‹ De l'Intoxication des Bovins par l'AlcoolChapitre 4 sur 13 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Notre littérature professionnelle est très pauvre en ce qui concerne l’intoxication du bétail par l’alcool.

« Lorsque l’homme fait la bête, constate Hallion, cela ne lui réussit généralement pas, lorsque la bête fait l’homme, elle n’en retire également que peu d'avantages. » Et il a observé un certain nombre d'animaux toxicomanes, tels ces chiens que leur maitre appelait souvent à partager ses libations de bière et qui se grisaient aussi bien que lui.

« La littérature scientifique et la littérature tout « court sont fertiles en récit de ce genre, mais «ils n'ont sans doute pas tous le même souci « d'observation précise et d'authenticité, aussi ne « pouvons-nous leur accorder & priori la valeur d’une « observation scientifique rigoureuse. Il semble « cependant que des histoires telles que celles de « l’âne d'Emile Zola, dans La Terre,qui est ivre à se « rouler par terre, après avoir vidé un baquet plein « de vin de pressoir, soient des faits authentiques » (D' R. Jeudon).

LMD

Des recherches sur les propriétés de l'alcool, et accessoirement sur sa toxicité ont été faites dans le passé, notamment par Vitet et Hertwig. Ce dernier auteur a constaté que les grands ruminants supportent plus facilement l'alcool! que les solipèdes, en les plaçant dans les mêmes conditions que ces derniers. Une dose de 350 gr. à 500 gr. d’eau-de-vie à 33° enivre les bêtes bovines sans les faire mourir.

Il est même remarquable que ce soit le seul document un peu précis quenous possédions sur la sensibilité du bœuf à l'égard de l'alcool, et la plupart des auteurs l’ont reproduit jusqu'à nos jours (Clément, Tabourin, Stourbe).

Parmi nos classiques, Zundel dit peu de chose de l'intoxication par l'alcool, et rien de particulier concernant les grands ruminants. |

Friedberger et Frôhner, Stourbe, ne font que signaler la possibilité d'accidents chez ces animaux.

D’autres auteurs ne font pas la moindre allusion à cet empoisonnement.

Il est juste de remarquer qu’un tout petit nombre d'observations ont été publiées par ies praticiens.

Leduc en a rapporté un cas à la Société de Médecine vétérinaire pratique en 41912, Le diagnostic ne fut fait qu’à l’autopsie après abatage de la bête.

Kreutzer (1909) a constaté des accidents de même nature, mais apparus à la suite de l'absorption de 2 litres d’eau-de-vie de grains, administrés par le propriétaire dans un but thérapeutique. A côté de

ces empoisonnements qui, sans le moindre doute,

doivent être rapportés à l’action de l’alcoo!l, ilen est d’autres qui reconnaissent probablement la même cause, mais sont cependant apparus dans des cir- Constances un peu différentes, nous voulons parler des troubles qui ont été parfois observés à la suite de l'ingestion d’une certaine quantité de pommes à cidre ou marc de pommes fermentées.

Toute une série d’accidents survenus dans ces conditions ont été publiés par Bedel (1897).

D'après cet auteur, il faudrait les rapporter à l’action de l’alcool. Dans les pommes très mûres et même en partie pourries en apparence, comme on les laisse devenir en Normandie, et dans la Thiérache avant de faire le cidre, la fermentation alcoolique aurait déjà commencé, et elle se continuerait dans le rumen.

Ces troubles ont été constatés assez souvent dans les régions où l’on cultive le pommier et Bercoff a pu les observer en série chez les bêtes bovines à la prairie. Ils apparaissent dans les mois de septembre à octobre à la suite d’un orage ayant provoqué la chute des fruits. D’après un praticien,le froid aurait une action favorisante dans l'apparition des symptômes de paraplégie.

Pour notre part, nous avons eu l'occasion d’observer quelques indigestions soit de pommes ramassées et en tas dans les cours de fermes (une bête ayant échappé à la surveillance pendant l’abreuvement), soit de « zaines » de pommes (pommes écra-

sées et ayant été passées au pressoir) dont les her-

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