OBSERVATION XII
Le D' de la Harpe‘, privat-docent à Lausanne, publie l’observation d’une femme de quarante ans, porteur d’ulcères variqueux à la jambe.
29 août. — La plaie est saupoudrée d’iodoforme.
1° septembre. — Plaie douloureuse, gonflée, rouge vif et couverte de petites vésicules,
8 septembre. — L’érythème s’est généralisé, son aspect est celui de la rougeole. Face tuméfiée et rouge, yeux larmoyants. Pas de fièvre. La malade dit avoir déjà eu, il y a quelques années, une éruption analogue consécutive à un pansement iodoformé.
9 septembre. — Les vésicules crèvent en nombre de points, et
! Cathelineau, Semaine médicale, p. 83, 1893. { D' De la Harpe, Erythème et dermite iodoformique (Revue moderne de la Suisse Romande, p. 431).
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l’épiderme se détache en lambeaux, aux bras et au sillon interfessier. Albumine environ 75 centigrammes,
15 au 17 septembre. — Urines abondantes, très grande quantité d’albumine, 14 grammes. État général misérable, rien au cœur ni aux poumons; la malade s’affaiblit et meurt quelques jours après.
L'évolution des phénomènes d’abord locaux, puis généraux, la polyurie, lalbuminurie ensuite fermant au 76 pour 100 d’iode de l’iodoforme sa voie d'élimination la plus importante, doivent fixer notre attention, surtout à cause de la terminaison fatale. Nous sommes en présence d’un de ces cas graves d’iodoformisme, très rares il est vrai, mais qui peuvent se rencontrer, et être le fait d'applications intempestives d’iodoforme.
Un diagnostic précoce, rapportant les désordres à leur cause réelle, peut seul enrayer la marche des accidents.
OBSERvATIONS XIII et XIV
Le Dr Tussau { rapporte qu’un confrère lui amena un jour un malade auquel il désirait faire subir la désarticulation d’un doigt, dont l’état pseudo-phlegmoneux était dû à l’action de l’iodoforme.
La poudre d’iodoforme fut supprimée et la plaie ne tarda pas à reprendre j’aspect qu'elle avait auparavant. Plus tard, ce même malade, sur le conseil d’un autre confrère, se soumit de nouveau aux pansements iodoformés et les phénomènes morbides éclatèrent avec une telle intensisé qu’il fallut, cette fois, arriver à la désarticulation.
Le D' Tussau connaît également un chirurgien-dentiste, auquel on avait fait un pansement qui avait déterminé de l’iodoformisme ; par la suite, il dut renoncer au maniement de cette substance, sous peine de voir se reproduire chaque fois les accidents,
1 Semaine médicale, 4 novembre 1896,