‹ De l'intervention du prêtre dans l'ordre intellectuel et social [microforme]Chapitre 12 sur 18 · PR EE · texte numérisé non relu

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La patrie, quel est le cœur qui ne l'aime ?

Qui ne désirerait voir la gloire et la prospérité régner sur le sol qui nous a vus naître, sur lequel s'écoule notre existence terrestre, où ont vécu ceux que nous avons aimés, qui doit renfermer notre dépouille mortelle, et

ui verra se dérouler les destinées de ceux dont nous aurons été les pères dans l'ordre naturel ou surnaturel ?

Quel cœur serait indifférent à tout cela ?

Eh ! bien, est-ce que ce sentiment n’est pas approuvé par la religion ? Qui aurait à se repentir devant Dieu d’un acte généreux opéré pour son pays ? Qui au contraire ne devrait se réjouir devant sa concience, d’avoir fait cette œuvre comme étant l’accomplissement d’un devoir ?—Non, non; un tel sentiment, la religion ne saurait l’affaiblir ; loin de là, elle l'affermit, le sanctifie en le dirigeant vers Dieu, elle le règle dans ses tendances, et elle veuts’ approprier les actes qu'il produit.

Eh! bien, le prêtre doit se faire un devoir d'entretenir ses compatriotes dans cette affection pour la terre natale et il ne peut s'empêcher de sentir lui-même, sous son in fluence, son cœur battre de fortes pulsations.

Et ce sentiment sera d'autant plus ardent en lui que la caus de la relig on qu'il prèche sera intéressée à la conservation de

l'existence nationale, La patrie, n'est-ce pose nous que la terre même que nous

abitons ? La nôtre ne nous est elle chère que par ses beautés matérielles, par la magnificence des ondes de ce roi Ê rs fleuves qui l’arrose, par ses lacs aux vastes contours, ses rivières aux bprds gracieux, ses montagnes aux cimes esarfées, ses collines aux flancs verdoyants, sés:promontoires si pittoresques, ses plaines" sl, fertiles ?

La patrie, mais n'est-ce pas aussi, et plus encore, l'esprit qui plane sur le sol, la vie dont sont animés ceux qui l'habitent, la langue qu'on y parle. les mœurs qui y do.

minent et surtout.le'éulte qu’on y professe ? la religion est le plus fort ER de la nationalité. ‘Le cœur, a dit Lacordaire, ne fait qu’une seule.éhose de la maison de notre enfance et de l’église.de la paroisse : des champs et du cirhetière,des fêtes religieuses et des joies de la famille, de la prière et de l’amitié; de Dieuvt,de nos parents, chers et purs objets de mas'affections, qui forment les éléments du bonheur de la vie, comme la plante vit de la terre, qui lui donne sa sève et du ciel qui la féconde de son soleil ;” Eh bien ! s’il y a de tels rapports entre la relion et la patrie, celle-ci ne trouverait-elk au cœur du prêtre que de l'indifférence ou de l’hostilité À l'égard de ses intérêts ?

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Aussi, il m'est permis de le dire : qui ignore la part qu'a prise de tous temps le clergé canadien aux intérêts de sa nationalité ?

Voyez: elle vient de naître cette fille de la France. Regardez les” premiers mis sionnaires ; ils veillent sur, Son berceau, la fortifient par l'esprit religieux dont ils la nourrissent, la présérvent quelque fois des invasions des sauvages sur qi ils ont pris de l’ascendant, et étendent ses pragrés par leur pénibles explorations dans Îes contrées les plus lointaines. En même tenips, le clergé séculier prend la part la plüs active à tout ce qui peut contribuer au développement et à la prospérité de la colonie: Vient la conquête: les prêtres n'émigrent pas, eux ; ils se tiennent là sur ce sol où‘ se parle la langue française, où se professe la foi

catholique.

Ils n'ignorent pas qu'ils auront à lutter contre des vainqueurs hostiles à leurs croyances, et qui avaient fait leurs preuves en fait de haîne violente contre tout ce qui relève de l'autorité romaine, Ils se dévouent à tout, et par une sagesse dans laquelle on sent une inspiration particulière de la Providence, ils savent maintenir l'intégrité de la

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