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d'années ou toute la vie sans créer de réels dommages. C'est un fait connu depuis longtemps par tout le monde. D'autres fois, au contraire, une quantité insignifiante (1 gr. 6) produit au bout de peu de temps une intoxication très grave.
Les signes cliniques ne sont pas d'emblée éclatants. Ils évoluent insidieusement. Bien souvent, l’intoxication saturnine étant doublée d’une autre maladie à symptômes analogues, par exemple : l'alcoolisme et le tabagisme; ce sont ces derniers qu’on rendra volontiers responsables d'une affection pulmonaire, d'une entéralgie douloureuse, de malaises gastriques, d’un tremblement, de névralgies, d’une néphrite, etc., etc., qui, en réalité, relèvent surtout du saturnisme.
On le voit, il y a là de grandes variations individuelles. Aussi, au point de vue pratique, en cas de phénomènes attribuables à une intoxication saturnine chez un individu autrefois victime d’un coup de feu, devra-t-on se livrer à une enquête minutieuse complète avant d’accuser le plomb.
En un mot, chaque cas revêt une physionomie particulière. En raison de cette grande variété de symptômes, chacune des observations que nous avons pu recueillir doit être étudiée en particulier. Nous pourrons alors en dégager des réflexions générales qui se déduiront de la comparaison et des analogies que ces quelques observations pourront présenter entre elles.
Et d’abord voici deux observations de Pluskal qui sont d'autant plus intéressantes qu'elles viennent à l'appui de ce que nous venons de dire à propos du peu de netteté et de l’'hésitation que peut faire naître dans l'esprit du médecin ce genre de manifestation. |
OBsERvATION Ï (PLuskar, Oestr. med. Wochenschrift, A893, n° 19)
Pluskal raconte deux cas d’empoisonnement par les grains de plomb. Un jeune homme robuste de dix-sept ans reçoit un coup de feu, à la chasse, dans la fesse gauche. Dans la charge, en outre de la bourre et
de 80 petits plombs (pour pigeons), une dizaine de gros plombs (pour
DU Ma lièvres), quelques débris vestimentaires et plusieurs particules d'un gobelet qui se trouvait dans la poche de l'habit.
On enleva des corps étrangers, tout ce qui put être atteint, particulièrement les débris vestimentaires et les morceaux de gobelet. L’élimination du surplus fut confiée à la suppuration. Celle-ci se produisit, entrainant l'expulsion espérée des grains de plomb, mais pendant tout le ‘temps qu’elle dura le blessé présenta (sans autre cause apparente que l’imprégnation de l’économie par le plomb) une oppression rétrosternale très pénible, une toux sèche, une fièvre lente et une grande faiblesse.
OgservaTioN IT
Un prêtre de vingt-huit ans, blessé à une assez grande distance, par un coup de fusil de chasse, à la racine de la cuisse, n'avait été délivré que d’une partie des grains de plomb qui avaient pénétré dans les tissus. Quelques années après, se manifestèrent de violents accès d’entéralgie qui se répétèrent souvent et qui, dans les derniers temps,
s'accompagnaient d’une fièvre modérée, mais constante.
Pluskal n'ose pas se prononcer nettement et il se pose une question : savoir si les manifestations douloureuses constatées ne seraient pas plutôt imputables à l’arsenic. La question parait oiseuse pour nous qui sommes averti, mais elle n’en a pas moins son importance. D'où proviendrait donc l’arsenic ineriminé? L'antimoine qui sert à. composer le plomb dur est toujours mélangé avec de l’arsenic dont on ne peut complètement débarrasser le mineraï.
Peut-on réellement incriminer, au point de vue toxicologique, ces deux cas d'intoxication à l’arsenic contenu dans les projectiles. Non, car en premier lieu tout l’arsenic contenu dans une charge moyenne est tout à fait insigniliant. Admettons, par exemple 2 pour 100 d’arsenic, ce qui est certainement supérieur à la réalité et à la ‘quantité tolérée par les lois, on aurait à peu près 0 gr. 40 pour une charge totale de 20 grammes. Mais, dans les cas cités, la charge n’est pas rentrée tout entière dans