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foi dont ils sont les ministres, ranimer chez les colons un courage que tout était propre à faire perdre, leur prêcher une soumission loyale au nouveau gouvernement. En même temps ils forcent celui-ci de laisser à leur zèle une liberté et une influence dont ils se servent pour le plus ‘grand bien religieux et civil de la colofie tonquise, laquelle, urâce à leurs efforts Join de perdre son nom et son caractère, dévoloipe au contraire sa vie propre avec une vigdeur qui étonne.
Sans doute, la gloire de notre conservation nationale ne doit: à ie rejaillir sur le clergé seul. L'histoire a conservé les noms des citoyens dont le zèle, le dévouement, l’éloquence, ont, su défendre les intérêts les plus chers dé-leur patrie Canadienne; mais qui oserait dite que sans ‘le secours si puissant du clergé, surtout daps les premiers temps qui suivirent la conquête, les descendants de ceux qui succombèrent aux plaines d’Abrghan marqueraient un siècle plus tard, le 861 qu'ils habitent de l'empreinte ineffaçable de leur langue, de leurs mœurs, de leur religion, et conserveraient, sous une domination étrangère, un nom propre et glorieux ?
Le rôle patriotique du clergé canadien se montre avec éclat dans cet éminent èvêque de Québec, une de nos plus grandes
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gloires nationales, Mgr. Plessis. Il a combattu l'esprit révolutionnaire, qui,. importé de France, se faisait jour dans le pays et aurait, 8 il eut triomphé, en faisant perdre la foi, ‘arraché du sol la plus forte racine de notre nationalité ; il anima le courage des défenseurs de la patrie Jors de la guerre américaine, et il trouva: un réponse aux accents de sa parole danSs.'{gs champs immortels de Chateauguayÿ;:eh prêchant a loyauté au gouvernement, äl fui résista dans ses desseins anti-catholiques - avec une fermeté qui le força d'y renoncer ; il obtint que les mêmes honneurs hii fussent conférés qu’au premier dignitairé dé la religion anglicane; par sa fondation du Collége de Nicolet, il contribua à répartre cette haute éducation qui a tant releéÿVé notre race et formé pour la patrie d’habiles et éloquents défenseurs: enfin la divisior qu’il a faite de son vaste diocèse a contribué largement au développement de la religion dans ce pays, et la prospérité nationale ét a subi une influence salutaire.
Eh bien ! nul canadien ne pourrait dire sans provoquer une réclamation générale de ses compatriotes; cet Evêque a eu tort de ne pas se borner à prêcher, à confirmer, à diriger son clergé: son intervention dans les affaires de notre pays a été l’usurpation
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d'une fonction qui lui était étrangère, et l'infiuence qu'il a exercée a été funeste à notre société. Oh! loin de là, la reconnaissance de la patrie est acquise À sa mémoire,et elle le sera à tout Pontife qui saura l’imiter.
Messieurs, eneore un trait concernant la part que le clergé à, prise à des intérêts du pays qui n'étaiént pas exclusivement de l'ordre spirituel. ‘Quelle mesure plus propre à favoriser l’extènsion de notre race et à assurer la conservation de notre nationalité que la colonisation? Eh bien! qui s’est dévoué À à cette œuyre comme le prêtre? Ne se rap . «t-on, pas le manifeste des douze missic: ::res des Cantons de l'Est? Les ri bres du cicrgé n'ont-ils pas été en rapports continuel avec le gouvernement pour en obtenir des mesures propres à faciliter l'établissement des Canadiens Français dans cette partie du pays? Ilsont fait plus ; ils ont accompagné les premiers pionniers de ces terres inexplarées ; ils y ont fixé leur demeure, en partageant la pauvreté et jusqu’à un certain point les travaux des colons ; ils ont été là avec de pénibles sacrifices planter la croix et dresser un autel, pour former un centre d’ agglomération au milieu de ces ferêts auxquelles ne s'ouvraient que les plus difficiles accès. Que diriez-vous maintenant si quelqu'un venait s’écrier : de
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quoi ces prêtres se sont-ils mélés ? la colonisation, les moyens à prendre pour la faire prospérer, les intérêts qu’elle peut servir, cela regarde les citoyens mais non les prêtres ; qu'ils disent la messe et qu'ils confessent, si on les appelie en ces contrées nouvellement défrichrées, à la bonne heure ; mais qu’ils s'abstiennent d'une action quelconque auprès du gonéinement et à l'égard des hommes qu'ils cfoiént plus dévoués que d’autres à l'œuvre de:a colonisation; ce serait encore la monstruosité de l'intervention cléricale dans l'erdre politique et civil ? Messieurs, les faits que j'ai cités ne sont pas de ceux dont je me suis interdit la diseussion, car ils ne sont ‘pas de ceux sur la réalité ou l'appréciation: desquels une question pourrait $ élever. Je n'ai pas eu à les justifier, mais je m'en suis servi comme étant propres à la démonstration de ma thèse. Il en est de même de celui. dont je vais m'occuper. Jene le diseuterai pas: c’est un événement qui appartient à l’histoire de notre pays et qu'i me parait utile de rappeler dans la question présente.
