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connu son droit d'intervention dans le premier cas, les malheurs publics qui l'ont fait intervenir dans le second n'auraient pas désolé la patrie ; et j'ajoute que je ne comprends pas que s’il est louable de travailler à réparer un désastre, il ne le serait pas de faire ses efforts pour ‘empêcher qu'il n'eut lieu.
Par les diverses considérations que j'ai présentées, je crois avoir établi que chaque fois que dans l’ordre intellectuel et social, un intérêt religieux ou moral se trouve engagé, c’est un devoir pour le prêtre d’intervenir par tous les moyens en son pouvoir pour ne pas laisser prévaloir une erreur dont les conséquences seraient néces-
sairement funestes, et pour empêcher des
actes dont le dernier résultat serait inévitablement un malheur.—Tout ce qui blesse la vérité, tout ce qui s'opère contrairement au devoir, ne saurait en aucun cas être avantageux à la société ; l’assertion opposée serait blasphématoire, car elle tendrait à dire que les révélations et ies lois divines ne sont pas ce qui, en toute circonstance, doit produire le bien pour les hommes.
Sans doute on n'oserait jamais énoncer formellement un tel principe : mais par les
doctrines que l’on prêche et les actes que l'on accomplit, on brise l'alliance qui existe entre le vrai et le bien.
Eh ! bien, c’est le devoir du prêtre de maintenir cette alliance, bâse nécessaire de l’ordre social. Sans cesse il doit élever la voix pour la rappeler aux hommes. Qu'on le sache ; là où le ministre de la religion se tait, bientôt l'erreur parle, et elle a dans les passions humaines un axiliaire qui ne tarde pas à assurer son empire.—Mais l'erreur, c’est tôt ou tard nécessairement, le trouble, le désordre ; l'erreur, c’est le mal. Aussi le mal en quelque ordre que ce soit a-t-il horreur de la vérité.—C'est la vérité suprême elle-même qui l’a dit : Qui male agit odit lucem ut non arquantur opera ejus [Jean 3. 20 ] ‘“ Celui qui fait le mal haït la lumière, il craint que ses œuvres étant connues ne soient blâmées.” Mais la lumière n’est autre chose que la vérité : celle-ci n'étant elle-même que le rayonnement de la splendeur divine. - Il a été dit au prêtre : Vos estis Lux mundi :
“ Vous êtes la lumière du monde ” et le divin docteur a ajouté : Meque accendunt lucernam ut ponent eam sub modio, sed super candelabrum. (Math. 5. 14. 17.) — ‘ On ne met pas la lumière sous le boisseau, mais sur le chandelier afin qu'elle
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éclaire partout.’—Le prêtre doit faire briller la vérité en tout lieu par ses enseignemennts. Il est l'organe de ja loi de Dieu ; il est chargé de maintenir l’ordre.— Or c’est là la raison de la conspiration formée contre lui pour exclure sa parole de la société. —On ne veut pas de la loi ; on veut la liberté, la liberté de penser, la liberté de dire, la liberté de faire, et la liberté de faire agir les autres selon ses désirs et sans contestation.—Pour cela il faut repousser l’ordre surnaturel, que le prêtre rappelle sans cesse. De là une aversion contre l’organe du dogme et de la morale chrétienne. Sa parole est une lumière qui éclaire sur des devoirs que l’on veut méconnaître : elle est une protesta.
tion contre des erreurs que l’on cherche à répandre : elle est une censure contre des actes que l’on accomplit : elle est une force donnée à la conscience que l’on tente d’étouffer : ele maintient dans la société une opinion publique dont on redoute l’effet.— On à honte devant le prêtre, représentant de Dieu, de l’ordre, de la vérité, de la morale : voilà pourquoi il faut l’éloigner à tout prix. Il fautredire qu’il est un intrus dans la société, qu'il n’a pas le droit d’y élever Ja voix, d'y exprimer son opinion, et encore moins d'y réclamer l’adhé-
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