‹ De l'iridotomieChapitre 3 sur 17 · L. DE WECKER · texte numérisé non relu

L. DE WECKER

« M. Cheselden a inventé une méthode pour pratiquer une

» pupille artificielle en incisant (fiitting) l’iris En

» faisant l’opération, le malade doit être placé 1 » comme pour l'opération de l’abaissement, et

• 1 » l’œil être tenu ouvert et fixé au moyen du

/ » spéculum (1)..... Vous introduisez le couteau

» (fig. 1) (2) par la même partie de la conjonc- » tive que vous] blessez en faisant l’abaissement; » vous faites glisser la lame tenue horizontale- » ment et le dos tourné vers vous entre le ligament

8» ciliaire (3) et la cir conter ene de l’iris dans la » chambre antérieure, et, après que le couteau est » arrivé du côté opposé, vous faites votre incision » tout à fait à travers la membrane de l’iris. Si j » l’opération réussit, il apparaîtra \fly open and li ^ » appear) une large ouverture qui n’est pour-

V tant pas aussi large qu’elle le deviendra plus » tard. »

Gomme le fait observer Janin, cette découverte, qui permettait de remplacer la pupille obstruée par une pupille artificielle, était trop importante « pour ne pas mériter » l’attention des plus grands hommes du siècle ; aussi MM. de Voltaire (4), de Buffon (5), le Gat (6) , Smith (7) ,

(1) Le dessin du spéculum, qui n’est autre chose qu'un écarteur à ressort en acier, ressemble beaucoup, comme forme, à la gaine du double prismç de Crêtes .

(2) La fig, 1, est calquée d’après le dessin de Sharp.

(3) Voici ce que Sharp entend par ligament ciliaire : (( C’est le cercle du globe de l’œil où se réunissent et se terminent la sclérotique, la choroïde, la rétine, la cornée, les procès ciliaires et l’iris, en formant ensemble un anneau blanchâtre, quelque peu plus dense que toute autre partie des enveloppes. »

(4) Eléments de la philosophie de Newton.

(5) Histoire naturelle.

(6) Traité des sens.

(7) Cours d'optiyue, traduit par le P. Pezenas, t. II.

DE l’iridotomie.

» de Haller (1) et Fauteur de la «Bibliothèque britannique » « en ont-ils rapporté l’histoire. »

On comprend aisément, dès lors, avec quelle avidité les chirurgiens contemporains ont dû se jeter sur cette idée, en y apportant des modifications plus ou moins heureuses.

En 1756, Heuermann (2) avait déjà complètement modifié le procédé de Cheselden, en pénétrant avec un couteau lancéolaire à double tranchant à travers la cornée, dans la chambre antérieure, et en se servant de ce même couteau pour inciser l’iris.

Treize années après, Guérin (3) publia sa méthode opératoire : « Le succès de cette opération (la méthode de » Cheselden), dit Guérin, ne m’a pas enhardi, j’ai craint » de piquer la membrane du cristallin, de la détacher, de » l’altérer lui-même; j’ai préféré, en pareilles circon- » stances, faire une section à la cornée transparente et » porter par cette voie Tinstrument destiné à fendre l’iris; » s’il arrive une hémorrhagie, le sang s’écoule par cette » issue, et, étant bien plus maître de l’instrument, j’ai la » facilité de faire une incision én croix qui forme une prunelle » à peu près ronde. Cette méthode m’a parfaitement réussi, » et je crois qu’elle mérite la préférence sur celle qu’a pra- » tiquée M. Cheselden. »

Voici donc déjà trois façons différentes de sectionner l’iris :

1® Section avec aiguille falciforme servant à la fois à pénétrer, à travers la sclérotique, dans l’œil (Cheselden);

2® Section avec le couteau lancéolaire qui sert à entamer la cornée et l’iris (Heuermann);

(1) Grande Physiologie de Haller.

(2) Ahhandlungen von den Chirurg . Operationen, Kopenhagen, 1756, t. II, p. 493 et Jüngken, 1. c. p. 601.

(3) Traité sur les maladies des yeux, dans lequel l’auteur, après avoir exposé les différentes méthodes de faire l’opération de la cataracte, propose un instrument nouveau qui fixe l’œil tout à la fois et opère la section de la cornée. Lyon, 1769, p. 255.

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