‹ De L'Iridectomie Optique Dans Les Taies De La CornéeChapitre 11 sur 16 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Et d’abord, comment se fait la vision dans un œil atteint de Colobome optique ? Si nous supposons une opacité centrale et l’iridectomie faite en haut, l’œil sera-t-il obligé de se dévier en bas de telle sorte que la nouvelle pupille soit dirigée en face de l’objet ? On a cru longtemps qu’il en était ainsi et que le strabisme de l’œil opéré était une condition favorable à la récupération de la vision. A ce point que souvent la ténotomie devenait une opération complémentaire de l’irideetomie. On ne pouvait ainsi que diminuer les résultats de cette dernière : les images venant se faire sur les parties périphériques de la rétine, parties moins sensibles. La position de l’image rétinienne d’un objet se détermine par les rayons qui, partant de l’objet et passant par le point nodal, viennent rencontrer la rétine. La construction reste la même, quelle que soit la situation dan diaphragme. La position de l’image ne dépend donc que de l'orientation de l’œil et non pas de celle de l'ouverture pupillaire.

Le passage des rayons lumineux par la périphérie ainsi que la mutilation faite à l’iris par l'opération, vont nous donner quelques reproches dont est passible l’Iridectomie.

Re.

La cornée possède, au point de vue physique, assez d’analogie avec un ménisque convergent pour qu’on ait pu raisonnablement penser qu’elle en avait les inconvénients. Si on la subdivise en une série de zones concentriques, la réfraction variera suivant ces zones et sera d'autant plus forte que la zone sera plus périphérique. C’est l’aberration de sphéricité à laquelle Tscherning (1) attribua tout récemment une grande importance dans la réfraction de l'œil. Mais cette aberration, qui serait très forte si la cornée avait une forme exactement sphérique, est diminuée par un facteur important : la dissymétrie cornéenne.

Déjà Th. Young (2) et après lui Volkmann (3) avaient cherché expérimentalement à reconnaitre si l’œil possède l’aberration de sphéricité. Les résultats trouvés furent variables, et, comme le dit Helmholz, ne pouvaient avoir de valeur que pour des surfaces réfringentes de révolution et régulières.

Après les recherches d’Aubert, et surtout de Leroy (4), la forme de la cornée fut assimilée à

(1) Tscherning. Influence de l’aberration de sphéricité sur la réfraction de l’œil. Archives d’Ophtalmologie 1890.

(2) Th. Young. Philos. Transactions for 1801.

(3) Volkmann. Article Sehen, in R. Wagner’s Handworterbuch für Physiologie.

(4) Leroy. Recherches sur l’Influence exercée par les muscles de l’œil sur la forme normale de la cornée humaine. Arch. de Physiologie, janvier 1889.

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celle d’unellipsoïdede révolution pour un œil non astigmate, à celle d’un ellipsoide £ à trois axes inégaux pour l'œil astismate.

Les travaux de Sulzer (1) ont montré que la cornée a une forme véritablement dissymétrique ne pouvant être comparée à aucune figure géométrique.La courbure diminue d’une facon variable du centre à la périphérie, et cette diminution n’est pas la même dans les différents méridiens. L’inspection des diagrammes dioptriques obtenus par des examens successifs à l’ophtalmomètre lui permettent d'arriver à cette conclusion que, en général, les parties périphériques de la cornée sont aplaties, les parties nasales plusque les temporales, et les parties supérieures plus que les inférieures. Or, au fur et à mesure qu’une surface s’aplatit,c'est-à-dire que son rayon augmente vers la périphérie, l’aberration de sphéricité diminue ettend à réaliser ce qu’en physique on appelle l’aplanétisme. On peut, grâce au calcul (comme Descartes l’a fait),montrer l’excentricité del’ellipse génératrice nécessaire pour qu’un ellipsoide de révolution arrive à ce résultat. L’aberration de sphéricité ne doit donc pas avoir unegrande importance si «les parties périphériques de la cornée tendent vers l’aplanétisme et l’atteignent ou le dépassent dans un certain nombre de cas au voisinage du limbe » (Sulzer).

(1) Sulzer. La forme de la cornée humaineet son influence sur la vision. Arch. d’Ophtalmologie 1891 et 1892.

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