‹ De l'invention dans les arts, dans les sciences et dans la pratique de la vertuChapitre 2 sur 25 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

Cardaillac lui-même, par exemple, paraît admettre qu'il est impossible de soumettre l'imagination à un examen scientifique : « C'est, dit-il (i), le pouvoir dont l'homme est doué de faire subir toutes sortes de combinaisons aux idées... Le moyen de peindre cette faculté fantasque, si mobile, qu'il est impossible de la fixer ; qui vous échappe au moment où vous croyez la saisir; qui se dissimule lorsqu'elle agit; véritable Protée qui revêt mille formes différentes ? » L'imagination est donc bien loin, à son avis, d'être régie par des lois simples et fixes que le psychologue puisse déterminer et formuler.

L'auteur de l'article Imagination dans le dictionnaire des sciences philosophiques, M. E. Vacherot, s'attache surtout à faire ressortir les rapports qui existent entre l'imagination et la raison. Mais s'il montre bien ce que n'est pas l'imagination, son opinion sur la nature de cette faculté demeure très vague et très confuse : « Imaginer, dans le sens élevé et vrai du mot, c'est réaliser l'idéal, faire descendre la vérité intelligible dans les formes de la nature sensible, représenter l'invisible par le visible, l'infini par le fini... L'art a le privilège de n'exprimer que les choses d'en haut... L'imagination traduit la conception métaphysique en images et convertit la réalité sensible en symbole... C'est la volonté qui combine les divers éléments de l'œuvre et en fait un tout harmonieux, une vraie composition. »

Dans le courant de l'année 1876, M. N. Michaut, si tristement enlevé depuis par une mort prématurée, a publié, sous ce titre : l'Imagination^ un livre très-intéressant, mais consacré exclusivement à l'étude psychologique de l'imagination sensitive ou mémoire Imaginative. Quant à l'imagination créatrice, il en

(i) Caiu>\ii.lac, loc. cit.'

Page 1