OBSERVATION X (INÉDITE
(Communiquée par MM. les D" Ch. Facuer, de Périgueux, et LAPERvENCHE, de Ribérac)
Il s’agit d’un petit garçon de sept à huit ans, qui pour jouer:au bouchon avait aplati à coups de marteau une balle d’épervier en plomb et l'avait transformée en une plaque arrondie, de diamètre un peu inférieur à une pièce de 10 centimes. Il avala l'objet en question et on essaya sans suecès de la lui faire rendre par l'intestin (purée de pommes de terre, puis huile de ricin). L'enfant s’anémia, souffrit de son estomac, s’'amaigrit très notablement. Il fut amené à la consultation du docteur Faguet vers le quarante-deuxième jour. La céphalée était intense. Le liséré gingival existait-il ? Le docteur Faguet ne peut l’affirmer, mais il le croit.
Pas de paralysie des extenseurs. Mais ce qu'il y a de certain, c’est qu'il présentait l'aspect pâle et décoloré des saturnins. On mit les symptômes obscurs sur le compte de l’intoxication saturnine.
On dirigea le malade en hâte sur Périgueux pour le radiographier. Cette séance de radiographie fut très fatigante pour le petit malade. On le laissa couché pendant vingt-quatre heures chez lui, où il avait été transporté dans un piteux état.
On constata que le corps étranger était dans l'estomac, à gauche, sur
la paroi inférieure.
Laf. 3
L'opération fut faite le lendemain par le docteur Lapervenche, qui était son médecin habituel. Le docteur Faguet y assistait comme aide. Cette gastrostomie et ablation de corps étranger avait lieu le quarantecinquième jour après l’ingestion du palet de plomb.
Aucune particularité opératoire à signaler.
Les suites opératoires paraissaient devoir être normales : il n’y eut pas de réaction péritonéale, mais lencéphalopathie augmenta, et le malade mourut le troisième jour, avec tous les signes d'une méningite.
Cette rapidité dans l’aggravation des accidents ne permit pas de faire examiner les urines et les garde-robes, pour savoir si elles conte-
naient du plomb.
Remarques générales