‹ De l'invention dans les arts, dans les sciences et dans la pratique de la vertuChapitre 6 sur 25 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

attaché à montrer que le vrai, le beau et le bien présentent les plus étroites analogies et ne sont que diverses manifestations de l'ordre ; mais sa doctrine sur ce point est loin de présenter toute la précision désirable. Le but que nous nous proposons est d'exposer d'une façon plus claire et plus complète en quoi consiste cet ordre et d'où viennent ces ressemblances.

Pour cela, nous montrerons d'abord qu'il y a en nous une tendance naturelle à passer spontanément, et sans excitation extérieure, d'un phénomène psychologique, sentiment, pensée ou action, à un autre phénomène qui est la conséquence logique du premier ; nous nous efforcerons d'expliquer l'existence de cette inclination; nous indiquerons les principales forces antagonistes qui en arrêtent ou en dévient le développement; enfin, nous ferons voir comment chez certains hommes et à certains moments l'activité intellectuelle surmonte tel ou tel obstacle et réalise tel ou tel progrès.

Puis, nous examinerons les méthodes que l'homme emploie dans l'étude des sciences, physique, histoire naturelle, mathématiques; nous considérerons les arts et la pratique de la vertu : nous verrons que toutes nos découvertes, tous nos progrès sont dûs à l'imagination créatrice dont le mode d'action et la loi sont toujours les mêmes.

Nous en viendrons enfin à l'examen des produits de l'imagination, des théories scientifiques vraies, des œuvres belles, des actions bonnes. Nous remarquerons partout les mêmes caractères : une extrême simplicité et une grande rigueur logique.

Ces observations nous permettront de nous faire une idée plus exacte de l'àme humaine, de sa nature, de son énergie propre et de la condition dans laquelle elle a été placée. Nous pourrons affirmer, contrairement à l'opinion des sensualistes,

INTRODUGTiOxN. XV

que les progrès des sciences sont dûs, non-seulement à l'observation et à l'expérimentation, mais surtout à la puissance innée de l'intelligence; nous comprendrons enfin que, si nous voulons être grands, il faut nous affranchir de la vanité, de l'égoïsme et de la paresse, et que notre but, dans l'éducation des enfants, doit être de développer en eux l'originalité de l'esprit et l'énergie du caractère, afin qu'ils fassent faire à leur tour des progrès aux sciences, aux arts et à la vertu.

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