DEUXIÈME PARTIE
Intoxication par les projectiles en plomb
Le plomb qui constituait les anciennes balles des fusils de guerre et qui constitue encore les grains du plomb de chasse, les balles de plusieurs types d'obus et le noyau des balles cuirassées des armes à feu portatives est du plomb durci grâce à une assez faible proportion d'un métal dense; ordinairement, c'est avec 5 à 10 pour 100 d’étain ou bien 5 à 10 pour 100 d’antimoine. Or ce plomb durei a produit des accidents d’intoxication par rétention dans les tissus. Il est certain que des cas de ce genre de saturnisme sont exceptionnels, mais il n'en est cependant pas moins réel, puisque les phénomènes n'ont cédé, comme le prouvent certaines observations, qu'après l'extraction du corps étranger.
Le fait est intéressant à connaitre, car sa méconnaissance peut entrainer de graves conséquences, tandis que le pronostic sera d'autant plus favorable qu'on aura réussi à enlever le plomb plus tôt. |
Le diagnostic est quelquefois très difficile à établir et en rend la discussion très ardue; il y a, en effet, dans l'apparition des symptômes, une apparente irrégularité capable de dérouter les esprits les plus expérimentés. Elle peut être très précoce, se manifester un mois, quelques semaines après l'accident; ou bien très tardive, après une longue période latente, de dix-huit ans dans un cas.
D'autre part, toute une charge de plomb peut rester impunément dans la profondeur des tissus pendant plusieurs dizaines