PQ) LS
miné sont augmentées ; en un mot les combustions sont augmentées.
Ces signes d’excitation disparaissent assez vite quand une nouvelle dose d'alcool n’est pas administrée.
Lorsqu'il ÿ a absorption de quantité plus considérable, on observe alors des signes d'intoxication qui se divisent en deux parties : période d’exaltation qui n’est que l’exagération des signes déjà décrits, période de coma. Pendant l’exaltation, on peut observer en dehors de Ja suractivité des grandes fonctions : des mouvements désordonnés, de l'agitation ; des coliques, des accès de fureur, de l'hypersensibilité.
La marche est parfois automatique et irrésistible. On peut noter des mouvements convulsifs et des cris chez le chien.
A ces phénomènes plus ou moins fugaces suivant la dose ingérée, et la sensibilité particulière à chaqueindividu succèdent des signes de dépression : tête basse, démarche chancelante, titubante, la pupille se dilate, la vision de ce fait paraît troublée, l’animal se heurte aux obstacles.
La sensibilité s’émousse de plus en plus. Les carnivores et les omnivores ont des nausées. La faiblesse musculaire s’exagère rapidement et bientôt l'animal doit rester en décubitus.
Dans cette fonction l’animal se livre à des mouvements désordonnés auxquels succèdent un coma profond avec anesthésie générale plus ou moins
accentuée.
Me
Pendant cette phase, le pouls et la respiration accélérés pendant la période d’excitation se ralentissent beaucoup ; la température rectale s’abaisse, tandis que la température de la peau s’augmente. Il semble que pendant l'ivresse le sang se porte surtout vers la peau qui se couvre de sueur.
L’abaissement de la température rectale s'explique encore par le ralentissement du mouvement de dénutrition, la diminution des oxydations ; en effet il ÿ aun affaiblissement de l’exhalation de l'acide carbonique et de l’excrétion de l’urée.
Pendant l'ivresse, les animaux se refroidissent facilement (Kauffman).
Le sommeil narcotique de la période de coma peut durer trois, six, douze heures et même se terminer par la mort.
Enfin à doses plus exagérées ou par injection intra-veineuse de l’alcool, on observe à peine la période d’excitation. Les animaux sont pris subitement de vertiges, de nausées. La station debout devient impossible, des mouvements convulsifs apparaissent et précèdent la paralysie. La respiration devient stertoreuse puis impossible et les animaux meurent asphyxiés.
On a longtemps discuté sur le mécanisme par lequel se fait sentir l'alcool sur l'organisme.
«Les uns se fondant principalement sur la rapidité de son développement l’attribuaient exclusivement à l’action sympathique des nerfs de la partie qui avait reçu la première impression du médica-
ment, sur les centres nerveux d’abord, sur les grandes fonctions ensuite ; d’autres, au contraire, l’expliquaient exclusivement par le passage dans le sang de la plus grande partie des liquides alcooliques ingérés ; enfin, quelques autres prenant une sorte de moyen terne se rendaient compte des effets généraux de ces médicaments, et par la transmission nerveuse et par l'absorption et le mélange de leurs molécules avec le sang » (Tabourin).
Que devient l'alcool dans l'organisme ?
Pour les uns : « entrainé dans le sang, il se fixe et s’'accumule d'abord dans divers organes parenchymateux, l’encéphale, le foie, les muscles, puis il esten partie oxydé et transformé en aldéhyde, acide acétique, acide oxalique, acide carbonique et eau : une petite quantité échappe cependant à l'oxydation et s'élimine en nature par le poumon, le rein et parfois par les mamelles. Cette élimination en nature de l’alcool augmente avec la dose administrée. L'alcool administré peut passer du sang de la mère à celui des petits à travers le placenta » (Kauffmann).
Malheureusement pour cette opinion, on n’a pas encore décelé dans l'organisme la présence de ces produits d’oxydation de l'alcool. On répond à cette objection en disant que les produits d’oxydation acides, rencontrant dans le sang ou les tissus des bases (sels de soude) se combinent avec elles et forment alors des sels (acétates,oxalates) qui, s’oxydant à leur tour se transforment en bicarbonates.
