‹ De l'invention dans les arts, dans les sciences et dans la pratique de la vertuChapitre 14 sur 25 · DE L INVENTION DANS LES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

DE L INVENTION DANS LES BEAUX-ARTS

C'est à rimagination, avons-nous dit, que l'homme doit sa grandeur et tous ses progrès. Après avoir étudié la nature et le principe de l'imagination, après avoir considéré la lutte qu'elle soutient contre une foule d'obstacles extérieurs, il nous en faut maintenant considérer l'exercice et les opérations : nous contrôlerons ainsi l'exactitude de la théorie que nous avons développée dans la première partie de ce travail.

Le progrès se manifeste sous trois formes bien distinctes, la découverte de la vérité, la création des œuvres belles et l'accomplissement des actions bonnes. Mais, malgré d'incontestables différences, le

génie artistique, le génie scientifique et le génie moral présentent les mêmes caractères essentiels.

Les beaux-arts n'ont pas été de tout temps connus et cultivés parmi les hommes. Leur origine n'est point contemporaine de celle du monde, et de nos jours encore, certains peuples y sont complètement étrangers. Chez les diverses races leurs progrès n'ont pas été également rapides et considérables ; ils ne présentent point les mêmes caractères, si vous les étudiez à deux époques , chez deux nations diflërentes. Aux périodes les plus brillantes succède toujours une décadence plus ou moins prompte. Enfin, dans les âges les plus favorisés, un nombre relativement restreint de personnes sont capables d'en apprécier et d'en goûter les charmes, tandis que d'autres, moins nombreuses encore, se rendent dignes par leurs œuvres de l'admiration de leurs contemporains et de la postérité.

L'imagination créatrice est la faculté de concevoir et de réaliser l'idéal. L'idéal est ce qui, logiquement, telles conditions étant données, aurait dû se pi'oduire (1) et, ce qui a été empêché de se produire réchement par l'intervention de certaines causes antagonistes. L'œuvre de génie manifeste l'idéal, en en présentant l'expression propre, c'est-à-dire logique.

Quand nous lisons attentivement dans l'histoire le récit d'un dévouement héroïque, par exemple, de la charge du 9° régiment de cuirassiers à Reichsholfen,

(I) Voir DuvAL-JoLVE, Diciionnaire des sciences philosophiques, art. Idéal.

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nous éprouvons une émotion profonde ; aussitôt notre imagination, fortement ébranlée, s'efforce de nous représenter cette scène grandiose, l'attitude des deux armées, l'expression des physionomies. Mais ce tableau que nous voudrions concevoir, il semble fuir à mesure que nous le poursuivons, il se modifie et se transforme à chaque instant ; il est déterminé par ce que nousavons déjà vu d'analogue, par nos goûts et nos habitudes : il est toujours loin de nous satisfaire entièrement. Ce que tous nous nous efforçons de faire sans y réussir, un peintre de génie l'accomplit. Il voit et il retrace sur la toile ce que, réduits à cette situation désespérée et glorieuse, des hommes de cœur ont dû sentir, ce qu'ils ont dû faire. Sans doute, le tableau ne sera pas l'image fidèle de la réalité : tel cheval s'est cabré ou abattu, un bouquet d'arbres a mis le désordre dans les rangs, chaque physionomie exprimait bien des sentiments divers : l'artiste de génie ne s'arrête pas à tout cela; il comprend et se représente avec netteté ce que, logiquement et rationnellement, des circonstances données doivent faire éprouver et accomplir à de vieux soldats, dont la mort peut sauver l'honneur et l'existence d'une armée.

Lorsque Tite-Live composait ces discours , qui sont un des principaux ornements de son histoire, il ne cherchait point à rapporter ce qu'avait dit tel ou tel sénateur, tel ou tel tribun. Beaucoup, en effet, de ces discours ne méritaient pas d'être conservés ; et, pour les meilleurs orateurs eux-mêmes, il leur arrive souvent de ne point parler comme ils le devraient, de ne

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pas donner ce que l'on pourrait attendre d'eux, parce qu'ils sont préoccupés, dominés par des préjugés, agités par des sentiments contraires : ils ne voient pas exactement la situation, le parti qu'il faut prendre, les arguments propres à persuader leur auditoire. Tite-Live ne nous présente donc pas ce qu'ils ont dit, ni ce qu'il aurait dit à leur place, mais ce qu'ils auraient dû dire, le langage que doit tenir dans des circonstances données, et que ne peut tenir, à cause des influences auxquelles il ne saurait se soustraire, un homme d'un caractère donné.

