L. DE WECKER
plus large et immobile que donnait l’excision de l’iris.
Malheureusement, la création des pupilles par iridésis (Gritchett) ou iridencléïsis (procédé de l’auteur) n’est pas exempte de dangers sérieux, et la crainte d’une irido-choroïdite, pouvant à une époque éloignée de l’opération éclater sur l’œil opéré lui-même et par sympathie sur le congénère, a fait presque complètement abandonner ces sortes d’opérations. Mais, abstraction faite des dangers que créent pour V avenir du malade les procédés d’enclavement de l’iris, ce mode opératoire présente, au point de vue optique, un sérieux inconvénient, auquel n’échappe pas non plus complètement la pupille pratiquée par excision . En faisant l’opération de Gritchett, on crée près de la nouvelle pupille une cicatrice avec synéchie antérieure, en d’autres termes un faible leucôme adhérent qui est fréquemment très légèrement ectatique. Les continuels tiraillements que la contraction de la pupille exerce sur la cicatrice, font que celle-ci n’acquiert pas une solidité analogue à celle des parties voisines, et qu’il en résulte une inégalité de niveau qui se manifeste surtout par des symptômes d’un astigmatisme irrégulier, réduisant sensiblement le chiffre de l’acuïté visuelle .
Il est donc très avantageux de pratiquer une pupille artificielle de manière à ne pas intéresser le proche voisinage de la portion de la cornée qui doit servir à la vision, et à n’exercer aucune influence, par le retrait ou la distension ultérieure d’une cicatrice, sur la courbure de cette partie de la cornée . Sous le rapport de la conservation parfaite de la courbure cornéenne, l’iridotomie se montre de beaucoup supérieure àl’iridésis et à l’iridectomie. Quant à la conformation de la pupille, elle est presque tout aussi avantageuse que celle résultant des procédés d’enclavement, mais, pour ce qui regarde la contractilité, il faut reconnaître que la nouvelle pupille créée par l’iridotomie se montre moins parfaite que celle obtenue par l’enclavement.
DE l’iridotomie.
Nous pouvons donc nous résumer en disant qu’abstraC“ tion faite d’une contractilité moins parfaite de la pupille, la simple incision de l’iris présente, pour les personnes atteintes de cataractes stratifiées, tous les avantages que l’iridésis a sur l’iridectomie, et cela sans offrir les dangers des procédés d’enclavement. Au point de vue de l’acuïté visuelle, des recherches comparatives démontreront que l’iridotomie est préférable aux procédés d’iridésiset d’iridectomie (1). Il ne nous paraît donc pas douteux, si tout d’abord il a été jugé que, chez un enfant atteint de cataracte zonulaire, la pupille artificielle, eu égard au peu d’étendue delà couche opaque, doit être préférée à une discision ou à une extraction périphérique, que le seul choix à faire parmi les procédés opératoires est l’iridotomie.
b) Les taches centrales de la cornée sans adhérences avec l’iris et qui masquent la pupille doivent être traitées par l’iridotomie. Nous ne reviendrons pas sur les raisons qui excluent à jamais le choix des procédés d’enclavement (iri-
(1) Nous sommes à même d’appuyer cette assertion sur un fait récent de notre pratique. Lafîg. 5 représente 1 œil droit d’un garçon de 10 ans que le CafFe a eu la bonté de nous adresser. L’iridotomie a été pratiquée sur les deux yeux, et le résultat, au point de vue de la conformation de la pupille, a été absolument identique des deux côtés. La réfraction et l’acuïté visuelle étaient :
avant l’opération : OGHm = ^ S = f ; ODHm = -^ S =
après instillation d’atropine : OGH^ = ^S = |;ODH# = | S = après l’opération ; OGHm = |-S = | ; ODHm = ^ S = f .
On voit donc que la dilatation permanente produite par l’iridotomie a élevé le chiffre de l’acuité visuelle bien au-dessus de celui qu’on obtient par la mydriase artificielle, et sur lequel on se basait habituellement pour juger de l'opportunité de l’iridectomie. Le dessin fait d’après nature montre que, au point de vue cosmétique, la déformation de l’ouverture pupillaire est réduite à son minimum dans l’iridotomie.