LIEN EE
mais avec une gravité plus grande (mort à brève échéance), il ne fut pas constaté dans le sang une seule hématie à granulations basophiles.
En 1902, on trouve une nouvelle observation restée inédite ;
la voici, telle qu’elle est consignée dans le cahier des notes :
Une femme, Jeanne V..., âgée de vingt-six ans, reçoit, en juillet 1902, un coup de fusil chargé de grains de plomb dans un bras. La charge avait fait balle, mettant en bouillie muscles et os au point de pénétration. Un foyer de suppuration étendu avec fièvre en résulte. On recherche, trois semaines après l'accident, dans le sang de la circulation générale, les hématies à granulations basophiles; le résultat est négatif.
Le 28 septembre 1902, cette malade, placée à l'hôpital Saint-André dans le service de M. le Professeur agrégé Princeteau, continue à suppurer. Or, à cette date, l'examen du sang révèle, sans qu'il existe une anémie d’un haut degré, la présence de rares poïkilocytes, de quelques hématies polychromatophiles et d'hématies à granulations basophiles très nettes. On procède à un débridement de la plaie; on enlève des esquilles, des débris de tendons ; on extrait un très grand nombre de grains de plomb de fort calibre.
Ainsi, dans ce second cas, un premier examen fut négatil trois Semaines après l'accident. Trois mois après, aux phénomènes d'infection allaient certainement se surajouter des accidents saturnins, annoncés par l'apparition d'hématies à granulations basophiles dans le sang, lorsque l'intervention chirurgicale vint très heureusement y couper court.
L'attaque du plomb par certains liquides antiseptiques, par quelques agents médicamenteux, par les éléments cellulaires qui cernent les corps étrangers, par une modification humorale comme celle qui est due à l'abus des boissons acides ou à une acidose pathologique, entrainera plus ou moins vite le saturnisme comme conséquence. Ces conditions d'attaque du métal exigent, pour être précisées, des recherches expérimentales.
Deux autres examens, le premier pratiqué le 10 juin 1902, à l'hôpital Saint-André, dans le service de M. le D' Dubourg, sur