‹ De l'iodoformisme cutané par contact: son traitement, sa prophylaxieChapitre 6 sur 22 · AL ER · texte numérisé non relu

AL ER

On devine sans peine combien le sommeil peut être troublé dans de telles conditions.

La peau épaissie, dure, infiltrée, se couvre de vésicules résultant de la transformation des papules, par l’exagéralion de l’exsudation vasculaire. Les vésicules sont d'abord très petites, miliaires, mais elles grossissent et atteignent le volume d’un grain de chènevis; elles sont tantôt distinctes, tantôt agglomérées, leur forme est hémisphérique. Elles s'ouvrent quelquefois les unes dans les autres, il en résulte une cavité qui s’accroît, se remplit de liquide et souleve l’épiderme à la manière d’une bulle.

D'abord claire et transparente, la vésicule iodoformique se trouble bientôt et devient opaque par envahissement des leucocytes; elle reste dans cet état pendant un certain temps, puis les unes se rompent, humeur des autres se concrète, des croûtelles se forment, jaunâtres, noirâtres, quand le contenu vésiculeux est mêlé de sang.

A cette période d'état, dont la durée varie avec la quantité d’iodoforme employée, succède une desquamation qui offre plus d’un trait de ressemblance avec celle de la scarlatine. La plaque érythémateuse très légère disparaît rapidement. Au bout de quarante-huit heures, elle commence à pâlir, le prurit s’apaise, si la cause efficiente a été supprimée; elle ne laisse après elle qu'une desquamation insignifiante. Mais si l'irritation a été plus vive, plus prolongée, la desquamation se fait, spécialement aux membres, en larges lambeaux, parfois très épais.

Après la chute de ces plaques épidermiques, la peau apparaît lisse, rouge, elle est très sensible, mais Pépiderme ne tarde pas à se régénérer. À la face, l’éruption est suivie d’une exfoliation furfuracée, farineuse.

Et

Si l’usage de l’iodoforme «n’est pas supprimé de bonne heure, des complications beaucoup plus graves peuvent s’en suivre, c’est la troisième forme de l’iodoformisme, excessivement rare; aussi serons-nous bref dans sa description. Dans ce cas, le gonflement et la rougeur s’exagèrent, et loin de se limiter aux parties en contact avec l’iodoforme, s’étendent aux régions voisines et peuvent envahir tout un membre, déterminer des nécroses conjonctives, cartilagineuses, et compromettre sérieusement la vie du malade.

Quelques-unes des observations relatées plus loin seront très démonstratives.

Telle est, dans tous ses détails, l’évolution des accidents que l’on observe à divers degrés chez les sujets dont l’épiderme présente de l'intolérance pour liodoforme.

Sur les muqueuses, exception faite pour celle des lèvres, semblables manifestations n’ont jamais été rapportées, bien qu’on ait souvent utilisé les propriétés analgésiantes de l’iodoforme dans les affections du col de la matrice.

Nous pensons avec le Dr Tussau que cette susceptibilité cutanée est rarement innée.

Dans bien des cas, nous n’osons dire dans tous, la plupart des observateurs ne layant pas remarqué où mentionné, dans bien des cas, disons-nous, il est possible d'utiliser l'iodoforme tant et plus, sans provoquer de désordres locaux ; mais si survient l’intolérance, on voit se développer subitement la maladie en question et, à partir de ce moment, l’intolérance cutanée pour l’iodoforme est acquise.

Dans la suite quelques parcelles, un atome, suffisent pour réveiller le processus morbide,

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