dernière conclusion. Il est permis au prêtre comme aux autres citoyens de réclamer contres des mesures qu'il croit blesser ses droits ou les intérêts de la religion.—Oh !
Ë Messieurs, ne faites pas cette concession ; car elle va amener une bien grosse et terrible conséquence.-—V'oyons.—I] serait permis au clergé d'agir pour empêcher qu'un projet de loi qu'il regarde comme funeste ne
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fut adopté par je Parlement ; il pourrait par le vote de membres dévoués à sa cause rendre sans effets les mesures de ceux qui lui sont hostiles. — Mais, ne lui serait-il pas permis de désirer qu ces législateurs dont les vues lui sont opposées et qui peuvent exercer leur influence sur les chambres par l’éloquence de leur parole ou leur autorité sur le parti auquel ils appartiennent, ne fussent pas en état de renouveler tôt ou tard sous une forme ou sous une autre l’expression de leurs desseins anti cléricaux, c’est-àdire, ne lui serait-il pas permis de désirer qu'ils ne fussent pas au Parlement ? Mais n'est-il pas licite de réaliser, si on le peut, un désir légitime? Si donc le clergé avait un moyen d'empêcher que ceux qu'ils regardent comme les adversaires de la Religion allassent en Chambre, il pourrait s’en servir. Donc......donc......mais,j'hésite.….. quelle conclusion je vais tirer !......donc le clergé pourrait user de son influence pour déterminer en certains cas le résultat des élections.
Ah! j'entends ici une explosion de cris :
—Quoi! un prêtre prendre une part quelconque duns les élections; mais c'est préci-
sément ce qui lui est le plus interdit dans
la politique ? Non, non, jamais.—Périssent plutôt tous les principes desquels on
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tirerait cette conséquence monstrueuse ; périsse la logique qui, par ses arguments, amène contre nous une si déplorable conclusion; périssent tous les droits du clergé, tous les intérêts de la Religion plu tôt que soit entamée de queique côté notre chère doctrine ; le prètre ne doit pas se mêler de politique.
Quand un priä£ine pour se soutenir est obligé d'admettre toutes les conséquences que je viens d'exposer, alors, je lc demande quelle est sa valeur aux yeux de Ja raison?
Et si malheureusement il a pu être plus ou moins répandu, ne faut-il pas déplorer ce fait comme une triste aberration intellectuelle ?
Voici comme je résume mon argumentation :
Les intérêts religieux peuvent en nombre de cas être concernés dans les questions politiques.
Or, le prêtre doit pourvoir à la conservation des intérêts religieux dont la défense lui est confiée.
Donc il est nombre de cas où le prêtre peut et même doit intervenir dans les questions politiques.
Nier la première proposition, serait de la démence; car ce serait contester un fait de l'évidence la plus éclatante.
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Nier la seconde, serait une criante injustice, car ce serait s’opposer à l’exercice d’un devoir sacré.
Nier la troisième, après avoir admis les deux autres,serait un acte de déraison toutà fait ridicule.
La fimeuse maxime est libre d'opter entre ces trois qualifications dont l’une au moins doit nécessairement lui être appliquée.
Maintenant, j'ai hâte de le dire. De ce que le prêtre, pour sauvegarder les intérêts religieux, peut intervenir d’une manière qui lui soit propre dans les questions so iales et politiques, il ne s'ensuit pas qu'il doive en général prendre une part active à ces luttes, à la façon des laïcs : la prudence et les intérêts même qu’il lui faut protéger le lui interdisent. Je n'admets l'intervention dont j'ai parlé que lorsqu'il s’agit plus ou moins directement de la cause religieuse. Et alors elle devient pour lui un devoir dont la négligence engagerait sa responsabilité devant Dieu. A proprement parler, dans les cas dont je parle, la question n’est politique que dans la forme, pour ainsi dire: au fond elle est essentiellement religieuse, et elle entre ainsi de droit rigoureux dans les attributions du clergé. Sans doute, sous le point de vue civil, le prêtre pourrait strictement
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exercer son droit de membre de la société comme les autres citoyens. Mais, saufcertaines circonstances justifiant une conduite différente, mon humble avis est que, lorsque des intérêts religieux et moraux ne sont pas en cause, la non-intervention dans les querelles sociales est pour le prêtre le parti le plus prudent et le plus propre à assurer sa considération personnelle et l'efficacité de son ministère.