Dans Tite-Live, les imprécations de Camille contre son frère ne sont qu'indiquées ; c'est assez pour nous émouvoir, pour mettre en branle notre esprit, pas assez pour le satisfaire. Nous cherchons à compléter les paroles qui se sont échappées alors de sa bouche ; c'est comme un problème qui se pose à notre imagination, que nous nous efforçons infructueusement de résoudre : Corneille en a trouvé la solution définitive. Il a compris quels sentiments a dû exciter dans l'àme de cette jeune fille la mort de son fiancé Albain, tué par un Romain, qui revient fier d'avoir donné l'empire à sa patrie ; il a trouvé comment s'expriment de pareils sentiments.

Certainement Camille n'a pas tenu le langage que lui prête Corneille; peut-être n'était-elle capable ni de sentiments si fiers ni d'une haine si violente; ou si elle les ressentait, son âme était aussi agitée d'un grand nombre d'autres mouvements. Sans doute, elle laissa échapper beaucoup do paroles qui nous paraîtraient

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inutiles et plutôt propres à calmer qu'à irriter la colère de son frère : elles avaient cependant leur raison d'être, puisqu'elles exprimaient des sentiments que la malheureuse éprouvait avec violence et qu'elle aurait voulu faire éclater tous à la fois.

Parmi les hommes de génie, les uns sont grands surtout par l'esprit, les autres par le cœur. Les premiers comprennent : lorsqu'une idée leur est suggérée, ils voient ce qui doit naturellement résulter d'une situation donnée, et par une série de réflexions logiquement enchaînées, ils tirent de la conception primitive une conséquence neuve et féconde; ou bien encore, fortement portés à se rendre compte de ce qu'ils voient, non-seulement ils en cherchent, mais ils en trouvent l'expHcation, ils voient ce dont le fait est la suite nécessaire ; puis, ils remontent des conséquences aux principes et s'élèvent ainsi à la conception des lois et des vérités éternelles. Les seconds sentent : alors même qu'il ne s'agit ni de leur personne ni de leurs affaires, ils éprouvent une émotion violente; ils ont une grande force de sympathie et une fécondité extraordinaire de sentiments. Ils s'intéressent à tout ce qui souffre, à tout ce qui est heureux, non-seulement auxhommes, mais aux animaux et même aux plantes. Le sentiment qu'ils ont tout d'abord éprouvé se modifie, se transforme en se développant, en se complétant : il donne naissance à toute une série de sentiments qui ne sont que la suite et la conséquence du premier. Ces hommes ne vivent point seulement de leur vie propre : ne croyez pas, en effet.

qu'ils se mettent eux-mêmes à la place des êtres auxquels ils s'intéressent; ils ne nous représentent pas ce qu'ils éprouveraient, eux, avec leurs goûts, leur caractère, leurs habitudes, leurs préférences et leurs antipathies, mais ce qu'ils devraient éprouver, l'eifet que doivent produire sur le cœur humain tels ou tels événements. De ces qualités, jamais les premières ne se remarquent chez un homme à l'exclusion des secondes, ni réciproquement; personne ne réunit à la fois les unes et les autres ; mais, elles se combinent dans des proportions très diverses. Les qualités du cœur sont les plus essentielles : nous ne considérons attentivement, nous ne comprenons que ce qui nous touche ; la première condition du génie, c'est donc la sensibilité. « La poésie, dit Aristote, ne peut se rencontrer que chez un homme bon, généreux, accessible à la pitié (1). » D'après Gicéron, il n'y a de bons poètes que ceux qui sont susceptibles de prendre feu et de concevoir des fureurs généreuses (2) : « Poetam bonum neminem sine inflammatione animorum exsistere posse et sine quodam affïatu quasi furoris. »

Si l'homme de génie sent fortement, c'est qu'il ne considère pas les choses avec les mêmes yeux que le vulgaire. L'imagination est une faculté grâce à laquelle certains hommes, loin de s'arrêter à la multitude des détails qui frappent leurs sens, dégagent et

(1) Aristt., Poétique, XVII, 2.

(2) Cic, deOrat., 11, 46.

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isolent le caractère principal d'une physionomie, d'une scène et y fixent toute leur attention ; selon que cette imagination est plus ou moins puissante, elle découvre des caractères plus ou moins intimes et féconds. Ce n'est point Camille que voit Corneille en lisant Tite- Live, c'est l'amante, victime de la guerre et du patriotisme; ce n'est point Priam aux pieds d'Achille que nous peint Homère, c'est la douleur d'un père qui, parvenu aux dernières limites de la vieillesse, est réduit à implorer d'un vainqueur impitoyable le cadavre de son fils le plus cher. Voilà pourquoi ces œuvres simples et fortes sont éternellement et universellement admirées. De même, les plus belles des statues que nous a laissées l'antiquité grecque ne sont pas des portraits, mais des types.