Pour les autres, l’alcool ne brüle pas, car alors il M. Godet 2
AUS ee
élèverait la température au lieu de l’abaisser, et si on ne le trouve pas en entier dans les sécrétions, c'est qu'il s'emmagasine dans certains organes. En éflet, l'alcool se fixe dans les tissus. Le cérveau est celui qui en est le plus avide et dont on retire le plus par la distillation ; puis viennent le foie, les poumons, les reins, les muscles. Si l'alcool reste dans l'organisme il n’est pas étonnant qu'il ne s’élimine pas en entier.
Jaillet (thèse de Paris, 1884) nous paraît avoir résolu la question.
Il conclut de ses nombreuses expériences :
10 Qu'une partie de l’alcool ingéré s’oxyde dans l'organisme car il a trouvé de l’acide acétique dans le sang ;
2 Que l’autre partie s’élimine en nature.
Le rapport qui existe entre ses deux parties est celui-ci : plus la quantité d’alcool ingéré est forte, moins ils’en brûle et plus il s’en élimine en nature (Berlioz).
Toxicologie.
L'action de l’alcool, avons-nous dit, est variable suivant la dose ingérée. À ce propos, il est utile de remarquer avec Tabourin que «les liqueurs fermentées constituant pour les animaux domestiques une boisson tout à fait exceptionnelle, ils doivent en ressentir aussi vivement les effets que les personnes qui ne sont pas habituées à leur emploi journalier.
Il suffit donc de l'introduction d’une dose très
modérée de liquides spiritueux dans le tube digestif des divers animaux pour déterminer, indépendamment d’une excitation locale, une stimulation générale plus ou moins intense dans tout l’organisme. »
En dehors de cette sensibilité qui existe pour tous nos animaux, il y a quelques particularités importantes relatives à chaque espèce.
D'après les expériences d'Hertwig, 250 gr. d’alcool absolu peuvent déterminer la mort des chevaux. En injection intra-veineuse 32 à 60 gr. suffisent à amener le même résultat.
Il y aurait d’après cet auteur,coagulation du sang et de ce fait arrêt instantané de la circulation (?).
Les grands ruminants d’après le même auteur avec 350gr. à 500 gr. de trois-six administrés par voie digestive, manifesteraient des signes d'ivresse non suivie de mort.
Les expériences de Vitet et d'Hertwig montrent que les petits ruminants peuvent ingérer sans accidents de 200 à 325 gr. d’eau-de-vie ordinaire par jour. Enfin Orfilla a démontré que 24 gr. d’alcool absolu dans le tube digestif, avec ligature de l’œsophage et 30 à 40 gr. dans le tissu conjonctif amènent instantanément la mort des chiens.
De même Hertwig s’est assuré que 13 gr. à 24 or. d'alcool absolu ne produisaient pas l'ivresse chez les chiens dont l'œsophage n'avait pas été ligaturé, une partie se trouvant rejetée par vomissements ; également 32 à 64 gr. déterminent promptement la
mort ; enfin 4 à 6 gr.en injection intra-veineuse produisent le même effet (Clément, Tabourin).
Sous le rapport de leur sensibilité à l'égard de l'alcool on peut donc classer les animaux de la façon suivante.
Grands et petits ruminants :
Cheval ; Chien.
De façon plus précise Kauffman donne le tableau suivant des doses toxiques d’alcool pur pour nos principales espèces domestiques.
Cheval... ve met 200 pr.
Grands ruminants. . . . 350 à 500 gr.
Chien: F0 RERO RC OMEr.
Chats OUR NES (Riot
Tout ce que nous venons de dire se rapporte exclusivement à l’alcool éthylique, mais il est bien évident que, dans bien des circonstances, il n’est pas le seul composé qu'il faille incriminer. C’estainsi que dans un alcool industrielon peut trouver des alcools méthylique, propylique, butyrique, amylique.
Tous ces produits sont toxiques à un degré variable.
D’après Dujardin-Beaumetz et Andigé, pour le
chien les doses toxiques par kilo sont les suivantes :
200 ; RUES Alcoel méthylique
S420 — éthylique . Ë 8 gr.
Alcools prophyliques. , . . . 3gr.go — butyriques 2 gr.
— amyliques. I gr. 70.
Ces doses injectées sous la peau amènent la mort entre vingt-quatre et trente-six heures (Stourbe).