Je ferai pourtant observer qu'il est peu de questions de quelque importance où le prêtre n'ait à s'assurer si les principes qu'il est chargé de prêcher et de défendre, ne recevraient pas quelque atteinte. |
Je l’ai déjà énoncé: la Religion est le fondement de l’ordre moral et de l’ordre social. Aussi dans toutes les discussions qui ne sont pas d’un pur intérêt matériel, elle a le droit d'intervenir, de poser là quelqu’un de ses dogmes qui s'y trouvent plus ou moins intéressés, et de dire: Prenez garde d'y porter atteinte. C'est avoir un esprit borné à un bien étroit horizon que de ne pas appercevoir jusqu'où vont les attributions de la foi dans le domaine intellectuel. Pour qualifier les faits, en est forcé de remonter aux principes; et lorsqu'on entre dans la région de ceux-ci, on se trouve forcément sous l'empire de cette autorité
que guide l'Esprit Saint chars‘ d'enseigner toute vérité.— Docebit vos omnem veritatem.
Il y a d’ailleurs des relations si. étroites entre les lois de l’ordre religieux et celles de l’ordre politique, parce que ces lois ont le même auteur divin, et qu’elles sont coordonnées dans le même but final, quoique devant agir par des voies différentes, il y a, dis-je, des relations si étroites entre les lois de ces divers ordres,qu’une atteinte subie par les unes se fait sentir aux autres. Pour tout esprit réfléchi, toute théorie sociale rencontre nécessairement un principe religieux qu'elle doit respecter. Aussi, Donoso Cortès a-t-il pu dire: Toute grande question politique suppose et renferme une grande question théologique.
Aux considérations que j'ai présentées, j'ajouterai que dans l’ordre politique, le clergé en rappelant les lois divines qui régissent la société, s'oppose par là même à une foule de théories fausses, propres à amener les plus grands bouleversements, comme une trop fréquente et trop générale expérience l'a démontré. Sisa voix était toujours entendue, le devoir serait plus respecté, l’honnêteté, l’amour du bien inspireraient les divers actes de ceux qui sont
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appelés aux fonctions gouvernementales et législatives ; je ne vois pas ce que la prospérité de la patrie aurait à y perdre.
Je ne saurais m'expliquer non plus pourquoi des hommes sincèrement amis de leur pays redouteraient tant de voir le clergé prendre part en certaines circonstances aux intérêts de la patrie. (Comme je l'ai déjà dit, une lutte active dans les agitations politiques pourrait ne pas convenir au prêtre ; mais je ne verrais pas pourquoi il ne lui serait pas permis d'émettre son jugement sur certaines questions importantes, dans lesquelles la prospérité nationale se trouve concernée. Rien ne l'empêche de se former sur ces matières une opinion éclairée. Précisément même parce qu’il n’appartiendrait pas à un certain parti, ne serait pas dévoué à certain chef politique, il aurait une vue désintéressée qui lui permettrait de saisir mieux où se trouvent les vrais intérêts du pays, et je ne sais à quel titre on pourrait lui refuser de faire connaître son opinion, dont l'expression pourrait être utile à ses concitoyens.
Il est des adversaires du clergé qui lui font un autre reproche; c’est de manquer de patriotisme, d’être prêt à sacrifier ce qui serait avantageux sous le rapport matériel du pays à ce qu’on supposerait chez lui une
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ambition de caste, ou une disposition à favoriser le despotisme.
Je ne dirai que quelque mots en réponse à cette injuste accusation.
Sans doute le prêtre doit vouloir que l'on préfère les intérêts de l'éternité à ceux du temps,et il aspire à former dans les hommes des citoyens de la patrie du ciel plutôt que de celle de la terre. Toutefois jamais le zèle religieux n’a étouffé chez lui l’amour de son pays; et chaque fois que son concours a été nécessaire pour en défendre les intérêts ou en augmenter la prospérité, on l’a vu partout déployer dans ce but une activité pleine d'énergie. Et pourquoi la religion dont il est le ministre et dont il doit sentir surtoui l'influence, étoufferaitelle en lui l’amour de la patrie? Ce sentiment, n'est-ce pas le créateur qui l’a mis au cœur des peuples, lui, dont les livres sacrés nous disent qu’il a divisé les enfants d’Adam en nations et déterminé leurs limites, qu'il trouve sa gloire à recevoir les hommages des diverses patries des hommes, qu'il en prend pitié dans leurs malheurs, et qu'il guérit leurs maux. C’est parceque la diversité des peuples entre dans les desseins de la Providence que Dieu inspire l’attachement au. sol natal, et qu’il fait même un devoir de le défendre au prix de son sang.