OBSERVATION I
(Communiquée par M. Yulpian), — Accidents saturi}iDS divers.
Chapelle, Julien, 38 ans, peintre en bâtiments, entré le 12 janvier 1870, salle Saint-Raphaël, service de M. Vulpian, sorti le 6 avril 1870.
Le spjet n'a pas fait de mfiladies antéi'ieures graves. Il dit avoir été somnambule dans son enfance. Il dit également qu'il a bu beaucoup d'alcool, et qu'il est sujet à des pituites tous les matins. Il a éprouvé les premiers accidents saturnins à une époque assez éloignée, — cinq ou six ans. • — Il y a trois ans, il est entré dans le service do M. le professeur Behier pour un rhumatisrne articulaire aigu. Il rapporte qu'on lui a dit qu'il n'avait pas d'affection cardiaque. Six mois après être sorti guéri de ce service, il est entré à la Charité, dans le service de M. Pelletan, pour une affection aiguë du cœur qui a déterminé l'application de vésicatoires. Les accidents saturnins antérieurs à ceux d'aujourd'hui consistaient surtout en coliques de plomb, qui ont été soignées dans ce même service de la Charité, d'abord, puis, l'année dernière, chez M. Besnier, à Saint-Antoine, Le sujet dit qu'on lui a donné de l'iodure de potassium. Enfin, dans le service de M. Vigla, à l'Hô^el-Dieu, il aurait fait un séjour de trois mois pour des coliques de plomb accompagnées de paralysie. Quoique ce fait soit plus récent que les autres, le sujet semble en avoir conservé un souvenir moins net. Il se rappelle que ses jambes, sa face ont été enflées; il ne peut dire le mode et le début du gonflement. De plus, il serait tombé plusieurs fois sur la tête et aurait perdu connaissance.
Il est malade depuis huit jours. Il a été pris, au début, d'une céphalalgie violente qui ne s'est pas encore amendée.
11 est sujet depuis quelque temps à des épistaxis abondantes. Il n'a pas eu de flèvre, de frissons. Il ne présente pas de troubles des fonctions digestives. Il tousse depuis quelque temps sans expectoration particulière. Il y a huit jours, il est tombé sans connaissance. Comme dans les attaques antérieures, il ne s'est pas mordu la langue.
Les poumons ne présentent rien de particulier. Le cœur fait entendre à l'auscultation un bruit de souffle très-fort, limité à la pointe. A la base, on entend un bruit de cliquetis qui est attribué à des frottements péricardiques. Le pouls est régulier. La rate a un volume un peu plus considérable que normalement. L'urine ne présente ni sucre, ni albumine.
17 janvier. — Le malade se plaint de démangeaisons, surtout à la cuisse.
29 janvier. — Il s'est dévelop])é, ;l la partie externe de la cuisse droite, un phlegmon peu étendu. — Cataplasmes.
\ '6 février. — Prescription d'iodure de potassium en potions. Le sujet sort, paraissant guéri.