TRAITEMENT
Le traitement de l’invagination intestinale, quelle que soit son origine, comporte un certain nombre de moyens applicables à l’invagination produite par des lésions tuberculeuses. Nous pouvons les classer en deux catégories : 1° les moyens non sanglants ou médicaux ; 2° les moyens sanglants ou chirurgicaux.
Nous ne ferons qu'énumérer pour mémoire les différents procédés médicaux employés pour réduire indirectement le vice de position de l'intestin: le massage, les purgatifs doux et répétés, la ponction capillaire, l'électricité et la distension de l'intestin avec des liquides ou des gaz. À part quelques succes relatifs obtenus par ce dernier procédé, les autres restreignent d'eux-mêmes leur emploi, soit par les résultats négatifs auxquels 1ls ont abouti, soit par les accidents qu'ils ont provoqués.
Quant au traitement chirurgical, la question se pose de savoir siles contre-indications opératoires de la tuberculose intestinale sont applicables au cas présent.
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Ces contre-indications sont tirées de l’état général du sujet et de ses lésions pulmonaires.
En effet, il n’y a pas encore très longtemps on considérait les tuberculoses intestinales comme des lésions secondaires, accompagnant toujours des lésions du poumon à un stade très avancé, et par conséquent comme étant au-dessus des ressources de l'art. Cest à tort que ces lésions intestinales étaient devenues l’apanage exclusif de la tuberculose pulmonaire. On à su depuis que les lésions intestinales, surtout lorsqu'elles sont nombreuses, sont rares chez les tuberculeux pulmonaires. La loi de Louis se trouve infirmée par de nombreuses observations ; dans bien des cas, la tuberculose n’envahit pas le poumon et reste une maladie locale. Semblable à tout autre organe l'intestin peut avoir des lésions tuberculeuses localisées et au même litre que les tuberculoses osseuses, génitales, urinaires, la tuberculose intestinale peut êtreconsidérée comme une localisation primitive de l'infection.
On voit déjà, d'après ce qui précède, que le traitement va différer en présence d'un malade atteint de tuberculose généralisée ou localisée simplement à l'intestin. Dans ce dernier cas un traitement chirurgical pourra intervenir utilementet sauver la vie du malade, alors que dans le premier il ne fera qu'aggraver l’état général.
On trouve dans la thèse de M. Patel, les recommandalions suivantes : € Il ne faudra pas songer à opérer un tuberculeux arrivé à la dernière période, atteint de cachexie profonde, avec des sueurs nocturnes, des ascensions thermiques vespérales, de la néphrite. Même S'il n'y a pas de lésions pulmonai-
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res avancées, l’affaiblissement dû à l'existence de la sténose constituera une contre-indication ».
Cette défense peut-elle s'appliquer aux malades atteints d'invagination ? Nous verrons plus loin qu'il n'en est rien et que l'existence même de la sténose, constitue dans ce cas une véritable indication opératoire.
Lorsque des lésions pulmonaires coexistent avec une invaginalion, doit-on opérer ? Ne serait-ce pas favoriser leur évolution, leur donner le coup de fouet et amener plus rapidement une terminaison fatale ?
Il ressort de plusieurs observations de K@œnig, Erdheim et Sorensen, que souvent l'opération à été loin d’aggraver l’état du poumon. Et Tuffier dit à ce sujet: « Je prétends que, sauf bien entendu les cas de tuberculose pulmonaire désespérés, toutes les indications opératoires sont du côté de la sténose intestinale, en raison même de l'influence qu’elle exerce sur l’état général et par là sur l’état des poumons; que les poussées aiguës post-opératoires sont d’ailleurs moins fréquentes qu’on ne le pense, qu'en tout cas il est possible de les enrayer et le plus souvent de les prévenir ».
C'est du côté de la sténose, en effet, que réside la véritable indication opératoire.
Lorsqu'il s’agit d’invagination intestinale, non seulement l’état général du sujet et les lésions pulmonaires dont il est porteur ne doivent plus arrêter le chirurgien, mais nécessitent au contraire une intervention plus rapide, si l’on veut qu’elle soit profitable. C'était le cas pour le malade de M. le major Batut (Obs. IN). Il est probable qu'il aurait