Ce que conçoit et représente l'artiste de génie, ce n'est point tel ou tel personnage, c'est l'homme. « La poésie, dit Aristote, a pour objet le général, et l'histoire le particulier : la première nous montre ce que, nécessairement ou vraisemblablement (c'est-à-dire logiquement), doit faire et dire dans telles circonstances un homme de tel caractère, auquel elle prête un nom ; la seconde nous apprend ce qu'a dit ou éprouvé Alcibiade (1). » C'est aussi l'avis de Lessing : « Au théâtre, nous ne venons pas pour apprendre ce que tel ou tel individu a fait (l'histoire est là pour y veiller), mais ce que chaque homme d'un certain caractère

(1) Aristote, Poétique, IX, I.

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fera, sous le coup de certaines circonstances données (1). » Il en est de même dans tous les arts : « L'acteur doit chercher moins à imiter un individu, pris au hasard dans une classe quelconque de la société, qu'à personnifier cette classe tout entière... A la scène, il doit garder toujours toute sa présence d'esprit, quelque passionnés que puissent être les sentiments à exprimer ; ce serait une faute grave que de se laisser dominer par la fiction, sous prétexte de donner un libre cours a l'inspiration (2). » Dans ce cas, en elfet, le comédien nous présenterait l'expression de sa passion à lui, et non pas l'expression naturelle et éternelle de la passion.

Non-seulement l'homme de génie conçoit des idées élevées, éprouve des sentiments vifs et généreux : son imagination lui suggère, à chaque instant, des formes, des lignes, des mots, des sons propres à exprimer et à manifester ce qui se passe en lui. L'homme, en effet, n'est pas un pur esprit : c'est une âme unie à un corps ; toute idée qui éclaire, tout sentiment qui agite l'une, produit nécessairement un mouvement de l'autre (3) : si la plupart du temps ce

(1) Lessing, Dramaturgie.

(2) J. AuDUBERT, l\\rL du chant.

(3) Voir A. Fouillée, la Liberté et le Déterminisme (2" partie liv. lil, ch. II, V.

L'idi'-o en général est le commencement d'une action. La tendance qu'a l'idée d'une action à la produire montre que l'idée est déjà l'action elle-môme, sous une forme plus faible. Au souvenir de quelque action énergique, par exemple d'un combat, il nous est extrêmement diflicilc de nous empêcher de répéter cette action. Muq sorte

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mouvement ne s'accomplit pas, c'est que nous le retenons, soit par discrétion, afin de ne pas occuper les autres de ce qui se passe en nous et ne peut les intéresser, soit par défiance, de peur qu'ils ne tirent parti contre nous d'un aveu qui nous échapperait. Mais, toutes les fois que nous éprouvons une émotion violente, eUe se trahit au-dehors malgré tous nos efforts. L'artiste de génie est un homme dont le cœur est plus facilement et plus vivement ému que celui des autres. Il doit donc être plus fortement porté à manifester ce qu'il ressent. Tout sentiment tend naturellement à V s'exprimer; s'il est violent, c'est un supplice pour l'âme de se contenir et de se renfermer en elle-même. Combien notre douleur devient plus cuisante si nous n'avons personne à qui la faire comprendre et que le seul récit de nos maux nous apporte de soulagement! La création de l'œuvre d'art est la suite naturelle de l'émotion qu'éprouve l'homme de génie; elle allège en

(Je courant causé par rémotion se précipite dans les mêmes voies et s'empare des mêmes muscles, aupoint de leur imposer une répétition réelle. Un enfant ne peut rendre compte d'une' scène à laquelle il a pris part, qu'en la reproduisant avec tous les détails que les circonstances peruiettent En pensant des mots ou une phrase, on

sent une sorte d impulsion et de mouvement se communiquer à la langue et aux autres organes de l'articulation, qui sont alors sensiblement excités.

Cf. Hegel, Eslhetq., l''^ partie, ch. m, iir, I.

Ce qui vit dans l'imagination de l'artiste lui vient aussi, en quelque sorte, dans les doigts, comme il nous vient à la bouche de dire ce que nous pensons ou comme nos idées les plus intimes, nos pensées et nos sentiments apparaissent immédiatement sur notic physionomie, dans le maintien, les gestes et les attitudes du corps.

