‹ De L'Invagination Intestinale Par PolypeChapitre 36 sur 48 · OBSERVATION XXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXV

Geissler, Znaug. Dissertation Marburg, 1894.

F..., 98 ans. Il y a environ 6 semaines, enceinte de deux mois, elle fut atteinte brusquement de vomissements. Tout traitement se montrant inefficace, on pratique l'avortement qui ne donne aucun résultat. Jamais de sang dans les vomissements, mais très fréquemment au contraire de la bile. Le médecin consulté croit sentir dans la région hypogastrique droite un rein mobile et ordonne le port d’un bandage; mais toujours pas d'arrêt dans les vomissements qui parfois surviennent sans que la malade ait rien mangé. D’autres fois une nourriture mé” langée et consistante ne les produit pas. Peu avant son entrée à l’hôpital, son état donnait l'impression d’une dyspepsie d’origine névrosique. Le 15 novembre 1893, malade amaigrie. Peau et muqueuse décolorces ; pas de teinte cyanotique ou ictérique. Pas de fièvre. Pouls petit et fréquent. Rythme expiratoire normal. Cœur et poumons sains. Rate et foie, ni augmentés de volume, ni déplacés sous le rebord costal droit, légère voussure, et dans le domaine du côlon ascendant, sensation de plénitude répondant exactement à la ligne médiane ; au niveau de l’ombilic, on trouve à la palpation une région tout à fait circonscrite où se manifeste une sensibilité à la pression très prononcée. Contracture des grands droits. Dans la région du rein droit, on sent une résistance confuse qui pour le moment n’est certainement pas mobilisable. La région de l’appendice ainsi que le paramétrium sont libres: ni résistance, ni sensibilité, ni albumine, ni sucre dans les urines. Système nerveux normal; réflexes patellaires et pupillaires normaux. Application de glace sur la région stomacale, on donne à sucer de petits morceaux de glace. Lavemerts nutritifs. Malgré cela, très fréquents vomissements bilieux avec des douleurs épigastriques telles que des injections de morphine les calment à peine. Le lende-

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main même tableau. En plus une selle avec des fèces en bouillie. Rien dans les urines.

Le 18 novembre, on tente l’alimentation par la bouche au moyen de l'hypnose. La malade fut facilement mise en état de léthargie par la suggestion verbale. Alors on lui fit prendre une petite quantité de lait par la bouche. A la suite, pas de vomissements. Aussi, on recommence le lendemain l'essai qui réussit comme le jour précédent. Depuis ce moment, la malade garde de petites quantités de lait et de jaune d'œuf prises toutes les 2 heures jusqu'au 21 novembre 1893.

Vers le soir la malade voit se renouveler ses vomissements bilieux, tombe dans le collapsus et meurt à une heure du matin.

Aultopsie faite le 22 novembre. — Estomac dilaté jusqu’à une largeur de main, au-dessus de lasymphyse pubienne. Près du pylore, largement ouvert, la portion adjacente du duodénum est fortement dilatée. A la jonction du duodénum et du jejunum, on trouve une invagination longue de 15 cent. correspondant à sa partie supérieure au côlon ascendant. Le côlon ascendant lui-même est plissé, tout l'intestin grêle, le côlon transverse et le côlon descendant sont contractés. La réduction de l’invagination se fait facilement (invagination duodéno-jéjunale). A l'ouverture de jejunum, à environ 10 cm. de son point de départ, se trouve une tumeur faisant saillie dans la lumière du canal intestinal, de consistance à moitié ferme, ayant réduit le calibre de l'intestin au volume du petit doigt. La base de cette tumeur est large, sa forme est globuleuse. La coupe montre plusieurs saillies arrondies. La muqueuse intestinale suit les contours de la tumeur. La péritonite présente au point correspondant à la tumeur, un aspect laiteux et un épaississement de peu d'importance. À peu près au milieu de cette séreuse ainsi modifiée, se trouve une dépression d'environ 1/2 centimètre au-dessous du niveau des parties voisines. Il n’y a pas d’épaississement des parois intestinales au voisinage. Dans tout le domaine de la tumeur, on ne trouve ni adhérences péritonéales, ni brides cicatricielles attenantes à la tunique séreuse de l'intestin. La plus grande circonférence de la tumeur est de 11 cm., son diamètre de 3 cm. 5,sa longueur de 5 cm. L’examen microscopique d’un morceau pris à la base, montre que la séreuse était ici transformée en un tissu cicatriciel. Voisines dela sére use, des fibres musculaires lisses sont rangées en séries parallèles ; entre elles un petit nombre d'éléments conjonctifs. Des débris glandulaires et de nombreux vaisseaux peuvent être reconnus, ces derniers surtout au centre de la tumeur, qui présente là une structure lâche.

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