I. Historique
Bien que les Philosophical Transactions (1) aient donné la relation de la première opération de pupille artifî- I cielle, Gheselden lui-même n’a pas laissé de description de son procédé opératoire, qui doit avoir été différent du plan i qu’en avait primitivement conçu son maître Woolhouse (2).
(1) Philosoph. Transact. 1735, p. 451.
(2) Mauchart, Dissertatio de pupillæ phthisi et synizesi; Halleri Disput. Chirurg., t. I, cité par Jüngren ; Bie Lehre von den Augenoperationen^ Berlin, 1829, p . 600.
DE l’iridotomie.
On sait que l’oculiste de Jacques II, d’Angleterre, avait conseillé de pénétrer avec une aiguille à„ cataracte dans la chambre postérieure, puis de faire passer l’aiguille à travers la pupille obstruée et de dilacérer d’arrière en avant l’orifice pupillaire.
Nous possédons du procédé de Gheselden deux descriptions qui sont loin de concorder sur tous les points, et qui laissent planer quelques doutes sur la méthode qu’avait définitivement adoptée le chirurgien anglais.
Morand (1), dans son « Eloge de Cheselden, » décrit l’opération qu’il lui a vu faire sur un œil « dont l’iris était fermé par accident ». « Il fit, dit-il, une incision au milieu » de l’iris, avec une espèce d’aiguille, plus large et moins » pointue que celle à cataracte, et n’ayant de tranchant » que d’un côté; il la plongea à travers la sclérotique, à » une demi-ligne du bord de la cornée transparente, et lui » fit traverser presque toute la chambre postérieure de » l’humeur aqueuse ; arrivé aux deux tiers de la partie » postérieure de l’iris, il tourna la pointe contre cette mem- » brane, de façon à la traverser et à en entamer assez, » en retirant l’instrument, pour en faire une incision hori- » zontale, de laquelle devait résulter une prunelle oblongue, » plus ouverte dans le milieu qu’aux deux pointes, à-peu- » près figurée, mais à contre-sens, comme celle des chats. »
La description que Sharp (2), élève de Gheselden, publia, onze ans après que la première iridotomie avait été pratiquée, et qu’il désigne comme une opération « not yet much known in the world » est, on peut le dire, encore actuellement assez peu connue pour qu’il paraisse utile de la reproduire textuellement.
(1) Mémoires de V Académie Royale de Chirurgie, t. IL
(2) A Treatese on the Operations of Surgery, ivith a Description and Représentation of Instruments used in performing them, by Samuel Sharp. Surgeon of Guy ’s Hospital, London, 1739. Cliap. XXIX. (( Of cutting the Iris . »