CONDITIONS GÉNÉRALES DU TRAITEMENT
C'es une décision toujours grave que prend le chirurgien quand il décide de porter le bistouri sur une fracture fermée. De nombreuses conditions, peuvent modifier défavorablement . les résultats et les succès qu’on peut obtenir par l'intervention sanglante ne dépendent pas seulement de la fracture elle-même, mais surtout des soins que le chirurgien apporte au traitement.
La première condition, la plus indispensable, est l’asepsie la plus rigoureuse. Elle est de telle évidence que nous y insisterons peu. Chacun sait à l'heure actuelle que l'ouverture d'une articulation et d’un foyer de fracture expose plus à l'infection que que toute autre opération: elle est plus difficile qu'une laparotomie. Le péritoine a peut-être une susceptibilité aussi grande, mais il a des moyens de défense que ne possèdent pas les tissus contusionnés et les synoviales ouvertes. Ces interventions n'appartiennent qu'aux chirurgiens sûrs de leur asepsie.
Une seconde condition est la rapidité dans l'exécution. On doit avant tout n'entreprendre le traitement qu'avec un diagnostic très complet, en connaissant à l'avance, autant que le permet l'examen du cliché, les lésions anatomiques que l'on rencontrera. Il est indispensable, en effet, d'aller vite et, une fois l'articulation ouverte, de réduire au minimum les explorations. Lorsqu'on peut aller droit au fragment, le replacer ou l'enlever suivant le cas sans avoir touché aux parties voisines, on est en droit d'espérer un bon résultat. Toutes ces considérations semblent se résumer dans cette phrase de Lambotte : « Ce qui fait DADCSE d'infection, ce sont les opérations mal conduites où le
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chirurgien n'est pas sûr de sa technique, tâtonne et infecte longuement tous les recoins dela plaie avec les doigts. »
Nous signalerons à ce sujet les services que peut rendre en chirurgie osseuse la méthode d'aspiration. L'opérateur, en effet, est gêné, surtout lorsque la lésion est étendue et profonde, par ia pluie sanguine qui s’accumule au fond de la plaie. L'hémorragie pourrait être évitée par l'application de la bande hémostatique, mais celle-ci, sans vouloir parler ici des très rares accidents de paralysie qu'on lui a reprochés (Mondin, Thèse de Bordeaux, 1912-1913 : Paralysies du membre supérieur consécutives à l'application de la bande d'Esmarch), a l'inconvénient d'être parfois suivie d’une abondante hémorragie en nappe, ainsi que le signale M. le Professeur agrégé Rocher dans la Presse médicale du 27 décembre 1919. Au lieu de retirer au moyen de compresses, dont le va-et-vient incessant est toujours gênant pour l'opérateur, le sang et les débris s’accumulant sans cesse sous la curette et le ciseau, l'emploi de l'aspirateur permettant au chirurgien de voir clair, partant d'aller vite, réduira d'autant les dangers d'infection.
La date plus ou moins éloignée du traumatisme a aussi son importance. L'intervention une fois décidée doit toujours être précoce; dès que les phénomènes de contusion et d’hémorragie se sont dissipés. En intervenant ainsi de bonne heure, dansles jours qui suivent la fracture, le chirurgien trouve sous son bistouri des tissus dilacérés, infiltrés par un épanchement sanguin, une capsule déchirée et les fragments en position anormale. Les lésions anatomiques sont ici telles que les a faites le traumatisme. Elles sont simples en ce sens qu'aucune ossification périos- lique n’est venue se surajouter. C’est la période de la fracture « encore Chaude » où les fragments restent libres et où la réduction doit se pratiquer, C'est aussi celle où il convient d'intervenir si cette réduction ne peut être obtenue.
En effet, la consolidation des fractures chez l'enfant est précoce et s'achève rapidement. Après cinq ou six jours le cal commence à se développer ; d’abord fibreux il est peu à peu pénétré par des travées d’ossification. Au huitième ou au