CHAPITRE IV
PROCEÉDÉS OPÉRATOIRES
Ici, comme précédemment, nous distinguerons entre les fractures récentes et les fractures anciénnes. Disons de suite, d'ailleurs, que nous ne nous efforcerons pas d'indiquer une technique opératoire : choix du siège et de la longueur de l’incision, de l’instrumentation sont relatifs à chaque intervention. Tout cas particulier crée des indications spéciales. Le chirurgien s'en inspirera et demeure toujours libre de sa technique. Nous. n'aurons donc en vue que l'exposé du principe de chaque méthode.
A) FRACTURES RÉCENTES. — Le traitement consiste ici, quand toute tentative de réduction non sanglante a échoué, soit dans la reposition sanglante simple, soit dans la reposition avec fixation des fragments, soit plus rarement dans l’ablation des fragments. |
1° Repositions sanglantes simples. — Dans ce procédé, le chirurgien abordant par une incision appropriée le foyer de fracture agit directement sur les fragments pour corriger leur orientation vicieuse et leur déplacement, et assurer une coaptation exacte des surfaces de fracture. Cette opération suffit dans un très grand nombre de cas, parmi lesquels nous citerons les fractures sus-condyliennes irréductibles, par engrènement, par interposition musculaire ou pour toute autre cause, et les fractures du condyle externe irréductibles par rotation du fragment. Lorsqu'elle est possible, c'est en général un procédé simple. Il suffit d'aborder le fragment aussi directement que
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possible, de lui donner l'orientation qui convient et de lui faire reprendre sa situation première, pendant qu'un aide fait des tractions pour permettre la réduction. Tout se passe en somme comme dans la réduction non sanglante, avec cette différence toutefois que lorsqu'on voit les lésions on peut corriger les déplacements et triompher des obstacles qui font les irréductibilités. On peut être amené au cours de cette intervention à réséquer la pointe trop menaçante d’un fragment diaphysaire buméral, à modifier légèrement la forme des fragments pour assurer une meilleure coaptation (évidement'partiel du fragment
‘inférieur pour lui permettre de recevoir le fragment diaphysaire).
Ce sont les « résections modelantes simples » dont la thèse de Mouchet fournit quelques exemples ei qui furent pratiquées dans & de nos observations (Obs. IX; X, XII, XV). Broca et Mouchet l'ont pratiquée daus 2 cas de sus-condyliennes, pour lesquelles ils ont pu obtenir une réduction presque parfaite en amenant le fragment inférieur au contact du fragment diaphysaire. Dans plusieurs observations Kocher a pratiqué la reposition sanglante simple. Enfin Chazal, dans sa thèse, en cite également deux cas ayant donné de bons résultats. Ce procédé presque toujours insuffisant chez l'adulte donne généralement de bons résultats chez l'enfant, aussi pensons-nous qu'il est le procédé de choix toutes les fois qu'il est possible. Dans le cas contraire, on aura recours à la reposition avec fixation des fragments.
2° Reposition avec fixation des fragments. — Dans cette opération on procède comme précédemment: mais après avoir mis les fragments en bonne place, on cherche à les maintenir en contact par des procédés divers: suture osseuse, clous, vis, chevilles, agrafes, etc.
Ce procédé est des plus utilisés chez l'adulte, en particulier par Lambotte et en France par Tuflier. Chez l'enfant il a été employé par Kocher, Gaudier, Lambotte, Guyot, Denucé, Princeteau, Rocher, elc., ete. Les excellents résultats qu'il a donnés chez l'adulte pourraient faire penser qu'on doiye lui accorder la préférence quand il s’agit des fractures de l'enfant.