‹ De L'Iridectomie Optique Dans Les Taies De La CornéeChapitre 13 sur 16 · CHAPITRE DA · texte numérisé non relu

CHAPITRE DA

L'œil est construit comme une chambre obscure, et son analogie, souvent citée, avec l’appareil photographique, prête bien à la comparaison. Placé entre les milieux réfringents, l'iris représente le diaphragme des instruments d'optique et en remplit les fonctions. Mais, suivant les circonstances, il peut modifier sa grandeur, et les alternatives de dilatation et de resserrement lui donnent un grand avantage sur l’écran artificiel. L'orifice pupillaire n’occupe pas exactement le centre de l'iris : dans la moitié des cas, il est situé en dedans et un peu en haut; dans le quart, sa situation est nettement concentrique (1). En général, sa position est identique pour les deux yeux. Sa forme est parfaitement circulaire et ses dimensions variables de 2 à 9 millimètres de diamètre sont en moyenne de 3 à 4 millimètres.

Il a une double fonction (Fuchs): D'abord il empêche que la lumière entre en trop grande quantité dans l'œil, l’éblouisse et altère la rétine. Ensuite il arrête les rayons marginaux: ces rayons passant par la périphérie de la cornée et

(1) Drouin. De la pupille, anatomie, physiologie, séméiologie. Thèse de Paris 1876.

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du cristallin seraient moins régulièrement réfractés et empêcheraient la formation d’une image nette sur la rétine,

Il est facile de comprendre qu’une mutilation aussi considérable que celle produite par liridectomie aura son contre-coup dans les fonctions de ce diaphragme.

Son premier inconvénient est l’excision d’une partie du sphincter, et la formation d’une pupille non contractile et toujours distendue. Dans ces conditions, la quantité de lumière qui arrive au fond de l’œil ne sera plus réglée par les variations du diamètre pupillaire ; iln’y aura plus d’adaptation aux intensités lumineuses ({Wundt). La conséquence en sera l’éblouissement qui pendant longtemps a été regardé comme le seul motif de la non amélioration de l’acuité visuelle après l’opération.

Pour y remédier, Pope (1) avait préconisé une variante à l’opération ordinaire et qui consistait à faire l’excision de l'iris en respectant le sphincter pupillaire. Il pensait obtenir ainsi l’action thérapeutique de l’iridectomie en diminuant beaucoup les inconvénients optiques. Les résultats obtenus n’ont pas été favorables ; l’atrophie de l'iris faisait disparaitre la contractilité. Il nous semble d’ailleurs que le rétrécissement de la pupille nor-

(1) Pope. Iridectomie sans section du sphincter pupillaire. In Archiv. für Augenheïilkunde 1872.

male devait augmenter les dimensions du colobome optique et provoquer un éblouissement plus considérable.

En 1887, Burchardt (1) a pratiqué dans plusieurs cas d’opacité cornéenne une opération analogue. Il laissait un liseré intact de trois stries immédiatement à côté de la pupille, et faisait dans la portion attenante une pupille en forme de trou. Grâce à cette modification, il évitait la dilatation pupillaire qui survient après l’iridectomie ordinaire.

. Outre l’éblouissement de la rétine, cette dilatation peut nuire à la netteté de la vision en permettant la formation des cercles de diffusion qui tendent à se produire dans certains cas d’accommodation imparfaite, et qui disparaissent normalement par la contraction de la pupille.

Si nous consultons les différents traités qui font mention de l’iridectomie optique, on voit que les auteurs sont loin d’être d'accord sur la forme à donner à la nouvelle pupille. Les uns établissent un large colobome afin de permettre l’arrivée en plus grand nombre des rayons lumineux. Les autres veulent une fente aussi petite que possible pour occasionner moins d’éblouissement. Cette dernière méthode est évidemment préférable et explique les tentatives de plusieurs chirurgiens pour remettre en faveur l’iridotomie. Bowman,

(1) Burchardt. Ueber Iridectomie bei Hornhauttrübungen und bei Schichtssaar, Berlin, klin. Woch. 1887.

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