‹ De l'iodoformisme cutané par contact: son traitement, sa prophylaxieChapitre 5 sur 22 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SYMPTOMATOLOGIE

L’iodoformisme cutané par contact peut être défini : une intolérance pour l’iodoforme, particulière à certains individus, se manifestant, sur les técuments externes en contact direct avec lui, par une éruption prurigineuse d'intensité variable suivant le tempérament, la région dont elle est le siège et la quantité employée.

Il n’est certainement pas de substance d’un usage aussi courant en chirurgie, et cependant combien peu nombreuses sont les observations publiées sur ce sujet. C'est que cette action nocive est relativement rare, moins tou tefois à nos yeux qu’on ne le croit généralement, et exige pour se développer un terrain prédisposé.

Il s’agit là d’une lésion toute locale qui, le plus souvent, se montre six à sept heures après l'application de l’iodoforme, et dont les caractères objectifs sont assez nets pour ne permettre, au point de vue de son &@iagnostic, aucune hésitation,

Son évolution est ordinairement très simple.

De l’analyse des faits que nous allons exposer, il résulte qu’elle peut affecter trois formes : lune très légere, la seconde relativement bénigne et la troisième grave.

La forme très légère ne se traduit que par une eflorescence localisée à certaines régions d'élection, où la susceptibilité est portée à son maximum de délicatesse. Tel est à la face Le pavillon de l'oreille et aussi les régions où pousse la barbe ; au membre supérieur, la face dorsale du poignet, les espaces interdigitaux, les faces latérales des doigts ; en somme, là où l’épiderme est mince, sensible, et n’est pas endurci par le travail manuel.

Get érythème suit une marche progressive, si la quantite d’iodoforme impressionnant les téguments est assez grande : une plaque rouge apparaît bientôt, un peu saillante, mais qui, par sa périphérie,se continue insensiblement avec la peau saine. À son niveau existe une sensation d’abord légère de chaleur, de cuisson, mais qui, avec les progrès de l'éruption, acquiert une intensité nouvelle; tantôt c’est comme des fourmillements, tantôt et le plus souvent, c’est une chaleur brûlante. La peau est devenue rouge vif, papuleuse, avec gonflement érysipélateux.

Deux éléments importants succèdent à cet état: un prurit intense et une éruption vésiculeuse.

Le prurit est particulièrement pénible : les démangeaisons apparaissent par accès paroxystiques; elles sont modifiées par les variations de température, et notamment par la chaleur et surtout la chaleur du lit qui les exaspèrent. Elles portent le malade à se gratter furieusement avec les ongles, à s'excorier la peau afec tous les objets rugueux qui tombent sous sa main.

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