PROS
OBsERVATION X V (recueillie par nous).
Au cours d’un remplacement fait au mois de février de cette année, il nous fut donné d’être témoin d’un cas d’iodoformisme.
Il s'agissait d’un fermier d’une cinquantaine d’années, dont les jambes étaient couvertes d’ulcères variqueux. Nous prescrivimes de l’iodoforme sur les plaies. Quelques heures après cette application, une coloration rouge vif, diffuse, s’effaçant sous le doigt, parsemée de quelques îlots de peau normale, apparut sur la région antérieure de la jambe et le dos du pied.
Le prurit, au bout d'environ sept heures, fut tel que le malade se débarrassa de son pansement pour se gratter; ce qui eut pour résultat d’'imprégner ses mains d’iodoforme, aussi furent-elles peu après envahies à leur tour, aux sièges d'élection, côté de l’extension.
L’iodoforme fut supprimé; une semaine après, l’érythème pâlit et fut suivi d’une desquamation abondante.
Les ulcères, sous cette influence, avaient pris un mauvais aspect, une coloration terne, lie de vin.
Une nouvelle application d’iodoforme, tentée un mois plus tard, ramena les mêmes phénomènes.
Une légère friction faite aux jambes avec une solution à 30 pour 100 de sulfate de fer, et à la face dorsale du poignet et des doigts avec une solution d’alun à 10 pour 100, suivie d’un enveloppement des parties atteintes dans de la gaze imbibée des mêmes liquides, amena en quelques minutes la cessation des démangeaisons ; l’érythème se circonserivit, les vésicules et les plaques s’affaissèrent sans desquamation en quarante-huit heures.
Nous ne retiendrons de cette observation que le résultat du traitement par les astringents vaso-constricteurs, alun et sulfate de fer. Voilà notre malade en quelques instants, sous nos yeux, débarrassé du symptôme le plus