‹ De L'Iridectomie Optique Dans Les Taies De La CornéeChapitre 14 sur 16 · AB · texte numérisé non relu

AB

dans ce but, décrivait un nouveau procédé opératoire au Congrès international d’Ophtalmologie de Londres, en 1875: il incisait l'iris d’arrière en avant sur la face postérieure de la cornée à l’aide d’un couteau en forme de spatule. Wecker dans le même but se servit de ciseaux d’un modèle particulier. Mais on risquait toujours la blessure de la capsule du cristallin. Brudenell Carter (1) évite ce danger en pratiquant une iridectomie modifiée ainsi: après incision au limbe, il introduit les ciseaux de Wecker fermés, jusqu’au bord pupillaire. L’iris se soulevant comme dans toute iridectomie est saisi entre les branches des ciseaux qui en excisent une petite portion de forme triangulaire.

La perte de substance moins large laisse passer : moins de lumière; et, ne découvrant pas les bords du cristallin, met à l’abri des troubles d’aberration de sphéricité.

Plus récemment, le docteur Maklakoff (2), de Moscou, pour remédier aux inconvénients et grands défauts de l’Iridectomie comme procédé opératoire, parmi lesquels « la forme étrange et irrégulière de la pupille après l'opération », préconise un nouveau procédé qui consiste dans l’ex-

(1) Brudenell Carter. Operation of Iridectomy as performed of optical Purposes. Clinical Society of London. The Lancet 1875.

(2) Maklakoff. La sphinctérectomie et le sphinctérectome. Archives d'Ophtalmologie, m&i-juin 1882.

Lo

cision seule du sphincter pupillaire. Au moyen de la pince et de l’iridectomie, on arrive à donner à la nouvelle pupille la forme d’un trou de serrure, mais ce n’est qu’un faible avantage, car la pupille est définitivement trop grande. Tandis qu'avec le crochet, en découpant le sphincter, on conserve à la pupille une forme régulière. Après l’excision, on voit une ouverture de forme ovoide comme si c'était une pupille normale excentriquement dilatée. Bref, on obtient ainsi une pupille le moins endommagée et défigurée.

Mais tout cela n’est fait qu’à un point de vue purement plastique, et l’auteur ne cite aucun avantage optique à son procédé. Bien qu’il ne soit pas mis en pratique, quoique d’une exécution facile (d’après Maklakoff), nous croyons qu’il diminuerait au minimum, et l’éblouissement causé par une pupille trop grande, et les images de diffusion qui sont augmentées par la forme souvent irrégulière du colobome optique.

Et, en effet, cette forme a, elle aussi, son influence. Au point de vue théorique, peu importe qu’un diaphragme soit circulaire, ou revète une forme plus ou moins géométrique. Cela est vrai pour l’œil lorsque celui-ci est nettement adapté. Il n’en est plus de même, lorsque pour une raison quelconque il se produit des images de diffusion. Ces images s’allongent alors dans le sens du grand axe du colobome, empiètent les unes sur les autres et contribuent à rendre la vision moins dis-

— 2% — tincte. Il y a donc intérêt à donner à la nouvelle pupille la forme la plus régulière et la plus voisine de la circonférence.

Sil’œil était un appareil dioptrique parfaitement aplanétique, la situation du colobome à la périphérie n’aurait pas grande importance,car les rayons émanés d’une source lumineuse se réuniraient en un même point et donneraient une image nette. Nous avons vu déjà la dissymétrie cornéenne. Le cristallin lui aussi n’est pas une lentille parfaite et les rayons qui traversent ses bords convergentplus vite que les rayons centraux. Mais cetteaberration de courbure n’est pas tout à fait comparable à l’aberration de sphéricité des lentilles. Elle est moins forte pour plusieurs raisons. D'abord les surfaces du cristallin nesont pas sphériques : elles appartiennent d’après Krause, l’antérieure à un ellipsoïide de révolulion aplati, la postérieure à un paraboloïde de révolution. Les courbures ne sont pas mathématiques surtout à la face antérieure où l’on observe un aplatissement très marqué à la périphérie. De plus la réfringence n’est pas la même dans les différentes parties de la lentille, elle est plus faible à la périphérie qu’au centre.

Le cristallinest soumis aussi àl’aberration deréfrangibilité, mais àl’état normal ce défaut est corrige par le diaphragme pupillaire. Elle ne produit aucunegène dans la visionet Helmholz, en faisant usagede verres qui rendaient son œil achromati-

que, n’a pas remarqué que la vision fûütplus nette. = Après liridectomie cette aberration doit être cerë tainement plus considérable ; elle ne peut néan-. moins entrer en ligne de compte avec les autres facteurs, et n’a pas d’ailleurs, à nue connaissance, jamais été étudiée.

Nousne parlerons pas de l'astigmatisme cristallinien et deson influence sur la vision de l'œil atteintde colobome optique. La question est encore à l'étude ; nous ne pourrions nous livrer qu'à des hypothèses gratuites sur ce sujet.

Nous rapprocherons de ces données théoriques le fait clinique suivant maintes fois observé : à la suite d’une iridectomie faite pour un glaucome, l’acuité visuelle est parfois sensiblement la même qu'avant l’attaque, et cela malgré la présence d’un large colobome. Nous ne saurions done attribuer une part prépondérante à ce dernier dans le cas où il a été pratiqué dans un but purement optique.

Page 1