Reportons-nous à une époque assez récente et qui sera célèbre dans nos annass, je veux dire au mouvement insurrectionnel de 1837 et 1838. Certes, le clergé n’ignorait pas les justes griefs dont on se plaignait.
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5H) et il n'aurait eu aucune difficulté à en demander le redressement avec ses compatriotes, si bientôt il n’eût aperçu pour ré-ultat des demandes faites par un certain nombre d’entre eux, les voies de la violence, la résistance armée äu gouvernement, et l’effusion du sang sur le sol de notre chère patrie. La voix des Pontifes s’éleva. Elle rappela les enseignements de l’apôtre et les bulles dogmatiques des Papes, et elle dit:
le moyen que:véhé voulez prendre n’est pas permis, et d’ailleurs il ne peut que vous être funeste. La “jucstion politique était alors sur ce point évidemment religieuse, et par conséquent du ressort de l'autorité ecclésiastique. La parole des évêques et ces prêtres ne fut pas écoutée dans une certaine partie de la popälation : ou dit au clergé qu’il était l'organe asservi du dispotisme et de la tyrannie : on appela de la décision sacerdotale au jugement meurtrier du fusil:
celui-ci rendit à sentence contre nous.
Quel est le citoyen de St. Hyacinthe, vivant alors, qui ne se rappelle la lugubre scène du 25 novembre, jour du combat de St. Charles ? Cette fois, Ste. Catherine, dont c'était la solennité, ne fut pas fêtée par ces réjouissances profanes, qui sont en si grand contraste avec le martyre qu’elle subit à pareil jour. Les pieds ne se mirent
pas à danser ; ils prirent la fuite, vers les bois ou des résidences éloignées.. La plus sombre terreur régnait partout : on s'attendait à voir les troupes victorieuses venir assouvir une vengeance cruelle : la plupart des citoyens quittèrent leur demeure ; St.
Hyacinthe fut presque, désert pendant cette nuit ; l'anxiété “là. plus vive agitait les cœurs et il est peu âe paupières qui sc soient closes aux heures.o#dinaires du sommeil. Nous en fûmes quittes pour la peur.
Mais nous avons pu voir la lueur des incendies qui dévoraignt’, de magnifi jues propriétés dans les belles paroisses que baigne le Richelieu ; un spectacle plus navrant s'offrit aux regardé de ceux qui visitèrent le champ dé‘bataille : c'était les cadavres mutilés de nombre de nos compatriotes. Dans une autre partie du pays, les désastres furent bien plus grands encore. St. Eustache et St: Benoit en conservent le souvenir én frémissant : puis vinrent l'exil, la confiscation, et l’année suivante les échafauds se dressèrent, et nous tous, qui vivions dans ces jours néfastes, nous avons pleuré amèrement sur huit de nos compatriotes qu'une cruelle et ignominieuse potence faisait périr. En même temps, les prisons étaient encombrées d’accusés : les ennemis acharnés du
nom Canadien voulaient sévir contre eux ; ils demandaient le gibet pour d'autres victimes ; la confiscation et la déportation devaient s’opérer sur une grande échelle
Alors il y eut une intervention qui diminua considérablement ces rigueurs, De toutes parts le clergé cria : grâce : ona pu voir les antichambres de celui qui gouvernait alors le pays avec la loi martiale, assiégées de nombre de curés venant s’intéresser au sort de leurs paroissiens ; c'était au prêtre que la voix suppliante des parents, des amis des accusés s’adressait sans cesse pour lui demander d'intervenir en faveur de ceux qui leur étaient chers : aucun membre du clergé ne se montra insensible à ces accents : et d'ailleurs, il sentait que son ministère même lui faisait un devoir de subvenir, autant que possible, à l’infortune de ceux qui étaient confiés à ses soins. Le prêtre parla donc à l'autorité en faveur des insurgés : son intercession eut un résultat favorable à l’égard d’un grand nombre d'entre eux. Nul doute que l'intervention du clergé pour empêcher 12 mouvement insurrectionnel n'ait été pour beaucoup dans l'efficacité de son action auprès du gouvernement en faveur de ceux qui y avaient pris part. Qu'il me soit permis de dire que si l’on eut re-
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