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même temps son âme, en lui permettant d'exhaler les passions qui l'agitent. De là vient l'amour de l'artiste pour son œuvre : elle fait partie intégrante de sa vie ; elle a redoublé ses plaisirs ou consolé ses douleurs. Molière, dit-on, trouvait la force de supporter les chagrins domestiques qui le dévoraient en composant ses comédies ; Goethe revenait sans cesse à Faust, lordByron ajoutait continuellementde nouveaux chants à son don Juan : ils avaient fait de leur poëme le confident de toutes leurs pensées, de tous leurs sentiments. D'un autre côté, la plupart de nos idées nous ont été données par la perception extérieure ; il en résulte que chaque fois qu'une idée se présente â notre esprit, la mémoire nous représente l'image plus ou moins nette des objets dont la perception nous a suggéré cette idée. A mesure que nous lisons, que nous entendons un récit, nous voyons se déroider devant nous la scène dont nous sommes occupés. Nous parle-t-on d'un artiste, d'un général, d'un homme politique? Nous nous représentons sa figure, alors môme que nous n'avons jamais vu son portrait, d'après l'idée que nous nous faisons du personnage. Ces représentations sont généralement déterminées par nos goûts, nos sentiments, nos habitudes. Il en est de même des discours qu'un écrivain médiocre prête a ses personnages :

Tout a riiumcur g.isconne en un auteur Giiscon : Calprencde etJuba parlent du même ton (!).

(I) BoiLEAU, Art poclique^ 111, \20.

ÎDE l'invention D4.NS LES BEaUX-ARTS. 81

L'homme de génie voit mieux qu'un autre ce qu'il observe; par suite, il oublie moins et son esjDrit lui peut présenter des images plus précises et plus complètes. D'autre part, de même qu'en présence d'un certain spectacle, il conçoit une idée, il éprouve un sentiment qui est la conséquence nécessaire de cette perception dans une âme qui n'est dominée par aucune préoccupation; de même, lorsqu'il est agité par une passion, il conçoit et exécute une combinaison de signes, un groupement de personnages, une attitude, une physionomie qui est la manifestation naturelle et logique de ce qu'il sent. L'orateur, le poète de génie trouve, pour rendre ses idées, l'expression propre : <( Il pense, il sent et la parole suit (1). » Il y a dans tous les arts des expressions propres et des expressions impropres : l'homme de génie n'emploie que les premières. Dans son œuvre, les qualités de la forme sont les mêmes que celles du fond : tout est beau, parce que tout est simple et logique.

L'imagination est la faculté de découvrir les conséquences qui doivent nécessairement et logiquement, au point de vue des pensées, des sentiments, du langage et des actions découler d'une situation donnée. Voilà pourquoi les œuvres de génie donnent à la raison une satisfaction si complète (2).

(1) Fénf.lon, Lettre à i Académie, IV.

(2) On ne saurait trop le répéter, l'imagination, loin d'être l'ennemie de la vérité, la fait ressortir mieux qu'aucune autre faculté de l'esprit, et tous ceux qui s'appuient d'elle pour excuser des expressions exagérées et des termes vagues soûl au moins aussi dépourvus de poésie que de raison. M"'^de Sjaei., rAllemarjnc,^^ \iarue, ch. xxxi.

C'est donc se tromper gravement qu'attribuer à l'imag-ination ces œuvres bizarres qui sont le produit de la fantaisie ou du caprice, comme la tentation de saint Antoine de GaUot, les sculptures caricaturales du moyen âge, les contes fantastiques d'Hoffmann ou d'E. Poë. La fantaisie est le contraire de l'imagination : elle consiste, ou bien à s'abandonner complètement aux idées et aux images que suggère l'association, à les noter à mesure qu'elles se présentent, à se laisser aller à la tournure de son esprit, à l'influence du milieu où l'on vit, des événements dont on est témoin ; ou bien, à grouper volontairement les pensées selon certains rapports choisis arbitrairement, très apparents, mais superficiels. Un esprit fantasque, à propos d'un objet qu'il voit, d'une observation qu'il entend, conçoit des idées, dont aucun autre ne saurait s'aviser, car elles sont le contre-pied de celles que l'on doit concevoir en pareil cas ; il se représente à chaque instant, non ce qui est ou devrait être, mais ce qui, évidemment, ne peut être, ce qui est disproportionné ou absurde : il se réjouit des plus grands désastres et raille impitoyablement les malheureux ; il viole sans cesse les lois de la logique et de la nature, ou bien il se met en opposition avec elles au point de départ, puis raisonne avec une rigueur implacable. On dit généralement qu'il fait preuve d'une imagination vive : l'expression n'est pas juste; il n'a que de l'humour.

L'humour produit des œuvres curieuses, ingénieuses, amusantes, séduisantes même, mais où nous ne trouvons rien de beau. La fantaisie conçoit le

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