CHAPITRE V
Y a-t-il un lieu d'élection pour l'établissement de l’Iridectomie optique? et s’il en existe un, quel est-il ?
Il est évident que le plus souvent nous ne sommes pas maitres de choisir. et que ce lieu nous est imposé par le degré de transparence des milieux. Le kératoscope nous fournira d'autre part les renseignements les meilleurs, en nous indiquant le secteur de la cornée qui donne les images les plus nettes. Mais lorsque les milieux sont également transparents à la périphérie, lorsque la tache cornéenne est centrale, où doit-on la pratiquer ?
Presque tous les auteurs sont actuellement d'accord pour indiquer le côté inféro-interne, « parce que, d£ ns la plupart des yeux, la ligne visuelle traverse la cornée un peu en dedans de son sommet ». (Fuchs).
Cette raison est parfaitement logique, car c’est alors, ainsi qu’il est aisé de s’en rendre compte, que l’angle moyen d’incidence des rayons lumineux est le plus faible, et que par suite l’aberration de sphéricité est moindre (1).
(1) Lorsqu'un faisceau de rayons lumineux tombe sur une surface sphérique, le rayon passant par le pôle de la surface
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sion indirecte du côté nasal, elle devient, pour la netteté de la vision indirecte du côté temporal, inférieure à celle que donnerait une lridectomie pratiquée au côté temporal. Cela est facile à voir en construisant une figure dans laquelle on mène les rayons d'incidence moyenne correspondant aux deux ouvertures pupillaires supposées l’une interne et l’autre externe. Si un objet est situé du côté temporal, sa vision indirecte sera plus nette avec une Iridectomie temporale qu'avec une Iridectomie nasale. Dans le premier cas, en effet, l’incidence moyenne des rayons lumineux sera plus faible que dans le second.
Quelques auteurs ont pourtant préconisé un autre lieu d'élection. C’est ainsi que Swan M. Burnett (1), se basant sur la forme plus régulière de la cornée du côté temporal que du côté nasal, forme qu’il a contrôlée par des mensurations nombreuses effectuées à l’aide de l’ophtalmomètre, en tire comme déduction pratique que la place d’élection pour une iridectomie, est le côté temporal de la cornée.
Dans un autre ordre d’idées, Krükoff de Mae
découpée sur la sphère est celui qui présente l'incidence moyenne.
(4) Swau M. Burnett. The general form of ‘he humar cornea and its relation to the refraction of the eye and visuel acuteness. In American Journal of Ophtalmology 1892.
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cou (1), pratiqua l’Iridectomie en haut, tant dans un but cosmétique que pour diminuer les cercles de diffusion et augmenter la netteté de la vue. Il en conclut que la vision n’est pas meilleure que dans les cas où l’Iridectomie a été pratiquée au côté interne, bien qu’il y ait dans ce dernier cas possibilité d’aberration sphérique ; que par conséquent cette aberration ne peut être bien forte.
Quelle est l’influence de la position et de la orandeur de l'ouverture pupillaire sur le champ visuel?
« Le diamètre pupillaire ne peut pas être sans influence sur les limites et les fonctions de la vision indirecte. » (Landolt) (2). D’après cet auteur, toutes choses égales d'ailleurs, le champ visuel doit être plus étendu pour une pupille dilatée que pour une pupille rétrécie.
Ainsi Purkingé (3) voit augmenter en Abhers le champ visuel de 100° à 115° sous 0 de Patropinisation.
Donders (4) au contraire n’a constaté aucune modification.
Landolt cherche à expliquer cette contradiction par les difficultés de l’expérience, car les causes qui influent sur la pupille agissent en même
(1) Krükoff. De l’aberration sphérique après l’Iridectomie. Compte-rendu de la Société des médecins russes de Moscou
(2) Wecker et Landolt. Traité des maladies des yeux.
(3) Purkinge. Physiologie der Sinne 1825.
(4) Dônders. Archiv. für Ophtalmol.
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temps sur l’accommodation, laquelle en faisant réfracter plus fortement la lumière doit augmenter le champ visuel. Le rétrécissement de la pupille aurait donc un effet contraire à celui de l’accommodation qui l’accompagne. Grâce à ces causes antagonistes, ni l’atropine ni l’ésérine n’ont une influence marquée.
Pourtant M. Charpentier (1) a vu ‘que l’instillation d’une goutte d’ésérine diminuait un peu le champ visuel. Il serait peut-être facile d'expliquer ce fait par la diminution d’intensité de l'éclairage due au rétrécissement pupillaire.
Beaunis (2' dit que « le champ visuel est déterminé par la largeur de la pupille et par sa position par rapport au bord de la cornée. »
Les recherches de Leroy (3) ont jeté un jour nouveau sur cette question. Grâce à elles on peut, sans avoir recours aux influences dont parle Landolt et dont il n’est pas aisé de se rendre compte clairement au point de vue optique, montrer l’indépendance existant entre le champ visuel, la grandeur de l’ouverture pupillaire, et même, ajouterons-nous , la position de cette ouverture.
En effet, ce champ sera constitué par les rayons
(1) Charpentier. De la vision avee les diflérentes parties de la Rétine. Thèse de Paris 1877.
(2) Beaunis. Nouveaux éléments de Physiologie humaine
(3) Leroy. Champ optique, champ visuel absolu et relatif de l’œil humain. In Comptes-Rendus de l’académie des sciences, 20 février 1893.
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limites qui peuvent pénétrer dans l’œil. Or, si l'on se déplace latéralement devant un œil, il arrive un moment où l’on voit la pupille apparaitre suivant une fente, et son image de même que l’image de l'iris situé dans le même plan, est vue suivant la direction d’une ligne sensiblement tangente à la cornée. C’est ce rayon qui sera le rayon limite pouvant pénétrer dans l’œil et entrer par l'ouverture pupillaire, quelle que soit la forme de la pupille et sa grandeur.
L’Iridectomie ne saurait donc modifier l’étendue du champ visuel, résultat théorique confirmé expérimentalement par nos observations.